Archives du mot-clé Tdah

Le TDAH: un problème majeur au Québec

L’accroissement des troubles de comportements chez les enfants affecte l’ensemble de la population. Nous avons choisi de faire état sur le trouble du déficit d’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH), étant donné qu’il est l’une des problématiques les plus fréquentes en milieu scolaire. Pour alimenter cette affirmation, lors d’une étude effectuée en 2008 par le ministère de la Santé et des Services Sociaux du Québec (MSSS), les résultats indiquent qu’en moyenne, « 15% des enfants québécois de 3 à 14 ans présentent un niveau modéré ou sévère d’hyperactivité et/ou d’inattention » (Renaud, 2011), ce qui représente un problème majeur dans la société.  Il est donc primordial de trouver des solutions et de les appliquer. Cela n’affectera non seulement le jeune, mais affectera le Québec de demain.

ADHD equipe
Source: https://www.flickr.com/photos/victius/3926739357/in/photolist-6YZyNH-56xgTg-bs8bvV-9scivh-rYVn4d-byL4sw-9MaEaH-bs8bvk-pXjZxC-p1pDUG-abztai-6RUyZ1-8E8pA3-6ickCL-6YNutS-dRRcjo-oK83RN-5rPbZT-byxmQu-qC7ULY-2jpYsH-agj38s-oihUsK-ozAkF5-ab6L9j-6jBtmv-6Z4z8W-tAaQq-6YZyBD-6Z4z4q-pELSN2-6TNAmZ-p1t5pM-7VPvpx-JCakm-6bXF19-pELSV6-pELTWe-pV6XMW-pX2Lxn-pV6YcJ-p1pEs5-pEPcpA-pXc4LM-pENHDf-iZnVis-qwyWys-bmcZZC-4oyUdB-pEPcWs « One and Other-Mental Health »

En nous penchant sur « la deuxième problématique en importance » (Landry, 2011) dans les milieux scolaires, on peut constater que cette dernière peut s’expliquer grâce aux dimensions psychologiques, sociologiques et économiques. En effet, le TDAH est un trouble neuropsychiatrique. Dans d’autres mots, elle se concentre à l’étude et au traitement des maladies mentales.  De ce fait, elle se rapporte à la psychologie, c’est-à-dire une discipline qui vise la connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l’environnement. De plus, le TDAH se rapporte à « la science économique est la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (Raymond Barre, 1997). Finalement, elle se rapporte à une autre branche des sciences humaines, la sociologie, c’est-à-dire une discipline qui a pour objet les phénomènes sociaux. Elle étudie les formes, les développements et les évolutions de la cohabitation des hommes, ainsi que les facteurs qui ont une influence sur cette cohabitation. En effet, cela démontre la manière dont le jeune interagit avec ses pairs et son entourage, mais surtout sa manière dont il pense. Dans le cas de notre projet, les jeunes atteints du TDAH sont contraints à une aide limitée, que ce soit une aide psychologique, éducative, sociale, etc.

Au niveau économique, le TDAH engendre des coûts élevés pour la société. En effet, dans un article de La Presse, rédigé par Marie Tison, on apprend que le TDAH coûterait 7 milliards [de dollars] au Canada par année (Tison, 2013). Ce résultat serait causé par «la perte de productivité due [à ce déficit d’attention]» (Tison, 2013). Effectivement, les travailleurs et travailleuses étant atteints de ce trouble d’attention sont « plus susceptibles d’être des travailleurs non qualifiés, d’être mis à pied, de chômer plus longtemps et de gagner moins d’argent au cours de leur vie que les autres personnes» (Tison, 2013). Les impacts de la maladie sur la personne, tels la désorganisation, le manque de concentration et l’hyperactivité sont la cause principale de l’instabilité des personnes atteintes du TDAH dans leur emploi (Grizenko, Gruber, Joober, 2013). Par ailleurs, selon la docteure Rosemary Tannock, « la scolarité des personnes atteintes du TDAH entraîne une diminution de leur qualité de la vie et une augmentation de leurs problèmes de santé» (Tison, 2013). Ces personnes ont beaucoup de difficulté à se trouver un emploi, donc elles sont mises sur le chômage. Il serait intéressant de se demander : Quel serait l’impact d’ne prise en charge plus encadrée chez les gens atteints de TDAH sur le chômage?

En plus des déficits budgétaires dans l’économie canadienne, le trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité peut d’autant plus être associé à des difficultés d’adaptation scolaire. Selon des spécialistes en psychoéducation, les enfants souffrant de ce trouble « ont de la difficulté à se mettre au travail, à soutenir leur attention, à s’organiser, à persévérer et à soutenir un effort lors de difficultés ou lorsque des règles et des consignes sont à suivre, ce qui pourrait entraîner chez ces élèves des difficultés d’apprentissage, un rendement scolaire plus faible que celui attendu, des retraits fréquents de la classe et un risque élevé d’échec scolaire » (Anciaux, 2007).  Il est donc intéressant de déterminer les causes du TDAH et de comprendre comme ce trouble affecte le jeune et son comportement.

Au niveau psychologique, les enseignants dans les écoles ne sont pas sur la même longueur d’ondes quant aux méthodes utilisées pour aider l’enfant ayant un trouble d’attention. En effet, après avoir mené une étude au Québec en 2001, on se rend compte que plusieurs enseignants ont des valeurs et des croyances contradictoires à celles recommandées par des professionnels (Anciaux, 2007). Ces enseignants refusent de respecter les méthodes établies par les intervenants psychosociaux afin d’aider les jeunes atteints du TDAH. Étant donné que l’enseignant joue un grand rôle dans la vie éducative de l’enfant, il est essentiel de remédier à cette problématique.

Pour mieux comprendre la problématique du TDAH, nous avons effectué une entrevue avec Marlène De Oliveira, conseillère au service d’aide à l’intégration des élèves (SAIDE) au cégep Gérald-Godin, pour en apprendre plus sur la prise en charge des élèves ayant un trouble de déficit d’attention au niveau collégial. Le SAIDE offre plusieurs types d’aide aux étudiants. Par exemple, ce service leur offre des outils compensatoires pour les aider à garder leur concentration lors des examens, comme des coquilles ou des écouteurs. De plus, les élèves inscrits au SAIDE ont l’avantage de faire leurs examens dans une salle en dehors de la classe respective. Même si le SAIDE est un centre d’aide à l’apprentissage, l’organisme a encore beaucoup de changements à faire. En effet, le TDAH est étudié seulement depuis 1967 et ce n’est que depuis 10 ans que nous retrouvons des centres de soutiens dans les écoles. Donc, le SAIDE s’adapte constamment aux changements pour offrir la meilleure aide possible aux étudiants du Cégep Gérald-Godin.

En conclusion, le TDAH connait de plus en plus de victimes dans notre société, c’est pourquoi il est important de retenir certains éléments pour mieux comprendre la prise en charge du TDAH au Québec. Depuis le début de notre projet, nous avons pris conscience de l’ampleur de ce problème dans la société et des différentes techniques pour y remédier. Nous avons vu que les techniques appuyant la réussite scolaire des étudiants atteints de ce trouble mental ne cesse d’augmenter depuis les années 90. Les différents centres d’aide s’adaptent constamment à ces changements et améliorent ainsi l’aide à la réussite de l’étudiant. De plus, la prise en charge en milieu scolaire prévient l’augmentation des coûts importants pour l’État, tels le chômage, les services sociaux, les services de santé, etc. Ce qui est le plus important, c’est que la société ne cesse de remédier au problème du TDAH.

 Marjorie Bonnet, Samuel Lalonde, Mahsa Nikkami

Médiagraphie:

Articles d’un site Internet

AUDET, Patrice. « Triste apprentissage école lecture difficile, sur le site Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/fr/triste-apprentissage-%C3%A9cole-lecture-544730/ (consulté le 26 février 2015)

Économie coopération », 2014, Pixabay, [En ligne], http://pixabay.com/fr/%C3%A9conomie-coop%C3%A9ration-silhouettes-437509/ (Page consultée le 27 mars 2015)

LEFEBVRE, Lyse. « Le Ritalin et ses effets à long terme », dans CENTRE L’ÉTAPE DU BASSIN MASKINONG. INC., Étape, [En ligne], http://www.etape.qc.ca/drogues/ritalin2.htm (Page consultée le 30 mars 2015).

Taux de décrochage scolaire », 2011, [En ligne], www.saj.gouv.qc.ca (Page consultée le 23 avril 2015 mars 2015)

Articles d’un périodique en ligne

« Comment s’occuper d’un enfant ayant un TDAH à la maison? », Chenelière Éducation, 2014, [En ligne], http://www.cheneliere.ca/6584-livre-mieux-vivre-avec-le-tda-h-a-la-maison.html  (Page consultée le 3 mars 2015)

GRIZENKO, Nathalie et al. GRUBER, Reut, JOOBER, Rhida. « Trouble du déficit de l’attention : causes, symptômes et traitements », Douglas, 28 octobre 2013, [En ligne], http://www.douglas.qc.ca/info/trouble-deficit-attention (Page consultée le 2 mars 2015).

MASSÉ, Line et COUTURE, Caroline et Valentine ANCIAUX, « Connaissances et croyances des intervenants des milieux scolaires, de la santé et des services sociaux à l’égard du trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité », [En ligne], 2010, http://id.erudit.org/iderudit/044802ar (page consultée le 2 mars 2015)

SOKOLNICKA, Isabelle. « Le TDAH sur les bancs d’école : un don devenu vice », Le Devoir, 15 novembre 2014, [En ligne], http://www.ledevoir.com/societe/science-et-technologie/423989/le-tdah-sur-les-bancs-d-ecole-un-don-devenu-vice (Page consultée le 29 mars 2015).

TISON, Marie. « Le déficit d’attention coûte 7 milliards », La Presse, 16 octobre 2013, [En ligne], http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201310/16/01-4700239-le-deficit-dattention-coute-7-milliards.php (Page consultée le 2 mars 2015).

Image

DOLAN, Xavier. Mommy, Montréal, 2014, 3min15, coul.

Document audiovisuel

Dr. Louis VERRA, La journée du TDAH, Montréal, Louis VERRA, 2013, 2 :20 minutes, YouTube,  https://www.youtube.com/watch?v=beJfTPU898U

Site Internet

Regroupement des associations PANDA du Québec, [En ligne], http://www.associationpanda.qc.ca/ (Page consultée le 30 mars 2015).

Livre

BARRE, Raymond  et TEULON, Frédéric. Économie politique, 15e édition, Paris, 1997, p.13, (Coll. « Themis »).

Thèse

 ANCIAUX, Valentine. Étude des croyances des intervenants psychosociaux à l’égard du trouble déficitaire de l’attention/hyperactivité [En ligne], mémoire de maîtrise, (psychoéducation), Université du Québec à Trois-Rivières, 2007, 110 p. depot-e.uqtr.ca/1393/1/030004026.pdf (Page consultée le 3 mars 2015)

 LANDRY, Geneviève. « Évaluation du processus de construction d’un réseau de services intégrés destiné aux jeunes âgés de 5 à 17 ans atteints d’un tdah et à leur parents », [En ligne], thèse de doctorat, (médecine sociale et préventive), Université Laval, 2010, p.112 www.theses.ulaval.ca/2010/27412/27412.pdf (page consultée le 2 mars 2015)

Le TDAH de A à Z

Au Québec, les troubles de comportements chez les enfants sont de plus en plus fréquents et ils sont à la hausse. C’est la raison pour laquelle je m’attarderais à vous présenter la dimension psychologique et sociologique des jeunes atteints du TDAH, « la deuxième problématique en importance » (Landry, 2010, p.112) dans les milieux scolaires. Étant donné que les enfants sont les adultes de demain, il est très important de comprendre la problématique chez cette tranche d’âge pour parvenir à y remédier en instaurant des solutions. Ainsi, l’article suivant répondra aux questions suivantes : « Qu’est-ce qu’une journée typique pour un jeune atteint du TDAH? » et « Comment le TDAH affecte le jeune et son comportement? ». De la sorte, il sera possible de repérer les problèmes chez un jeune et de trouver des solutions dans le but d’aider un proche et d’améliorer les méthodes d’intervention dans les milieux scolaires. En trouvant des solutions et en les appliquant, cela n’affectera non seulement le jeune, mais affectera le Québec de demain. Voici ce à quoi ressemble la vie d’un jeune québécois atteint de TDAH.


Début de la journée: 7h30 – Cameron! Réveille-toi!

ADHD alarm
(Mania Nik Kami, 2015 « Biiiip »)

C’est ainsi que débute chacune de mes journées. Je me réveille en me demandant ce à quoi ressemblera ma journée et ce dont je ferais à l’école. Est-ce que je fâcherais mes professeurs encore? Seront-ils déçus de moi? Est-ce que je vais énerver mes parents? Est-ce que je vais encore me faire chicaner parce que je bouge trop?

Je sors de mon lit et je commence à me préparer. Je vais déjeuner. C’est souvent la même chose. Un morceau de pain (sans gluten) avec du fromage et des fruits. Je n’ai plus le droit de consommer de produit avec gluten, d’œuf, de sucre, de yogourt liquide, de boisson gazeuse, de jus (appart celui que ma mère me fait) ou même de ketchup sur mes frites. Mon docteur m’a dit que cela va m’aider, car je suis hyperactif. Ensuite, je me brosse les dents ce qui me prend souvent beaucoup de temps et, finalement, je vais m’habiller pour l’école. Par contre, avant de partir, ma mère me répète : c’est le temps de prendre ton médicament!


8h00 – Temps de prendre mon médicament (Ritalin)

Je déteste ce médicament! Je suis tanné. Argh. J’ai trouvé des techniques pour m’empêcher de prendre ce médicament. J’ai dit à ma mère que je ne suis pas capable d’avaler les pilules, donc elle les sépare en deux et verse la poudre dans l’eau. Les matins où elle est pressée, elle court partout. Elle n’est pas dans la cuisine. Alors, je vide mon verre dans le lavabo. Parfois, je prends une gorgée et je vais à la toilette. Dès que j’ai fermé la porte, je crache, sans faire de bruit, le mélange dans le lavabo et je fais semblant de me laver les mains. Par contre, certains matins je suis heureux de prendre mon Ritalin. Cela me calme et je sais que je me concentrerais plus à l’école. Mes professeurs sont heureux et ils me mettent moins en punition. Ainsi, je peux jouer plus longtemps avec mes amis.


8h30 – L’école

Ma mère me dépose à l’école. Je débarque de l’auto et je cours dans la cour d’école. J’ai tellement d’énergie. Je cours partout. J’adore jouer à ballon chasseur et à « tag » durant mes pauses. Le matin, on n’a pas beaucoup de temps à jouer par contre. La cloche sonne très vite. On se met en fil et on rentre dans notre classe. Je suis le plus vite. Je cours, je mets mon manteau et je rentre dans la classe. Je suis assis en avant de la classe devant Madame Catherine, mon professeur de quatrième année. Je n’aime pas les mercredis. On commence la journée avec le jogging mathématique et après, on fait des travaux dans le cahier Défi mathématique. Je n’aime pas cela. Julie rit toujours de moi parce qu’elle est plus intelligente que moi. Au lieu de compter mes cubes en dizaine, je joue avec eux. J’aime construire de grandes tours. Je dessine aussi des araignées comme ceux dans Spider-Man sur mon bureau. Madame Catherine me punit souvent durant cette période.

J’aime le jeudi. J’ai mon cours d’éducation physique et mon cours d’arts plastiques. C’est mes cours préférés. J’adore jouer au soccer avec mes amis durant mon cours d’éducation physique. Je suis le meilleur. Je fais plein de buts. Durant mes cours d’arts plastiques, d’adore bricoler. Je dessine souvent des superhéros et je construis des trucs avec du carton. J’impressionne mes amis. Madame Catherine aussi est fière de moi. Elle accroche toujours mes dessins au fond de la classe.


12h00 – La récréation après le dîner

Après le dîner, on va jouer dehors sauf s’il pleut. J’aime la récréation, car je peux jouer autant que je veux et courir partout. Par contre, je me chicane parfois avec mes amis. Ils ne veulent pas jouer avec moi parce que je dérange souvent la classe et la professeure. Parfois, je deviens fâché et je les frappe. La surveillante m’apporte à l’Oasis et je dois remplir une fiche de réflexion. Je n’aime pas cela. Joël, la surveillante de l’Oasis me calme souvent.


1h15 – Retour en classe

Après la récréation, je veux encore jouer. Je suis déconcentré et je bouge beaucoup. J’ai hâte de rentrer chez nous. Madame Catherine met souvent un sourire triste pour la 3e et 4e période dans mon cahier. Ma mère ne sera pas fière de moi.


3h30 – Maison

(Mania Nik Kami, 2015)
(Mania Nik Kami, 2015 « Tdah et les études »)

Ma mère vient finalement me chercher. On rentre à la maison. Je regarde un peu la télévision. Après ma maison me demande de faire mes devoirs. Je n’aime pas les faire. Je préfère dessiner ou m’amuser avec mes superhéros. Je n’aime pas m’asseoir sur une chaise pour longtemps à faire mes devoirs. Aussi, je préfère bouger. Ma mère m’oblige à faire mes devoirs. Lorsque je les fais, cela me prend souvent plusieurs heures à les finir, car je suis très déconcentré.


Fin de la journée : 8h00 – Dormir

Après avoir soupé, je dois aller dormir. J’ai de la facilité à m’endormir. Ma mère me dit que c’est parce que j’ai trop bougé durant la journée.


Ainsi, après avoir été en contact avec un jeune atteint de TDAH, j’ai pu me pencher sur une branche des sciences humaines, la sociologie, c’est-à-dire une discipline qui a pour objet les phénomènes sociaux. Elle étudie les formes, les développements et les évolutions de la cohabitation des hommes, ainsi que les facteurs qui ont une influence sur cette cohabitation. En effet, cela démontre la manière dont le jeune interagit avec ses pairs et son entourage, mais surtout sa manière dont il pense. De cette manière, j’ai pu définir ce qu’est une  journée typique pour un jeune atteint du TDAH. En effet, ces jeunes deviennent souvent tannés et frustrés d’eux-mêmes et de leur entourage. Par contre, comme Mme Oliverira, la conseillère en services adaptés du Cégep Gérald-Godin, a mentionnée durant une entrevue, un jeune atteint du TDAH est généralement très persévérant. Ainsi, dans le cas de ce jeune garçon, il a de la misère à s’adapter en ce moment, mais, selon les propos de la conseillère, à long terme, tout se passera bien pour celui-ci. En effet, les écoles et même les milieux de travail adoptent des programmes pour les jeunes dans le but de les aider à réussir, un droit que chaque être humain possède. Ainsi, en trouvant des solutions et en améliorant les méthodes d’intervention dans les milieux scolaires, cela garantira un meilleur futur pour le Québec.

Mahsa Nikkami

Existe-t-il une solution clé pour remédier au TDAH?

Au Québec, en 2005, plus de 200 000 jeunes souffraient de problèmes de la santé mentale (Landry, 2010, p.115), et ce chiffre ne cesse de croître au fil des années. C’est pour cette raison que dans cette article j’aborderais le trouble du déficit d’attention avec ou sans hyperactivité. Mais « existe-t-il une solution clé pour remédier au TDAH? ». Pour répondre à cette question, je vais vous présenter une vidéo sur Youtube intitulé : « ADHD As A Difference In Cognition, Not A Disorder: Stephen Tonti at TEDxCMU ».

En me penchant sur la question mentionnée plus haut, on peut constater que cette dernière peut s’expliquer grâce aux dimensions psychologiques et sociologiques. En effet, le TDAH est un trouble neuropsychiatrique. Dans d’autres mots, elle se concentre à l’étude et au traitement des maladies mentales.  De ce fait, elle se rapporte à la psychologie, c’est-à-dire une discipline qui vise la connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l’environnement. En étudiant la dimension psychologique de ce trouble, cela me permettra d’analyser les impacts que ce trouble a sur l’être humain et sur son avenir. De la sorte, il sera possible de repérer les problèmes chez un jeune et de trouver des solutions dans le but d’aider un proche et d’améliorer les méthodes d’intervention dans les milieux scolaires.

Dans cette vidéo, on aperçoit un individu prénommé Stephen Tonti qui fait une conférence à TED, « une série internationale de conférences organisées par la fondation à but non lucratif Sapling Foundation » (TED, s.d.). Dans la vidéo, il explique que ce n’est ni un docteur, ni un chiropracticien, ni un pédiatre, mais plutôt son professeur de deuxième année qui a diagnostiqué qu’il avait le TDAH. En effet, il affirme que ce trouble n’a aucunement affecté sa carrière même s’il fut rejeté par les jeunes de son âge. Selon lui, le TDAH est mal compris. Ce n’est pas seulement le fait d’avoir une manque de concentration, mais c’est aussi le fait d’avoir de la difficulté à sélectionner quelque chose et d’y consacrer du temps. Il faut alors décider plutôt ce à quoi ils veulent porter attention.

Source: https://www.flickr.com/photos/ryantron/4453018910/ « Manque de concentration »

Par la suite, il explique que la société n’intervient pas de la bonne manière avec les jeunes atteint du TDAH. Comme il est mal compris et qu’il est traité comme un trouble, il explique que les spécialistes tentent de débarrasser les gens de leur TDAH, mais que la vraie solution est d’apprendre à vivre avec ce dernier. On pourrait faire un lien entre cette affirmation et l’augmentation des prescriptions de Ritalin chez les jeunes. En effet, le Ritalin est le médicament le plus utilisé chez les enfants souffrant du TDAH (Lefebvre, 2001) . Ce médicament consiste à baisser le niveau d’hyperactivité qui se manifeste chez le jeune. Cependant, ce médicament a plusieurs effets secondaires comme l’irritabilité, l’insomnie, les douleurs abdominales, etc. La meilleure solution pour remédier au problème des enfants souffrant de TDAH consiste en la prise en charge de ses jeunes, et ainsi, leur donner des trucs pour bien vivre avec leur maladie au lieu de tenter de les débarrasser de leur maladie.

Alors, mettez-vous dans la peau d’un individu atteint de TDAH pour 2 secondes. Effectivement, vous ne voudriez ni être jugé ni critiqué. Comme Mme De Oliveira la mentionné durant une entrevue, il est facile de venir en aide à un individu qui possède des béquilles, car nous voyons qu’il a un problème et qu’il nécessite de l’aide. Par contre, lorsqu’il s’agit d’un individu ayant le TDAH, il est nettement plus dur de le constater.  Cela illustre alors le fait qu’il est nécessaire d’améliorer  les méthodes d’intervention dans les milieux scolaires pour venir en aide aux jeunes québécois et à la société de demain. Finalement, pour revenir aux paroles de Stephen Tonti, étant donné qu’un jeune atteint de TDAH persévère au fil des années et apprend à se connaître, il est donc logique que la solution clé soit d’apprendre à vivre avec son trouble et de se fixer des attendes raisonnables.

Mahsa Nikkami

Le TDAH: des coûts élevés pour la société.

Dans le cadre de notre projet, nous allons explorer les effets d’une personne atteinte d’un trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), considéré comme étant « le trouble le plus répandu dans la population enfantine » (AQNP, 2014), sur l’économie. Pour être sur de bien comprendre cette discipline, Raymond Barre, un économiste français, la décrit comme suit : « la science économique est la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (Raymond Barre, 1997). Dans le cas de notre projet, les jeunes atteints du TDAH sont contraints à une aide limitée, que ce soit une aide psychologique, éducative, sociale, etc. La dimension économique évalue ce que cette aide limitée a comme impact sur la société, en mesurant ces divers impacts à l’aide d’indicateurs économiques. Ces indicateurs, basés sur des calculs mathématiques recherchés, nous aideront à obtenir des résultats clairs et précis.

La grande présence de gens diagnostiqués du TDAH connait des conséquences économiques importantes. En effet, cette maladie « coûte des milliards de dollars chaque année en perte de productivité ». Selon le CADDAC (Centre for ADHD Awareness, Canada), une organisation nationale qui a pour rôle de promouvoir le leadership en éducation, « [l]es pertes estimées au Canada atteindraient 6 à 11 milliards de dollars en raison des pertes de productivité en milieu de travail » (CADDAC, 2013). De plus, le TDAH augmente considérablement les frais de santé et les coûts de l’éducation, puisque les gens atteints de la maladie doivent fréquemment consulter un médecin et doivent faire recours à des centres d’aide à la réussite en milieu scolaire. Les coûts en services sociaux sont d’autant plus élevés puisque, étant donné que les gens atteints du trouble de déficit ont de la difficulté à se trouver un travail en raison de leur manque de productivité, ils doivent faire recours à l’assurance chômage payée par le gouvernement.

D’ailleurs, on pourrait faire un lien entre cette vision économique du sujet et le film québécois « Mommy », réalisé par Xavier Dolan. Le film raconte l’histoire d’une mère monoparentale qui reçoit la garde de son fils, un adolescent atteint du TDAH. Cet adolescent, Steve, a des comportements violents et impulsifs et il a de la difficulté à se concentrer dans ses études. C’est alors que sa voisine, Kyla, viendra lui offrir son aide. Ainsi, Steve retrouvera peu à peu un équilibre saint. Cet exemple montre à quel point l’encadrement de l’adolescent est important dans sa réussite scolaire. À l’aide de cette méthode, Steve sera capable de mieux performer à l’école, et ainsi, d’avoir une meilleure qualité de vie. Cette performance scolaire affecte indirectement plusieurs indicateurs économiques : si Steve a de meilleures notes, il aura un plus grand choix d’emploi et sera mieux rémunéré; Il évitera alors d’être sur le chômage et son travail stable lui amènera une saine qualité de vie qui l’éloignera de tout problème de santé.

Source : Mommy le film, [En ligne], http://mommy-lefilm.com/index_fr.html (Page consultée le 29 mars 2015)
Source : Mommy le film, [En ligne], http://mommy-lefilm.com/index_fr.html (Page consultée le 29 mars 2015)
Le garçon sur l’illustration est le personnage de Steve dans le film « Mommy », réalisé par Xavier Dolan.

Pour ceux qui sont plus curieux, voici la bande-annonce officielle du film:

Mon équipe et moi avons passé une entrevue à Marlène De Oliveira, conseillère au service d’aide à l’intégration des élèves (SAIDE) du cégep Gérald-Godin, pour en apprendre plus sur la prise en charge au niveau collégial. Nous croyons que les outils aidant à la prise en charge permettraient d’améliorer les problèmes économiques de que le TDAH cause à la société. Effectivement, le SAIDE a pour mission de soutenir l’intégration de l’élève souffrant du TDAH pour lui permettre de réussir. Cela dit, le SAIDE favorise l’accessibilité à tous aux études supérieures.

Selon moi, si l’éducation a une grande accessibilité au Québec, les jeunes seront plus instruits, donc auront moins de risques d’être sur le chômage ou sur les services sociaux.

Capture d’écran 2015-04-24 à 09.23.56
Source : Calculs de RHDCC basés sur les données de Statistique Canada. Tableau 282-0004 – Enquête sur la population active (EPA), estimations selon le niveau de scolarité atteint, le sexe et le groupe d’âge, annuel (personnes sauf indication contraire), CANSIM (base de données).

Comme on peut le voir dans ce graphique, depuis 1990, le nombre de Québécois ayant obtenu un diplôme d’études collégial a augmenté considérablement. Il est de même pour les Québécois ayant obtenu un diplôme au niveau universitaire.

Marjorie Bonnet

Les technologies: une solution aidante pour les enfants atteints du TDAH?

Le trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est considéré comme un « trouble neuropsychiatrique » (Valérie Duband, 2013). Cela dit, il est lié à la neuropsychologie et à la psychiatrie. D’une part, la neuropsychologie, issue du champ de la psychologie, est une science qui « étudie la relation entre le cerveau et le comportement humain » (AQNP, 2014), donc il est possible de déterminer d’où proviennent les différentes causes qui engendrent les symptômes de la maladie.  D’autre part, la psychiatrie consiste plutôt en une observation de ce trouble de déficit d’attention chez la personne qui en est atteinte. Par exemple, il se peut qu’un enfant montrant des symptômes du TDAH soit suivi de près par un médecin afin de diagnostiquer sa maladie précisément.

Dans le cadre de notre projet, la dimension psychologique du sujet m’intéresse grandement. Je crois qu’il serait fort intéressant de faire un lien entre cette dimension et l’arrivée subite des technologies dans notre société. En effet, depuis quelques années, elles ont pris une place importante dans le quotidien de la plupart des Québécois. Depuis, cette forte croissance a amené plusieurs avantages, mais aussi plusieurs inconvénients sur certains points. Il reste à comprendre si les différentes technologies sont aidantes ou bien nuisibles pour un jeune souffrant du TDAH.

Que ce soit dans leur vie quotidienne ou à l’école, cette maladie engendre plusieurs conséquences négatives chez les jeunes, dont la désorganisation et le manque de concentration.

Angelo FALLU. Pourquoi le TDAH? L’Espèce Humaine et Contemporaine!, [En ligne], http://www.ampq.org/contentdocuments/adf3186f-7054-d219-67e4bb62c9315e04.pdf (page consultée le 23 avril 2015).
Source: Angelo FALLU. Pourquoi le TDAH? L’Espèce Humaine et Contemporaine!, [En ligne], http://www.ampq.org/contentdocuments/adf3186f-7054-d219-67e4bb62c9315e04.pdf (page consultée le 23 avril 2015).

Voici un graphique montrant la répartition des symptômes du TDAH. Comme on peut le voir, 50% à 75% des gens diagnostiqués du TDAH ont un problème d’inattention et d’hyperactivité.

Pour remédier à ces problèmes, il existe plusieurs outils technologiques qui aident l’individu à organiser son horaire pour éviter qu’il ne manque aucun engagement. Par exemple, les téléphones intelligents et les agendas électroniques sont munis de rappels sonores ou visuels qui informent l’individu juste avant ses rendez-vous. De cette manière, le manque d’organisation de la personne est compensé par les différents outils technologiques qu’il possède. De plus, l’enfant atteint du TDAH a un niveau de concentration plus faible que les jeunes ayant une santé mentale saine. Comme solution, les écouteurs consistent en une technologie efficace permettant à l’individu de créer sa propre bulle de concentration. En classe, un jeune souffrant du TDAH a une plus grande difficulté de concentration, car le système d’éducation a tendance à être standardisé pour tous les élèves (Isabelle Sokolnicka, 2014). Enfin, certains logiciels, comme Antidote ou WordQ, sont à la disposition des élèves afin de les aider à mieux structurer leurs idées dans les travaux qu’ils rédigent et à éviter les erreurs d’orthographe.

Les jeunes atteint de ce trouble doivent êtres pris en charge pour leur permettre d’évoluer avec le plus de facilité possible. Mes collègues et moi avons eu l’idée d’interviewer Marlène De Oliveira, conseillère au service d’aide à l’intégration des élèves (SAIDE) du cégep Gérald-Godin, pour en apprendre plus sur la prise en charge au niveau collégial. Pour faire un lien avec les technologies, nous lui avons posé la question : « Pensez-vous que les nouvelles technologies sont bénéfiques à l’apprentissage d’un élève atteint du TDAH? Si oui, pourquoi? ». Elle a d’abord expliqué que les jeunes souffrants de ce problème mental ont, la plupart du temps, des bris de concentration, c’est-à-dire une période de temps, variable selon les cas, où l’étudiant est incapable de se concentrer. Elle affirme qu’en effet, certaines technologies permettent à l’élève de diminuer sa fréquence de bris de concentration. De plus, les technologies permettent de stimuler leur sens. Le fait d’avoir de plus grands stimuli les incite à se concentrer. Elle explique qu’il est important d’avoir plusieurs entrées de stimuli selon pour les différents sens de l’être humain. Par exemple, les logiciels qui relisent ce que l’étudiant a écrit à l’ordinateur permettent une entrée auditive, l’utilisation de l’ordinateur donne une entrée visuelle, le fait de taper sur le clavier, une entrée pour le toucher, etc. Bref, Mme De Oliveira partage une opinion positive sur l’utilisation des technologies pour l’aide à la prise en charge des étudiants atteints du TDAH.

Source : Marianne Bonnet
Source : Marianne Bonnet

On peut faire un lien entre cette caricature et les idées énoncées plus haut. En effet, cette image donne l’impression que les jeux vidéo et tous les appareils électroniques sont d’une importance telle chez l’enfant qu’ils guérissent sa maladie. Elle met la technologie en valeur et la traite comme un « médicament » pouvant sauver quiconque atteint de ce trouble. Après tous les bénéfices des technologies énumérées plus haut, je crois qu’il serait possible d’affirmer qu’effectivement, les technologies sont d’une grande aide pour certains.

Cependant, les nouvelles technologies peuvent nuire à la concentration de certains individus ayant le TDAH. Les technologies peuvent devenir une distraction visuelle stimulante. Par exemple, la grande présence des réseaux sociaux sur les ordinateurs donne lieu à la procrastination. Ainsi, l’élève sera porté à toujours remettre ses études au lendemain.

Selon moi, pour les étudiants atteints du TDAH, les technologies leur sont beaucoup plus aidantes qu’elles leur sont nuisibles. En effet, les divers outils technologiques permettent à ces jeunes de réussir, comme les autres, malgré leurs difficultés. Je crois que, les outils offerts au centre SAIDE favorise la justice entre les étudiants et une plus grande accessibilité. Je crois aussi que les éléments nuisibles qui ont été abordés ci-haut ne s’appliquent pas seulement aux élèves en difficulté d’attention, mais aussi aux élèves ne présentant pas de trouble mental.

Marjorie Bonnet