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Le Québec: Une terre d’accueil pour préparer l’avenir

De nos jours, au Québec, on peut observer une très grande diversité au niveau culturel.  Cela est dû en principe à la très forte immigration qui se produit depuis plusieurs années. L’immigration est en fait une composante importante à étudier lorsqu’on dresse un portrait de notre société et de notre population, puisqu’elle a un impact considérable sur la culture, la politique et l’économie de notre province.

Lorsque nous avons décidé d’aborder le sujet de l’immigration, c’était principalement parce que nous avions beaucoup d’interrogations sur le sujet. En effet, nous en connaissions peu sur le sujet autre que les stéréotypes et les informations de surface. Ce n’était pas assez et nous souhaitions en apprendre davantage par nous-même. Nous avons donc débuté avec des questionnements, qui se sont par la suite transformés en problématiques que nous avons abordé.

Après bien des recherches, nous avons réalisé que la recherche théorique ne pouvait que nous amener jusqu’à un certain point. Il y avait des questions qui restaient sans réponse et ces recherches n’avaient pas satisfait notre soif de connaissance. Nous avons donc décidé de rencontrer quelqu’un qui travaille directement sur le terrain, quelqu’un qui interagit avec des gens vivant la réalité de l’immigration au quotidien. Ainsi, nous espérions obtenir l’information qu’il nous manquait pour faire une recherche complète et représentative. Nous n’avons pas été déçus. Nous avons eu l’opportunité de rencontrer Claudia Cobos, une intervenante au CRÉDIL, soit le Comité régional d’éducation pour le développement international de Lanaudière. Malgré qu’elle travaille sur le terrain de Lanaudière, elle a su nous dresser un portrait général de l’immigration au Québec, tout en répondant à toutes nos questions portant sur l’aspect plus «pratique» et appliqué de l’immigration. Grâce à elle, nous avons pu boucher les derniers trous d’informations qu’il nous manquait.

De ce fait, nous avons pu tirer des conclusions factuelles, probantes et convaincantes. Au niveau économique, nous avons déterminé que l’immigration est essentielle au bon fonctionnement de la société et du marché du travail, particulièrement avec le vieillissement de la population qui se fait de plus en plus ressentir. En ce qui concerne la politique d’immigration présentement en fonction au pays, nous pouvons conclure que celle-ci est fonctionnelle, pratique et favorise l’accueil de nouveaux arrivants au Canada. De plus, plusieurs organismes sont en place afin de faciliter l’adaptation et l’intégration de ces nouveaux arrivants. Malgré la difficulté de la première année suivant leur arrivée, les immigrants ont la chance de pouvoir s’imprégner au mode de vie québécois. Ceci dit, au niveau psychologique, le bilan demeure toutefois positif. Finalement, tous ces changements au sein de la société ont pour effet d’enrichir la diversité ethnique de notre province. Grâce à l’arrivée d’un aussi grand nombre d’immigrants, la démographie du Québec de demain est en sécurité. L’immigration est une solution prépondérante afin de contrer le vieillissement de la population et le taux de fécondité très faible de notre province. Ceci dit, son bilan est positif sous tous les aspects auxquels il touche.

 Camilo Cardenas
Malory Chassé
Marjorie Longtin

Photo du 2015-04-24 à 09.35 #3

 

 

MÉDIAGRAPHIE

     AGOSSOU, Dominique. «Effet de l’immigration internationale sur le vieillissement de la population des régions métropolitaines et non métropolitaines du Canada», Cahiers québécois de démographie, volume 31, page 275-302 [En Ligne] http://www.erudit.org/revue/cqd/2002/v31/n2/000668ar.pdf  (Page consultée le 20 avril 2015)

    BOUDARBAT, Brahim et Maude BOULET. Immigration au Québec : Politiques et intégration au marché du travail, [En ligne], 2010, http://www.cirano.qc.ca/pdf/publication/2010RP-05.pdf (Page consultée le 20 avril 2015).

     BOUDARBAT, Brahim. Les défis de l’intégration des immigrants dans le marché du travail au Québec : enseignements tirés d’une comparaison avec l’Ontario et la Colombie-Britannique, [En ligne], 2011, http://cirano.qc.ca/pdf/publication/2011RP-07.pdf (Page consultée le 21 avril 2015).

     BOUDARBAT, Brahim et Gilles GRENIER. L’impact de l’immigration sur la dynamique économique du Québec, [En ligne], 2014, http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/recherches-statistiques/ETU_ImmigrProsperite_BoudarbatGrenier.pdf (Page consultée le 22 avril 2015).

CHIASSON, Paul. «Immigration: de nouveaux critères pour sélectionner des travailleurs qualifiés», Radio Canada, 19 décembre 2012 [En Ligne] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/12/19/008-immigration-travailleurs-etrangers.shtml (Page consultée le 20 avril 2015)

DE MER, Emmanuelle. «Le Canada devient plus en plus un pays d’immigrants», Radio-Canada, mai 2013 [En Ligne] http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/National/2013/05/08/001-statistique-canada-immigrants-minorites-visibles.shtml (Page consultée le 20 avril 2015)

FOUGÈRE, Maxime. HARVEY, Simon. «Le vieillissement de la main-d’œuvre et le défi de la croissance au Québec», Cahiers québécois de démographie, volume 36, numéro 2, 2007, pages 183-216. (Page consultée le 20 avril 2015)

     GOUVERNEMENT DU CANADA, «Immigration Diversité et Inclusion», Réussir l’intégration, 2014-2015, [En ligne] http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/FR/partenaires/programmes-integration/reussir-integration.html. (Page consultée le 2 mars 2015)

GOUVERNEMENT DU CANADA. «Le bilan démographique du Québec version 2013», Statistiques Canada, 2013, 153 pages [En Ligne] http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/bilan2013.pdf (Page consultée le 20 avril 2015)

GOUVERNEMENT DU CANADA, Ministère de l’immigration, Critères de sélection – travailleurs autonomes, 2012 [En Ligne] http://www.cic.gc.ca/francais/immigrer/qualifie/demande-facteurs.asp (Page consultée le  20 avril 2015)

GOUVERNEMENT DU CANADA, Les six critères de sélection – Travailleurs qualifiés (fédéral), [En ligne], http://www.cic.gc.ca/francais/immigrer/qualifie/demande-facteurs.asp (Page consultée le 20 avril 2015).

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Ministère de l’immigration et des communautés culturelles. Caractéristiques de l’immigration au Québec, [En ligne], 2011, http://www.midi.gouv.qc.ca/publications/fr/planification/caracteristiques-immigration-20122015.pdf (Page consultée le 21 avril 2015).

GREGORY, Joël. «Réflexions sur les politiques d’immigration», Cahiers québécois de démographie, volume 4, numéro 2, 1975, pages 24-37 [En Ligne], http://www.erudit.org/revue/cqd/1975/v4/n2/305799ar.pdf  (Page consultée le 20 avril 2015)

LAFERTÉ, NATHALIE. «Transformations sociales : Recueil de textes et notes de cours partie 1», Québec, 2015, 75 pages.

L’OUTARDE LIBÉRÉE. Salon de l’immigration et de l’intégration au Québec, France, L’outarde libérée, 2014, 2:33 minutes. (Page consultée le 20 avril 2015)

MAROIS, Guillaume. «La migration de remplacement: un exercice méthodologique en rapport aux enjeux démographiques du Québec», Cahiers québécois de démographie, volume 37, automne 2008, p. 237-261 [En Ligne] http://www.erudit.org/revue/cqd/2008/v37/n2/038132ar.pdf  (Page consultée le 20 avril 2015)

     MICHELLE, Labelle. «Le dimensions d’intégration des immigrants, des minorités ethnoculturelles et des groupes racisés au Québec», 2015, [En ligne] https://criec.uqam.ca/upload/files/dimensions_integration.pdf (Page consultée le 2 mars 2015)

SAVARD, Luc. «L’immigration, un problème ou une solution?», La Presse, 15 juillet 2009, [En Ligne], http://www.lapresse.ca/la-tribune/opinions/200907/15/01-884344-limmigration-un-probleme-ou-une-solution.php  (Page consultée le 20 avril 2015)

STATISTIQUE CANADA. Faits et chiffres : aperçu de l’immigration : résidents permanents et temporaires, Canada, 2013 [En Ligne] http://www.cic.gc.ca/francais/ressources/statistiques/menu-faits.asp (Page consultée le 20 avril 2015)

STATISTIQUE CANADA. Naissances et indice de fécondité par provinces et territoires, Gouvernement du Canada, 2011 [En Ligne] http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/hlth85b-fra.htm (Page consultée le 20 avril 2015)

UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL. Qu’est-ce que la démographie?, département de démographie [En Ligne], http://demo.umontreal.ca/departement/quest-ce-que-la-demographie/ (Page consultée le 20 avril 2015)

Notre population vieillit, doit-on craindre le pire?

Le vieillissement de la population est un enjeu qui touchera le Québec de demain dans les prochaines années à venir. Ce phénomène englobe plusieurs causes et conséquences qui ont poussé la population à vieillir, mais aussi qui la pousseront à se modifier à cause de ce vieillissement. Si l’on observe l’enjeu d’un côté sociologique, on remarque que le vieillissement de notre population pourrait s’expliquer par une baisse du taux de fécondité au Québec, un taux de renouvellement impossible à rejoindre, une hausse de l’espérance de vie des hommes et des femmes et d’autres enjeux.

Afin d’avoir un point de vue réaliste sur les enjeux sociologiques au niveau de notre population vieillissante, la sociologue Nathalie Laferté nous a communiqué ses savoirs à ce sujet. Selon elle, le vieillissement de la population est présent, mais moins problématique qu’on aurait pensé qu’il l’aurait été. L’experte nous mentionne que notre population québécoise est très vieillissante, mais qu’elle est rajeunie par une vague d’immigrants qui s’installent au Québec. On aurait alors tendance à se demander si notre identité québécoise est touchée par une augmentation d’immigrants. Madame Laferté mentionne que l’identité québécoise n’est pas menacée, car celle-ci s’est construite sur des immigrants. C’est-à-dire que les Québécois ont créé l’identité québécoise à travers les différentes vagues migratoires. Elle clôt ce sujet en expliquant que c’est plutôt enrichissant pour notre culture.

veillissement de la pop
André LÉONARD, « Vieillissement de la population et politiques publiques au Canada – 1. Aperçu statistique », 2011, Bibliothèque du Parlement [En ligne], http://www.parl.gc.ca/content/lop/researchpublications/2012-12-f.htm
         Malgré que le vieillissement de la population soit moins problématique que les experts auraient pu le prédire, ce problème est tout de même présent et le sera de plus en plus dans les années à venir. En effet, plusieurs incidences expliquent l’arrivée de ce phénomène. D’abord, « l’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,65 enfant par femme en 2013 » (Institut de la statistique du Québec, 2013). Malheureusement, le taux de renouvellement est de 2.1 enfants par femmes, alors en tant que société québécoise, nous ne sommes plus assez nombreux par famille. À part les années 1945-1975 où il y eut une croissance du nombre d’enfants au-dessus du taux de renouvellement, appelé le Baby-Boom, le taux de fécondité n’est jamais regrimpé au-dessus du taux de renouvellement. En tant que Québécoise, je me suis souvent demandé : pourquoi le taux de fécondité est aussi bas? Selon moi, une des raisons serait l’enregistrement des interruptions volontaires de grossesses, aussi appelé l’avortement. En effet, « c’est à 20-24 ans que le taux d’interruption volontaire de grossesse est le plus élevé, soit 31 pour mille en 2011. Il est de 22 pour mille à 25-29 ans et de 17 pour mille à 30-34 ans et à 15-19 ans. La diminution globale de l’indice synthétique des dernières années est principalement associée à une diminution des taux entre 15 et 29 ans. » (Institut de la statistique du Québec, 2014)

De plus, d’autres facteurs peuvent aussi expliquer en partie le vieillissement de la population. Si l’on observe l’espérance de vie chez les hommes et chez les femmes, celui-ci a grimpé en flèche depuis quelques années. « Selon les données provisoires de 2013, l’espérance de vie à la naissance poursuit sa progression et s’établit à 80,2 ans chez les hommes et à 84,1 ans chez les femmes. Depuis le milieu des années 1990, les hommes ont gagné près de 6 années d’espérance de vie, soit une moyenne de 4 mois par année. Chez les femmes, le gain total pour la même période est d’un peu plus de 3 années, soit un peu plus de 2 mois annuellement. La durée de vie moyenne, hommes et femmes confondus, est maintenant de 82,2 ans » (Institut de la statistique du Québec, 2013). Avec une augmentation de l’espérance de vie, est-ce qu’il pourrait y avoir une augmentation du taux de fécondité dans les années à venir? Malheureusement, « le vieillissement de la structure par âge de la population québécoise est amorcé et il ira en s’accélérant au cours des prochaines années, avec l’arrivée graduelle des générations nombreuses du baby-boom dans le groupe des 65 ans et plus » (Institut de la statistique du Québec, 2014). Dans quelques années, notre société québécoise sera munie majoritairement de personnes âgées. Le nombre de 65 ans et plus passera de « 1.4 million actuellement à 2.3 millions en 2031, puis 2.9 millions en 2061 » (Institut de la statistique du Québec, 2014).

Le vieillissement de notre population est aussi causé par des générations moins nombreuses suivant celle des baby-boomers. Heureusement, il ne faut pas craindre le pire. Selon moi, l’arrivée des immigrants nous donnera un énorme coup de pouce. Par conséquent, il faudra être plus ouvert à la nouvelle religion et à la vie multiculturelle. C’est grâce aux immigrants si cet enjeu est un peu moins mauvais qu’il aurait pu l’être. Le vieillissement de la population est un sujet qui m’affecte beaucoup, car il définira le courant de ma vie. C’est pourquoi il est important de trouver des solutions afin d’en diminuer les impacts négatives. En tant que citoyenne québécoise, j’ai comme but fixe d’avoir trois enfants afin d’aider la population à s’élargir et augmenter son taux de fécondité. En sociologie, la seule solution pour combler à une population vieillissante c’est de se reproduire davantage. Pour que cette solution devienne une option aux yeux des citoyens, il faut que la société apporte les moyens de le faire. C’est pour cette raison qu’il faut alors connaître les différents enjeux politiques, économiques et historiques pour ensuite tenter de tirer quelques solutions afin de favoriser la reproduction plus nombreuse.

 

Catherine Rousselle

 

L’immigration, un aspect positif ou négatif?

Le Québec de demain semble nous relever une population vieillissante. Cet enjeu est muni de causes et de conséquences importantes qui incitent son apparition. Si l’on observe le phénomène du vieillissement de la population d’une objectivité sociologique, on peut alors faire ressortir des causes et des conséquences plus spécifiques. Ce phénomène peut s’expliquer par une baisse du taux de fécondité, par une hausse de l’espérance de vie, par une génération de baby-boomers vieillissants et par des générations suivantes moins nombreuses. Plusieurs d’entre vous semblent inquiets des dommages qui seront à venir. Heureusement, le vieillissement de la population est un phénomène qui semble s’atténuer par l’arrivée d’immigrants de plus en plus nombreux. Or, on se demande alors : l’immigration est-elle un aspect positif ou négatif au sein de notre société québécoise vieillissante?

Lors de notre rencontre avec Nathalie Laferté, professeur de sociologie au Collège Gérald-Godin depuis plusieurs années, nous voulions savoir si, en effet, l’immigration nombreuse au Québec était un aspect positif ou négatif. Selon la spécialiste, l’immigration est perçue comme tout à fait enrichissante pour notre société québécoise. Elle affirme que c’est grâce à eux si les Québécois peuvent se différencier des autres cultures. De plus, selon madame Laferté, le vieillissement de la population n’apporte que deux seules solutions concrètes : faire plus d’enfants ou installer plus d’immigrants sur notre territoire.

Il en va de soi qu’il est impossible d’exiger aux familles québécoises la naissance d’un minimum de deux enfants par foyer puisque la décision est relative à un choix personnel, à l’impossibilité de procréer ou tout simplement pour une question de revenus financiers. Alors, afin de combler le manque de jeunes identités québécoises dans notre société, plusieurs efforts déployés par la région de Québec, depuis plusieurs années, pour attirer davantage d’immigrants ont été mis en place et ceux-ci commencent à porter leurs fruits. En effet, le Québec tente d’insister plus d’immigrant à venir s’installer sur notre territoire. «De plus en plus de personnes nées à l’extérieur du pays vivent au Canada. L’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, publiée mercredi par Statistique Canada, révèle en effet qu’un Canadien sur cinq (20,6 %) est né à l’étranger, soit 6 775 800 personnes» (Radio-Canada, 2013). Il est certain que le vieillissement de la population affecte notre identité québécoise, car nous sommes dès lors une société multiethnique plutôt qu’une société uniquement de nationalité québécoise. Par contre, la diversité culturelle est une bonne chose pour le Québec. Il est intéressant de comprendre que « l’immigration participe au renouvellement de la population active ainsi qu’au développement social, économique et culturel du Québec et, ce faisant, elle contribue à faire du Québec un État moderne, ouvert sur le monde et fier de sa diversité» (Immigration et communautés culturelles, 2009).

Les transformations frappantes à l’œil que nous pouvons observées de la composition ethnoculturelle qu’apporte l’immigration à notre territoire québécois s’expliquent par un haut taux d’immigration dans les environs de l’île de Montréal. En effet, celle-ci « accueillit la vaste majorité de la population immigrée et des minorités visibles du Québec. En effet, près de 66 % de la population immigrée et près de 70 % des personnes appartenant à des minorités visibles du Québec résident sur l’île de Montréal» (Immigration et communautés culturelles, 2009). Depuis déjà plusieurs années, la population québécoise est favorable aux relations interculturelles et elle est moins renfermée à l’idée d’accepter un grand nombre d’immigrants dans leur société. En plus, « les enquêtes montrent que les élèves qui ont vécu la pluriethnicité dans le quotidien sont d’avis que l’école pluriethnique joue un rôle positif quant à la compréhension et à la bonne entente entre les jeunes » (Immigration et communautés culturelles, 2009). Selon des expériences personnelles, il est tout à fait vrai d’affirmer que vivre dans la pluriethnicité est positif. Étant québécoise, j’ai étudié dans une école regroupant différentes nationalités et il en va de soi que cela m’a aidé à comprendre ce que signifiait réellement la vie au sein d’une communauté pluriethnique. On apprend que chaque individu et chaque culture sont différents et mérites tous d’être acceptées à parts égales.

Selon moi, l’immigration est majoritairement un aspect positif pour le Québec, mais elle amène aussi avec elle quelques frictions. D’un point de vue personnel, l’immigration plus nombreuse amène aussi quelques conflits interculturels (débats qui ont entourés la question des accommodements raisonnables) qui doivent se régler avec un débat de société. Comme mentionner plus haut, chaque culture mérite d’être acceptée à parts égales, mais le choix d’immigrer au Québec vient aussi avec le choix de respecter les règles qui y sont établies. Pour le moment, cet aspect peut pencher un peu plus vers un aspect négatif de l’immigration, mais elle peut être réglée. Une société multiethnique permet de nous diversifier et de grandir tout en apprenant les cultures de différents pays. En plus, l’augmentation du nombre d’immigrants nous permet de combler des emplois qui manquaient de personnels. Ce manque de personnels sur le marché du travail s’explique par une génération de baby-boomers qui sont maintenant rendus à l’âge de la retraite, suivi de générations peu nombreuses qui ont de la difficulté à pourvoir tous les postes qu’occupait la génération très nombreuse.

Catherine Rousselle

pays
Province multiculturelle – http://pixabay.com/en/flags-country-states-of-america-69190/

 

 

Les enjeux démographiques-vieillissement de la population

Quand nous pensons au Québec de demain, nous pouvons penser à la société qui nous entoure, aux enjeux des générations futures liés aux tendances démographiques comme le vieillissement de la population. Ce phénomène qui devient de plus en plus grand semble inévitable. Il pourrait y avoir de graves conséquences sur le Québec. Pour bien cerner le problème, nous l’aborderons sous les aspects sociologiques, historiques, politiques et économiques. Avant de s’attarder plus spécifiquement sur ses causes et ses conséquences, il serait intéressant de définir le sens du mot démographie. «La démographie est l’étude quantitative des populations humaines et de leurs dynamiques, à partir de leurs composantes : fécondité, conjugalité, migration, vieillissement et mortalité» (Université de Montréeal, 2015)

À l’issue de nos recherches, voici un ensemble de conclusions que nous avons tirées. Présentement, dû à un faible taux de fécondité au Québec, notre province subit un déclin démographique. En effet, plusieurs spécialistes anticipent une intensification du vieillissement de la population du Québec. La situation est alarmante. En 2034, on prévoit que les aînés (65 ans et plus) représenteront approximativement 25 % de la population totale du Québec (Cirano, 2015) : génération des baby-boomers. Cela aura plusieurs incidences sur notre société.  Par exemple, le gouvernement aura intérêt à défendre cette classe la plus nombreuse. Par conséquent, cela pourrait l’amener à modifier la manière dont il administre le budget de l’état tel qu’en augmentant le budget de la santé et en diminuant ceux des autres secteurs. Pour pallier le vieillissement de la population, le gouvernement aura recours à l’augmentation de l’immigration sur le territoire québécois. Il est donc intéressant de comprendre si les conséquences de l’immigration auront des impacts positifs et négatifs pour le Québec, tels qu’une identité québécoise menacée ou une amélioration au sein d’une population vieillissante. De plus, le gouvernement devra aussi s’impliquer pour répondre à la menace qui pèse sur la démographie québécoise, car les mesures, telles que la politique d’immigration et la politique familiale sont inquiétantes. Le marché du travail en sera entre autres bouleversé par une pénurie de main-d’œuvre due au vieillissement des baby-boomers. Bref, tous ces éléments sont le fruit des tendances qu’a connu le Québec au cours des dernières années.

fécondité
http://qe.cirano.qc.ca/graph/part_des_65_ans_et_plus_dans_la_population

 

Pour valider et enrichir l’information que nous avons collectée au cours de notre travail de recherche, nous avons rencontré Nathalie Laferté. Elle enseigne la sociologie au Cégep Gérald-Godin depuis plusieurs années. Cette enseignante est réputée pour ses nombreuses connaissances sur le vieillissement de la population. Durant notre entrevue avec la sociologue, nous avons abordé quatre disciplines qui sont touchées par le vieillissement de la population. L’enseignante nous a éclairés sur les différentes causes et conséquences abordées précédemment reliées à ce changement démographique qui touchent présentement de près les Québécois et qui les toucheront davantage demain. Elle spécifie que l’immigration est enrichissante pour notre société québécoise qui vit une pénurie de main-d’œuvre à cause des baby-boomers qui entament l’âge des retraités.

Eric Laflamme, Gabrielle Bélisle, Catherine Rousselle, Alexis Labrecque-Goulet

Médiagraphie

  • Canada, Québec, Santé et services sociaux, espace informationnel, Montréal, service de l’administration des banques de données, 2015.
  • Canada, Québec, Institut de la statistique, Population du Québec : 1971-2014, 2014.
  • Canada, Québec, Ministère de la famille, des Aînés et de laCondition Féminine, Le Québec soutient ses familles, 2007.
  • Chambre de commerce du Montréal métropolitain, « LA PLANIFICATION DE L’IMMIGRATION AU QUÉBEC POUR LA PÉRIODE 2012-2015 », 2011.
  • LACOURSE, M.T, Cahier de Transformation Sociale.
  • LAJOIE, Geneviève, «Immigration: un «obstacle» au projet souverainiste», Canoë, 2015, [En Ligne], http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/archives/2015/03/20150320-123143.html (consultée le 23 avril)
  • Québec, Immigration et communautés culturelles, Le Québec change, Québec, Gouvernement du Québec, 2009.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Le bilan démographique du Québec, Québec, Gouvernement du Québec, 2014, p.163.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Les naissances et les décès au Québec et dans les régions en 2013, Québec, Gouvernement du Québec, p.10.
  • RACICOT, Félix, « Le vieillissement de la population pose d’importants défis », L’Écho de la Rive-Nord, 2013.
  • SABOURIN, Clément, «Province cherche main d’œuvre: le Québec face au vieillissement de ses travailleurs», Le Huffington Post, 2015, [En Ligne], http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/02/06/penurie-main-doeuvre-quebec-vieillissement-population-travailleurs_n_6606500.html, (consultée le 23 avril)

 

 

 

Le chemin du renouveau

Saviez-vous que le Canada devient, de plus en plus, un pays d’accueil pour les immigrants? En effet, notre pays se perfectionne dans ce domaine. Puisque nous avons inévitablement besoin de l’arrivée de nouveaux citoyens au Canada et au Québec afin d’assurer un développement florissant sous toutes les sphères de notre société, l’enjeu de l’immigration ne cesse de prendre de l’importance. De nos jours, un canadien sur cinq (20,6%) est né à l’étranger, ce qui signifie que plus de 6 775 000 citoyens canadien sont, en fait, immigrants (Emmannuelle De Mer, 2013). Ce chiffre ne cesse d’augmenter à chaque année. Par contre, établir des projets d’une telle ampleur et d’une telle importance requiert forcément un système efficace et précis quant au processus d’immigration.

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Source:_http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e3/Immigration_QC1.png «Depuis la fin du 20e siècle, le nombre d’immigrants accueillis au pays ne cesse d’augmenter»

Il est important de bien connaître toutes les démarches et les procédures qu’une immigration, au sens politique, revendique. Le processus par lequel doit passer un immigrant est précis et nécessite beaucoup de temps et de patiente. Par contre, il est important de distinguer les différents types d’immigration. L’immigration traditionnelle, c’est-à-dire celle où le futur immigrant fait une demande officielle afin de s’établir au Canada de façon temporaire ou permanente est la plus fréquente, soit de 80% de toutes les procédures d’immigration (Statistique Canada, 2013).  La seconde, mais non la moindre, est celle du réfugiée. Cette situation est beaucoup plus complexe et diverge du processus normal par lequel doit passer un immigrant. Nous verrons en détail ces deux types d’immigration.

Tout d’abord, attaquons-nous à l’immigration traditionnelle. Il est important de savoir qu’une personne ne peut décider de venir s’établir au Canada à sa guise. En effet, afin de pouvoir immigrer au Canada, chaque demande doit se justifier à des fins professionnelles (Maxime Fougère, 2007). C’est-à-dire que chacun doit venir au Canada en tant que travailleur qualifié. Par la suite, chaque immigrant doit répondre et correspondre aux six critères de sélection que le gouvernement du Canada établit (Ministère de l’immigration du Canada, 2012). L’évaluation des immigrants se fait sous forme de test : chaque critère est doté de points, accumulant le tout sur un total de 100. La note minimale de passage est de 67. Malheureusement, si le résultat est inférieur à ce chiffre, le sujet ne peut immigrer au pays. Par contre, si le résultat est égal ou supérieur à la note de passage, l’immigrant peut présenter une demande afin d’immigrer au pays (Ministère de l’immigration du Canada, 2012). À cet effet, voici plus en détail les six critères auxquels l’immigrant doit répondre. Premièrement, la compétence en français ou en anglais est évaluée. Ce critère est très important puisqu’il permet de définir si le sujet pourra travailler en communiquant à l’aide des deux langues officielles du pays. Deuxièmement, on évalue le sujet quant aux études et les diplômes qu’il possède. La validation des diplômes étrangers est une étape cruciale afin de permettre la reconnaissance des diplômes, ce qui facilite énormément au sujet de se trouver du travail dans le pays. Troisièmement, on procède à une évaluation de l’expérience de travail du sujet. Cet exercice se base sur le nombre d’années pendant lesquelles celui-ci a exercé un emploi à temps plein. Quatrièmement, l’âge au moment de la demande est comptabilisé. Une fois majeur, plus le sujet est jeune, plus il obtient de points. Cinquièmement, on évalue si l’emploi est réservé au Canada. C’est-à-dire que si le sujet a reçu une offre d’emplois avant de faire sa demande, cela peut lui être très favorable quant à son admission au pays. Finalement, on estime de potentiel d’adaptabilité du sujet au pays Paul Chiasson, 2012). Cette estimation se fait sous l’influence d’énormément de critères, se basant en majorité sur les affinités entre cultures. Cela résume donc les critères officiels par lesquels doivent passer les immigrants traditionnels qui désirent s’établir au Québec ou au Canada.

Source:_http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/18/Embassy_of_Canada_in_Washington,_D.C..JPG (Ambassade du Canada, soit le lieu où les immigrants doivent se présenter afin d'acquérir une demande d'exode)
Source:_http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/18/Embassy_of_Canada_in_Washington,_D.C..JPG «Ambassade du Canada, soit le lieu où les immigrants doivent se présenter afin d’acquérir une demande d’exode»

En second lieu, comme vu précédemment, il existe une tout autre forme d’immigration, se détachant totalement de la forme traditionnelle. En effet, les immigrants réfugiés connaissent un processus totalement différent des autres. Suite à plusieurs recherches, peu de détails sont partagés publiquement afin de connaître précisément la route que doivent suivent les réfugiés politiques. Afin de mieux comprendre cet enjeu, Claudia Cavos, une intervenante et assistante auprès des réfugiés politiques accueillis à Lanaudière a su démystifier cette réalité. En fait, le terme plus spécifique et se rattachant à ce type d’immigration est une «immigration humanitaire». En effet, un immigrant humanitaire est celui qui ne possède aucune solution durable de survie dans son pays d’origine. C’est-à-dire que celui-ci craint pour sa vie en demeurant où il se situe actuellement. Afin de pouvoir quitter son pays, le sujet doit absolument obtenir le statut de réfugié. C’est ainsi qu’il pourra s’inscrire en étant immigrant humanitaire, le mettant sur une liste d’attente de durée indéterminée. Cette attente peut être très courte comme elle peut être très longue. Cela peut varier entre 1 an et 20 ans. Ceci dit, ce type d’immigrant ne choisit pas la destination vers laquelle il se dirige. Lorsqu’une place se libère ou qu’un pays se prononce afin d’accueillir le réfugié, celui-ci est mis au courant de son éventuel pays d’accueil. Parallèlement, le processus d’immigration par lequel passe le sujet ne tient aucunement compte des critères de sélection traditionnels du pays. Celui-ci n’a pas besoin d’avoir de connaissances minimales se rattachant au pays afin d’être accueillies. Le processus administratif se fait, lui aussi, beaucoup plus rapidement puisque le sujet n’a pas besoin de passer par les multiples évaluations. Une fois la destination établie, le réfugié politique n’a plus qu’à s’installer. C’est pour cette raison que des organismes semblables à celui où Claudia Cavos travaille viennent, en grande partie, en aide aux réfugiés politiques. Ceux-ci ont beaucoup de difficulté à s’intégrer et à s’adapter au pays. Les organismes de cette spécialité sont donc très efficaces afin d’assurer aux immigrants humanitaires une adaptation psychologique, culturelle, économique et politique beaucoup plus douce dans leur nouveau pays d’accueil.

Source:_https://farm7.staticflickr.com/6016/5954515223_3b240cd973_o.jpg (Un des nombreux organismes permettant aux immigrants de s'intégrer et s'adapter à la société)
Source:_https://farm7.staticflickr.com/6016/5954515223_3b240cd973_o.jpg «Un des nombreux organismes permettant aux immigrants de s’intégrer et s’adapter plus facilement à la société d’accueil»

Selon moi, les politiques de sélection et d’intégration des nouveaux immigrants sont justes. Puisque le Québec et le Canada a tant besoin de nouveaux immigrants afin d’assurer son développement, une politique d’immigration efficace est inévitable. Heureusement, tous les critères en place sont bénéfiques et respectent la culture commune de notre pays. Ceci dit, l’identité de notre pays demeura toujours le même, tout en y intégrant une plus grande diversité ethnique. La multiplicité des cultures est incontournable afin d’obtenir une société riche dans tous les sens du terme. Avec un politique d’immigration comme celle-ci, le Canada peut compter sur les objectifs qu’il s’est fixés en tant que pays d’accueil. Ce qui est le plus encourageant, c’est de savoir qu’une situation comme celle-ci est d’autant plus bénéfique pour les immigrants que pour le pays lui-même. Le Canada a absolument besoin de nouveaux arrivants afin d’assurer sa santé économique, politique que démographique. Dans le même sens, les immigrants peuvent compter sur nous afin de leur offrir des bonnes conditions de travail. Ici, ils pourront obtenir une vie sécuritaire et éloignée de tous les dangers qu’ils pouvaient confronter dans leur pays d’origine. L’immigration est une solution incontournable pour l’avenir de notre province et de notre pays. Il ne faut pas passer à coter d’une chance comme celle-là. Heureusement, nous sommes sur le droit chemin.

Malory Chassé

L’activité des immigrants sur le marché du travail

L’immigration est un important facteur à prendre en considération lorsque nous étudions le marché du travail au Québec d’hier, d’aujourd’hui, et de demain. Les immigrants contribuent énormément à notre économie et il est très important d’en tenir compte.

En 2008, le Québec a accueilli 45 198 personnes de l’international (Gouvernement du Québec, 2011). De ce nombre, 60,3% ont immigré pour des raisons économiques, bien souvent pour trouver du travail (Boudarbat et Boulet, 2010). Faisons le calcul rapidement; c’est plus de 27 000 personnes. Pensez-y! 27 000! En une seule année! L’immigration est assez constante depuis. Voilà beaucoup de gens prêts à travailler! La main-d’œuvre locale n’est pas toujours abondante dans tous les secteurs au Québec. C’est pour cette raison qu’il est important d’accueillir les immigrants dans notre pays, et dans notre province, afin d’occuper les postes que notre population ne peut combler.

Travail d'équipe, esprit d'équipe
Travail d’équipe, esprit d’équipe.

 

Cela étant dit, jetons un coup d’œil sur le portrait un peu moins rose de la situation : le chômage. Aux dernières études de Boudarbat et de Grenier (2014) pour le Gouvernement du Québec, le taux de chômage des immigrants était de 6 points plus élevé par rapport au taux de chômage des natifs, soit de 11,5%. C’est un écart assez significatif. Cependant, la lumière au bout du tunnel est que cela représente la population immigrante très récente, soit de 5 ans ou moins, et que la situation s’améliore par la suite. En effet, toujours en 2008, nous pouvions observer que 7,3% des immigrants récents était au chômage et, encore plus intéressant, seulement 5% des immigrants de longue date (10 et plus) était au chômage. Pour mettre les choses en perspective, le taux d’emploi des immigrants très récents aux immigrants de longue date passe de 65,4% à 82,1%! C’est là une augmentation très encourageante pour tous les nouveaux immigrants. Tout de même, les résultats de ces études pourraient être encore meilleurs.

L’intervenante que nous avons rencontrée, Madame Claudia Cobos, est d’avis que les immigrants ont de la difficulté à se trouver un emploi parce que notre gouvernement est trop strict dans son processus de reconnaissance des diplômes. Selon elle, beaucoup trop de nouveaux arrivants n’arrivent pas à trouver du travail dans leur champ d’études. Après avoir fait des recherches, j’en ai appris un peu plus sur le sujet. Pour en faire une histoire courte, l’immigrant doit faire une «Demande d’évaluation comparative des études effectuées hors du Québec». Cette demande requiert cependant à suivre beaucoup de démarches longues et fastidieuses. Par exemple, tous les documents de preuves d’études doivent être traduits en français ou en anglais. Par contre, cette traduction doit être faite par un traducteur reconnu par les Gouvernement du Québec. De plus, les appliquants doivent payer des frais de 114$ pour faire seulement la demande. Bref, le processus est déjà assez long et complexe, l’attestation devrait être plus flexible.

Selon moi, le processus devrait en effet être plus accessible. L’intégration est difficile à la base, et les immigrants ayant fait des hautes études ne devraient pas avoir à s’inquiéter que leurs diplômes ne soient acceptés. L’éducation est internationale et peut facilement traverser les frontières. Qui sait tout ce qu’on pourrait apprendre de nouveau à travers les immigrants? S’ils peuvent nous apporter plus de connaissances, ce ne sera que pour le mieux! Nous pourrions certainement profiter de cette richesse culturelle et intellectuelle.

D’un côté plus économique, nous nous privons de bien des travailleurs qualifiés qui sauraient contribuer de façon extraordinaire à notre société. Nous cherchons de la main-d’œuvre qualifiée, mais nous ne l’apprécions pas lorsqu’elle se présente, enthousiasmée par l’idée de réaliser ce qu’elle a toujours voulu faire: travailler et s’épanouir dans un domaine d’intérêt spécifique. Non seulement ils réussiraient à combler des postes que nous ne sommes pas nécessairement aptes à occuper, mais ils pourraient également nous en apprendre plus sur le sujet!

Somme toute, les immigrants composent une partie essentielle de notre marché du travail. Néanmoins, il serait dans l’intérêt de tous que cette place soit plus reconnue, et que nous appréciions ce que les immigrants ont à nous offrir.

 

Marjorie Longtin

 

Les difficultés d’intégration dans le marché du travail

Pour plusieurs d’entre nous, la première journée d’école est difficile. Nous nous retrouvons dans un environnement nouveau; c’est grand, on s’y perd. Nous ne connaissons personne, ou presque. Nous avons peur d’être jugé, que les autres qui se connaissent déjà se moquent de nous, de ce que nous portons, et bien d’autres encore. L’intégration dans le marché du travail par les immigrants, ça peut ressembler à ça.

Selon une étude conduite par Brahim Boudarbat (2011) sur les types de problèmes et de difficultés rencontrés par les immigrants dans leur quête pour un emploi, neuf critères sont ressortis. Il s’agit de

1) Problèmes de la langue

2) Non-reconnaissance des compétences acquises à l’extérieur du Canada

3) Non-reconnaissance de l’expérience de travail obtenue à l’extérieur du Canada

4) Manque d’expérience dans le marché du travail canadien

5) Absence de recommandations de la part d’un employeur canadien

6) Manque d’emplois

7) Manque d’emplois dans le domaine de formation

8) Absence de contacts dans le marché de l’emploi

9) Discrimination.

Parlement
Source: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b2/Centre_Block_-_Parliament_Hill.jpg                                                                                                                                                          «[…] le gouvernement n’en fait pas assez pour ses immigrants…»
Ces obstacles ressortis par les immigrants sont évidemment des facteurs qui nuisent à leur intégration dans le marché du travail. Pourtant, après une brève observation de cette liste, nous pouvons observer que plusieurs de ces épreuves ne sont pas représentatives des faits. En effet, au Québec, nous devons jouir de l’immigration et de la main-d’œuvre qu’elle occasionne, compte tenu du vieillissement de notre population et de la diminution imminente de la quantité de main-d’œuvre disponible. Par contre, la réalité semble être toute autre parfois. Parmi les immigrants, 48,2% ont senti qu’il n’y avait pas assez d’emplois au Québec (Boudarbat, 2010). Mais quelle fausse impression! Malheureusement, le gouvernement ne semble pas mettre assez d’énergie dans la préparation de ses immigrants. Nous y reviendrons.

Ayant plus d’expérience directement sur le terrain, Madame Claudia Cobos a pu nous renseigner sur la réalité des immigrants avec qui elle travaille. Selon ses observations, les deux plus grandes difficultés éprouvées lors de l’intégration des immigrants dans le marché du travail sont l’apprentissage de la langue, donc la barrière linguistique, et le fait de trouver un emploi. Malgré les critères de sélection très stricts des gouvernements, plusieurs immigrants et réfugiés réussissent à immigrer au Canada sans avoir de connaissances du français, ni de l’anglais. Cela augmente certainement leurs difficultés d’intégration. Selon Mme Cobos, un allophone prend environ 4 à 5 années avant de commencer à s’intégrer dans le marché du travail. La première journée d’école semble moins pire tout à coup, n’est-ce pas? Pendant ce temps, cet immigrant recevra de l’aide-sociale et, heureusement, des cours de français en tant que langue seconde, offerts gratuitement. Malgré cela, il leur est tout de même difficile d’intégrer la société complètement.

D’après moi, le gouvernement n’en fait pas assez pour ses immigrants. Il est évident qu’il souhaite contrôler les personnes voulant immigrer au Canada, mais quasiment trop d’énergie est dépensée dans les politiques de sélection. Si seulement le quart de cette énergie était utilisée pour aider les immigrants à leur arrivée et leur offrir un encadrement efficace, je suis persuadée qu’une majorité des problèmes serait évitée. Après tout, si nous voulons bénéficier de l’aide potentielle des immigrants dans le marché du travail, que nous avons en fait besoin, nous devons créer un climat de conditions qui sera favorable à leur développement pour faciliter leur intégration.

En d’autres mots, nous devons tendre la main aux immigrants avant qu’ils puissent nous tendre la leur.

 

Marjorie Longtin