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Le contenant ou le contenu?

En tant qu’étudiant, il est parfois ardu de suivre des cours. En effet, nombre d’entre nous assistons à de longues périodes tout au long de la journée. Périodes auxquelles nous nous devons d’être concentrés et de suivre le professeur qui explique à l’avant. En ce sens, il est parfois difficile d’être complètement intéressé aux discours des enseignants. Ainsi,  il est à se demandé si les technologies peuvent vraiment avoir un effet positif sur l’attention des élèves aux cours, ou bien s’il serait préférable de s’attaquer directement à la matière présentée.

Comme mentionné à de nombreuses reprises dans ce blogue, la dimension dont je traite est celle de la pédagogie par rapport aux TIC. Par exemple, ma partie du travail est reliée aux facteurs de technologie sur l’apprentissage comme la motivation, les difficultés d’apprentissage, des difficultés dans les méthodes d’enseignement, de la charge de travail que les TIC imposent aux professeurs et aux élèves et plusieurs autres.

Ainsi, dans cet article il sera questions à savoir si la matière de cours est plus appréciée des élèves et des enseignants que la manière dont elle est présentée.

De prime abord, il est nécessaire de comprendre en quoi une motivation accrue pour les cours est importante et comment il est possible d’augmenter la motivation de plusieurs moyens comme l’approche par projet par exemple. En effet, comme le dit Thierry Karsenti dans une recherche de 1997, la motivation est un facteur important de la réussite. Celle-ci est elle-même influencée par plusieurs facteurs, entre autres, l’autodétermination (KARSENTI, 1997), soit la capacité à déterminer nous-mêmes notre façon de faire. Ainsi, lorsque les élèves abordent une approche par projet, par exemple, ils ont tendance à plus s’impliquer dans leurs cours. De plus, l’approche par projet permet également d’acquérir des connaissances puisque celles-ci peuvent être de nature cognitive (la matière, les faits) ou plus tacites (fondée sur l’expérience personnelle) comme nous l’avons appris dans le cours d’Initiation à la Psychologie. Mais, comment l’intégration des TIC dans l’éducation peut avoir un impact sur la motivation des étudiants?

En effet, dépendant du type de support utilisé, il est possible d’attirer l’attention des élèves et de les faire apprendre comme le montre ce reportage de Daphnée Dion-Viens pour le journal de Montréal. De plus, certaines technologies comme les tableaux blancs interactifs peuvent faciliter la diffusion de certains contenus comme le présente Natalie Côté dans un article datant de 2012.

Les «smartboard» en classe

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a2/Interactive_whiteboard_at_CeBIT_2007.jpg
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Mais qu’en est- il lorsque le professeur lui-même à de la difficulté à utiliser les TIC? Les cours n’en deviennent que plus longs et nous font perdre un temps fou. En effet, en tant qu’étudiante, j’ai parfois vu l’extase d’enseignants et d’étudiant recevant un nouveau «smartboard» dans leur classe, cependant, en même temps que l’excitation des élèves venait la déception de voir l’enseignant qui parvenait à peine à projeter un Power Point sur le nouvel appareil.

En ce sens, est-il vraiment pertinent de vouloir à tout prix utiliser les TIC? En fait, des études menées par les chercheurs de l’Université de Montréal ont montré que malgré le niveau croissant de motivation au début, cette motivation s’estompe rapidement (KARSENTI, cité par Natalie Côté, 2012). Nous ramenant à penser que le contenu de cours et les enseignants intéressants priment sur les technologies. Effectivement, une étude réalisée en 2012, montre que les étudiants de niveau universitaire, bien qu’ils soient, eux aussi, de grands consommateurs de technologies, ils se «plaisent encore à s’exposer à des cours magistraux, surtout s’ils sont intéressants» (DEGLISE, citant les auteurs de la recherche, 2012).

Cour magistral

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Un autre élément à considérer lorsque l’on cherche à intégrer est le facteur de distraction. En effet (et on le sait), dès que le prof devient moins intéressant, les élèves qui ont accès à la technologie en classe ont tendance à aller voir leur Facebook, leurs textos, et autres (SHAFFER, 2014). Encore une information qui nous fut possible de confirmer durant notre entrevue. D’ailleurs, Mme Blais, affirme : «autant j’ai des groupes Facebook avec mes étudiants, […], et que je trouve ça super parce que ça permet de partager, autant pour moi les médias sociaux c’est une plaie, […], parce que les étudiants croient à tord qu’ils peuvent faire du multitask. Qu’ils peuvent Chatter tout en écoutant un cours sans rien manquer».

En conclusion, nous avons pu voir qu’autant les TIC permettent d’améliorer les cours en offrant aux élèves de la nouveauté et de nouvelles façons de travailler, autant elles apportent par le fait même des difficultés ou des distractions qui peuvent ralentir le rythme de classe et rendre les cours longs et parfois ennuyants. Pour finir, il est primordial de définir une balance dans l’utilisation des TIC dans l’éducation, soit un professeur doit être intéressant à la fois dans la présentation de leur matière que dans le support utilisé que ce soit sur un tableau blanc interactif, que dans un Power Point ou encore directement sur l’ardoise verte.

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Des classes envahies par les TIC!

Dans le cadre du cours de DIA, cours synthèse du programme de sciences humaines au cégep Gérald-Godin, nous avions à choisir un sujet de recherche sur le thème de «Pensons le Québec de demain». Ainsi, inspirés par notre cours de philosophie, nous avons décidé de nous attaquer aux TIC! Non pas l’arachnide, nous parlons ici des technologies de l’information et de la communication.

Mais il nous en fallait plus, nous avons donc décidé d’aborder le sujet des TIC dans le domaine de l’éducation au Québec.  En effet, nous pensons que l’avenir de la société dépend de l’éducation du peuple, et par conséquent, que pour penser les Québec de demain, il faut d’abord repenser l’éducation d’aujourd’hui. De nos jours, les gens sont de plus en plus connectés : 52.3% des adultes québécois possédant un téléphone intelligent (CEFRIO, 2015). Alors, comment la province devrait-elle intégrer les nouvelles technologies dans les salles de classe?

Considérant les impacts que le numérique peut avoir sur l’apprentissage des élèves, considérant les technologies disponibles appropriées à l’apprentissage et considérant les coûts possibles d’une telle intégration ces technologies, nous tenterons de dresser un portrait global de la situation de l’impact futur des TIC en éducation.

D’une part, concernant l’impact sur l’apprentissage, la réalité observée est-elle différente de celle décrite par le gouvernement? Les recherches que nous avons effectuées ont montrées que l’intégration du numérique dans les classes peut avoir des impacts positifs, comme une augmentation de la motivation (KARSENTI, 1997) et une augmentation de l’interactivité de classe (CLAAC, 2015), tout comme elle peut avoir des impacts négatifs, comme l’augmentation de la charge de travail et des facteurs de distractions, tel que dit par Thierry Karsenti, cité par Nathalie Côté (2012). D’autant plus, l’intégration des TIC dans le milieu scolaire peut avoir des conséquences tant au niveau social, mental ou physique (BIRON et BOURASSA DANSERAU, 2011).

Par la suite, nous nous sommes penchés sur l’adaptation des enseignants, des élèves et de l’établissement à l’avènement de nouvelles technologies dans le domaine de l’éducation. L’enjeu ici est le fait que la technologie évolue rapidement, constituant une épreuve pour toutes les institutions où les méthodes pédagogiques se doivent de demeurer pertinentes et mises à jour. (KARSENTI, 2013).  À ce moment, comment doit-on intégrer des TIC constamment changeantes, tout en s’assurant qu’elles soient bénéficiaires aux institutions scolaires? Par exemple, cette vidéo de Google montre ce que la compagnie décrit comme le futur de l’enseignement dans les écoles. Elle nous présente par ailleurs les outils de communications qui permettront peut-être de meilleures connections entre les étudiants et les enseignants.

D’autre part, concernant l’aspect économique de l’implantation de TIC en éducation, de nombreuses personnes soulignent les coûts à prévoir. Cependant, il faut nuancer l’importance accordée aux coûts, car ceux-ci sont des investissements (KARSENTI & LAROSE, 2001) de ne sont donc pas des dépenses. De plus, les TIC permettent dans certains cas des économies, pensons aux papiers, et une augmentation de l’efficacité (rentabilité) tel que rapporté dans un reportage de Radio-Canada (PAPILLON, 2015). Enfin, il faut se demander quels pourraient être les impacts de l’intégration de TIC en éducation sur l’économie québécoise.

Afin de compléter notre recherche, nous avons également pu monter une entrevue avec une employée de notre cégep : Mme Geneviève Blais, conseillère pédagogique TIC. Elle nous a consacré 45 minutes de son précieux temps, a répondu à nos questions dont certaines  nous ont permis d’approfondir notre recherche.

En conclusion, cette section du blogue vous permettra dans découvrir peut-être d’avantage sur le futur de l’enseignement au Québec et sur les défis que les jeunes québécois et leurs enseignants devront affronter dans (peut-être) quelques années.

Marie-Claude Légaré

Gabriel Pyton

Julien Sauvageau

Médiagraphie commune à l’équipe:

BIRON, Jean-François, Catherine BOURASSA DANSEREAU. Les préoccupations et les impacts associés à l’utilisation d’Internet dans les milieux des jeunes d’âge scolaire, [En ligne], 1 eéd., Montréal, Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, 2011, 46p., dans santémontréal (Page consultée le 18 février 2015 )

CEFRIO, «La mobilité au Québec en 2014 : plus de 75% des 18-44 ans disposent d’un téléphone intelligent», dans Salle de Presse, Cefrio ,[En ligne], http://www.cefrio.qc.ca/salle-presse/communiques/mobilite-quebec-2014-plus-75-des-18-44-ans-disposent-telephone-intelligent/ (Page consultée le 21 avril 2015)

CEFRIO. Génération C : Les 12-24 ans- Moteurs de transformation des organisations – Rapport Synthèse, [En ligne], 2009, http://www.cefrio.qc.ca/media/uploader/rapport_synthese_generationc_final.pdf (Page consultée le 15 avril 2015)

CLAAC.CLAAC : Les classes d’apprentissage actif, [En ligne], http://claac.org/ (Page consultée le 21 avril 2015)

CÔTÉ, Nathalie. «Tableau blanc interactif : l’impact sur la réussite n’est pas démonté, selon les chercheurs», Le Hiffington Post Québec, 8 mai 2012 [En ligne], http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/05/08/tableau-blanc-interactif-impact-reussite_n_1499064.html (Page consultée le 27 mars 2015)

CRICHTON, S., PEGLER, K. & W. DUNCAN (2012). Personal Devices in Public Settings: Lessons Learned from an iPod Touch/iPad Project. Electronic Journal of e-Learning, vol. 10, no 1, p.23-31.

DE ABREU, David. « FUN EN 2015 », école virtuelle gratuite, [En ligne], http://ecolevirtuellegratuite.fr/2015/01/fun-en-2015/#more-1469 (Page consultée le 30 mars 2015)

DEGLISE, Fabien. «Étude- Technologie à l’école : les étudiants sont moins enthousiastes que leurs professeurs», 10 octobre 2012 [En ligne], http://www.ledevoir.com/societe/education/360990/technologie-a-l-ecole-les-etudiants-sont-moins-enthousiastes-que-leurs-professeurs (Page consultée le 27 mars 2015)

DESPATIE, Anne-Louise. « Un robot pour aider Nadine à suivre ses cours », ICI Radio-Canada, [En ligne], http://ici.radio-canada.ca/regions/Montreal/2015/03/24/005-robot-ecole-eleve-cancer-marguerite-bourgeoys.shtml (Page consultée le 30 mars 2015)

GODEAU, Rémi et Jacques-Olivier MARTIN. Quel avenir pour la nouvelle économie, Paris, 2001, éd. Phare international, p. 125 (Phare)

GONG, Z. et J. D. WALLACE (2012). A Comparative Analysis of iPad and Other M‐learning Technologies: Exploring Students’ View of Adoption, Potentials, and Challenges. Journal of Literacy and Technology, Vol. 13, no 2. Disponible sur internet : http://www.literacyandtechnology.org/ v13_2/jlt_vol13_2_wallace.pdf (consulté le 13 mai 2013)

KARSENTI, Thierry. « Comment le reccours aux TIC en pédagogie universitaire peut favoriser la motivation des étudiants : le cas d’un cours médiatisé sur le web », Cahiers de la recherche en éducation, [En ligne], vol. 4, no 3 (1997), p. 455 à 484, dans Érudit (Page consultée le 20 février 2015)

KARSENTI,Thierry et François LAROSE, dir. Les TIC… Au Coeur des Pédagogies Universitaires, Sainte-Foy, 2001, Presses de l’Université du Québec, p. 260

KARSENTI, Thierry. «Impact des TIC sur l’attitude, la motivation et le changement dans les pratiques pédagogiques des futurs enseignants », La profession d’enseignant aujourd’hui, [En ligne], (2004), p. 187 – 205, dans CAIRN (Page consultée le 23 février 2015)

Thierry KARSENTI et Aurélien FIEVEZ, L’iPad à l’école : usages, avantages et défs, [En ligne], 9 décembre 2013, http://karsenti.ca/ipad/rapport_iPad_Karsenti-Fievez_FR.pdf (Page consultée le 3 mars 2015)

PAPILLON Mathieu,Travailler sans papier, ni crayon, [En ligne],http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2015/01/29/005-androide-trois-rivieres-bannir-papier-crayons.shtml (Page consultée le 3 mars 2015)

QUEBEC INTERNATIONAL, http://www.quebecinternational.ca/industries-cles/tic-electronique/presentation (page consulté le 23 avril 2015)

Réseau d’informations scientifiques du Québec, RISQ, Colloque RISQ 2013 – Débat Éducation et infonuagique : la technologie et la loi, [s.l.], 2014, 1:04:14, couleur, [En ligne] https://www.youtube.com/watch?v=LRWEgKNTX98&feature=youtu.be (page consultée le 2 mars 2015)

SHAFFER, Marie-Eve. «L’école à l’ère des nouvelles technologies», Journal Métro, 11 juin 2014 [En ligne], http://journalmetro.com/actualites/national/509319/lecole-a-lere-des-nouvelles-technologies/ (Page consultée le 27 mars 2015)

Les «surdoués» des TIC

«Ils sont dont bien bons, les jeunes, avec la technologie!», une phrase que tous les membres de ma génération et les suivantes ont sûrement entendue à maintes reprises. Et pour cause, tous les facebook, twitter et Snapchat de ce monde ont su s’implanter massivement dans le quotidien des jeunes. C’est sans parler des Clash of Clan, Candycrush et Trivia Crack qui nous font «perdre notre temps» à longueur de journée. Mais, qu’en est-il lorsque l’on transpose les technologies dans le milieu scolaire? Les jeunes sont-ils toujours des «surdoués» des TIC?

Notre article précédent montre les différentes dimensions du sujet dont il sera question. En ce sens, la dimension qui m’a été attribuée a été celle de la pédagogie. Dans cette dimension, je tenterai de comprendre si la réalité observée est représentative de ce qui est décrit par le gouvernement. Ainsi, quels sont les impacts du numérique sur l’apprentissage? Quelles sont les difficultés rencontrées par les élèves? Les profs? Quels sont les impacts sur la charge de travail?  Les élèves ont-ils réellement une motivation accrue? Comprennent-ils mieux?  Accordent-ils plus d’importance aux supports utilisés ou au contenu? Toutes des questions auxquelles je tenterai de répondre.

En ce qui a trait à cet article, comme l’introduction en fait mention, il sera question de comprendre les difficultés qui peuvent être rencontrées par les élèves lorsque les cours intègrent les technologies.

Premièrement, comme il a été précisé précédemment,  52.3% des adultes québécois possédaient un téléphone intelligent en 2014 (CEFRIO 2015). Cependant, la même firme de statistique présente que cette proportion était de 73%  chez les 18-34 ans et  de 39% chez les 12-17 ans (CEFRIO, 2009). Autrement dit, ce ne sont pas seulement les adultes qui sont connectés, mais surtout les jeunes des générations «Y» et «C». Ainsi, il n’est pas faux d’affirmer que les jeunes peuvent être vus comme plus expérimentés que les adultes dans ce domaine. Surtout que 25% des 2020 jeunes interviewés disent passer plus de 20 heures sur Internet (CEFRIO, 2009). Cependant, les problèmes surviennent principalement lorsque les jeunes sont confrontés à la partie des technologies qu’ils ne connaissent pas.

Effectivement,  la plupart de jeunes utilisent principalement le numérique pour socialiser (BIRON et BOURASSA DANSEREAU, 2011). Une affirmation qui fut confirmé par les jeunes eux-mêmes. En effet,  toujours selon le rapport synthèse de 2009 de Cefrio, 74% des jeunes de 12 à 17 ans affirment  avoir clavardé avec leurs amis et 51% disent avoir visité les réseaux sociaux au cours du dernier mois.

Les jeunes technohttp://36.media.tumblr.com/9686fc982ff99b8faf45290ce3220c55/tumblr_mnh121HEWa1st5lhmo1_1280.jpg

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Ainsi, les jeunes socialisent, on le sait, ils sont constamment sur leur(s) appareil(s) électronique(s) et c’est précisément ce qui pousse les adultes à croire que ceux-ci connaissent bien le numérique comme le confirme Mme Geneviève Blais, conseillère pédagogique TIC que nous avons interviewée afin de compléter notre recherche. Toutefois, il en est légèrement différent lorsqu’il s’agit des technologies en éducation.

Véritablement, lorsque l’on demande aux jeunes de se noter sur leurs capacités à utiliser les logiciels utilisés dans les classes, 83% se disent être à un niveau 4 ou 5  (1 étant nul et 5 étant très bon) lorsqu’il s’agit d’un logiciel de traitement de texte et 93% se disent à ce niveau  pour l’utilisation des moteurs de recherches (CEFRIO, 2009). Cependant, mon expérience personnelle m’a montré une toute autre réalité. En effet, en secondaire 5, mon professeur de mathématiques, qui aimait bien nous déboussoler dans ses cours, nous a donné un projet à faire. Le but de ce projet était de présenter une recherche en suivant les normes de présentation  qui sont en vigueur au niveau collégial (page de présentation, note de bas de page, table des matières automatiques, numéros de pages. etc). Il fallait donc faire une recherche à saveur mathématique en plus d’une recherche sur la présentation d’un travail. Nous avons ainsi compris que le but n’était pas vraiment la rechercher mathématique, mais plutôt de nous faire comprendre que, bien que l’on se pense très bons dans le domaine, on ne l’est pas tant que ça! En somme, l’expérience a été pénible pour moi (et probablement pour certains de mes camarades), mais nous a fait réaliser que les jeunes ne sont pas aussi bons qu’ils le prétendent avec le numérique.

Ainsi, cela peut avoir un impact sur l’apprentissage des jeunes. Effectivement, un manque d’autonomie par rapport aux TIC peut occasionner une baisse de la motivation en classe (KARSENTI, 2004). Ce problème devient d’autant plus important lorsque l’enseignant lui-même a des difficultés à aider ses étudiants comme le montre la vidéo suivante mise en ligne par Brent Hollers :

En conclusion, comme le précise Marie-Êve Shaffer (2014), les meilleurs résultats sont obtenus lorsque l’enseignant accompagne les élèves sur les technologies. En ce sens, il faut donc, selon moi,  commencer par détruire les fausses croyances selon lesquelles les jeunes sont des «surdoués» des TIC et mieux former les enseignants désireux d’intégrer les technologies dans leur classe afin qu’ils puissent mieux accompagner leurs élèves.

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Une application pratique de TICE, d’un point de vue des coûts

Une application pratique de TICE

Toujours dans le but d’approfondir l’aspect plus économique de notre thème plus large, des exemples d’intégration de TICE et de leurs coûts seront mis en contexte.

Voyons d’abord le cas d’une jeune étudiante de l’école Dorval Jean XXIII. Cette jeune étudiante qui a été atteinte d’une leucémie est présentement en rémission. Cependant, elle ne peut pas sortir de chez elle, étant encore dans un état de santé fragile. Afin de fournir à leur élève la meilleure éducation possible, sans toutefois que celle-ci puisse être présente physiquement dans leur établissement d’enseignement, le directeur et la commission scolaire ont décidé d’offrir à l’élève en question la chance d’avoir une sorte de drone qui à l’aide de capteurs permet la communication entre la salle de classe et la demeure de la jeune fille (DESPATIE, 2015). Ce petit robot qui envoi son et image de la salle de classe à l’ordinateur de l’élève permet aussi à celle-ci de communiquer en retour.

Le fameux robot en action :

Légende : Une version du robot que l’étudiante utilise. La compagnie ayant produit ce robot vante les mérites de leur appareil (en anglais).

Des impacts positifs relevés serait que cela lui permet d’étudier à temps plein son niveau scolaire et ce, simplement à partir de la maison. Si l’on en vient à l’aspect économique, ce robot coûte 7 000$ et est payé par la commission scolaire. Cette somme peut sembler grande, il est donc essentiel de la mettre en perspective. Si l’on désire offrir de l’enseignement à distance, deux options classiques sont offertes : les cours par correspondance (en ligne ou par la poste) et avoir un tuteur privé.

Si l’on considère les cours en lignes, ceux-ci requièrent souvent beaucoup d’autonomie de la part des élèves ont malheureusement une certaine réputation d’être une éducation plutôt incomplète (KARSENTI & LAROSE, 2001). L’autre option traditionnel, les tuteurs, a bien meilleure réputation, probablement dû au contenu plus humain et personnalisé du cours. Il a cependant comme point faible d’être beaucoup plus dispendieux, puisqu’il faut payer cet enseignant personnel. À titre indicatif, différente compagnie de la ville de Montréal offrent des services de tuteur et le prix du tuteur irait de 17 à 39$ par heure (http://www.simplyhired.ca/job/dnazvg74ay) (http://www.successcolaire.ca). Si l’on suppose que le tuteur enseigne 4h par jours durant l’année scolaire, alors celui-ci coûtera entre 12 240 et 28 080$ par année par élève. Maintenant, si l’on considère la solution du robot qui permet d’assister aux cours à distance et que l’on la compare aux deux autres, le robot semble éviter le préjugé d’éducation «à rabais» tout en restant une solution compétitive comparée au tuteur privé. Dans ce cas pratique il semble que la technologie permette une mesure d’aide exceptionnelle envers une élève dans le besoin et permet d’avoir un sain équilibre entre efficacité et coûts.

D’après moi, dans ce contexte précis, l’utilisation de TIC en éducation était totalement justifié. Il permet un compromis entre un besoin d’équité sociale et d’efficacité. Cela assure un juste équilibre et favorise l’éducation. Je pense aussi que ce cas peut être généralisé, c’est à dire que si la technologie a pu être intégré de manière utile et rentable pour la société, elle pourra aussi l’être dans d’autres situations. La seule condition est qu’il fasse intégrer ces technologies avec une claire conscience de leur avantages et inconvénients, maximisant les premiers et minimisant les derniers.

Gabriel Pyton

Des impacts des TICE sur l’économie québécoise

Des impacts des TICE sur l’économie québécoise

De nos jours, l’économie préoccupe énormément les gens. Il n’est donc pas étonnant que lorsque l’on parle d’intégrer des technologies, que ce soit en éducation ou dans tout autre secteur publique, les gens soient alarmé. Toutefois, intégrer des technologies en éducation pourrait ne pas être si mauvais pour l’économie québécoise. En effet, l’intégration des TIC (technologies d’information et de communication) en éducation pourrait être fort utile pour le Québec, car cela rendrait sa population plus compétitive sur le marché de l’emploi et pourrait même devenir encore plus compétitif sur le marché des TICE (TIC utilisée en éducation).

D’abord, en utilisant des TICE pour la formation de ses travailleurs, le Québec permet à ceux-ci de se familiariser avec un environnement technologique qui pourrait fort bien devenir le milieu de travail du futur : un milieu de travail sans papier ou crayon et rempli d’ordinateurs (PAPILLON, 2015). Ce type de formation permet aussi une nouvelle approche éducative par rapport à la relation élève-enseignant (KARSENTI & LAROSE, 2001) qui pourrait possiblement tirer profit du fait que dans notre nouvelle économie, la valeur ne provient plus de la rareté, mais de l’abondance de l’information (GODEAU & MARTIN, 2001) et favoriser une formation un peu plus autonome des étudiants, un peu à la manière du FUN (Centre de formation en ligne gratuit en France) (DE ABREU, 2015). Cette façon plus indépendante d’apprendre pourrait s’avérer très utile dans un monde où les technologies changent rapidement et où il faut constamment se remettre à jour sur les technologies plus récentes. En bref, il serait avantageux pour la main d’oeuvre, élément essentiel de toute économie, de maitriser les TIC, car cela leur permettrait de pratiquer de la formation continue et de rester à jour quant aux exigences du marché du travail.

De manière plus générale, le Québec bénéficierait de l’intégration de TICE, car cela permettrait à des entreprises québécoises de vendre ces produits éducatifs, souvent appelés «plate-forme technologiques» ou «environnement de cours» (KARSENTI & LAROSE, 2001) sur le marché internationale, augmentant ainsi les exportations. Évidemment l’affirmation précédente implique que les solutions informatiques qui seraient achetés par le système d’éducation soit québécoise, mais plusieurs raisons appuient cette hypothèse. Une première raison de croire cela est que le Québec est déjà un acteur important du domaine des TIC et des hautes technologies qui sont connus pour leur forte croissance : ce secteur a cru deux fois plus vite que l’ensemble des autres entre 1998 et 2008 (QUEBEC INTERNATIONAL, 2015). Aussi, l’environnement légal particulier du Québec est idéal pour faire de lui un innovateur du domaine des TIC et TICE. En effet, pour le meilleur et pour le pire, notre province c’est doté de lois sur la protection des données personnelles. Ces lois font en sorte que les écoles ne peuvent pas simplement utiliser les «clouds storage» des grandes multinationales américaines comme Google ou Microsoft : car ces compagnies sont soumises à des lois de leur pays d’origine, garantissant à celui-ci l’accès aux données qu’elles possèdent (RISQ, 2013). Les écoles doivent donc faire appel à des produits venant très souvent d’Europe ou du Canada. Or, en considérant tout ces facteurs, l’on réalise que le marché des TIC est important au Québec et que les lois locales éliminent des géants qui seraient normalement des concurrents naturels. Cela laisse donc plus de place au Québec dans le marché de TIC.

Un tableau du gouvernement du Québec montrant l'investissement
Un tableau du gouvernement du Québec montrant l’investissement

Le tableau précédant Source (gouvernement du Québec) montre clairement que les TIC sont un secteur dominant de l’industrie, regroupant 33% de l’investissement. Évidemment, le taux de croissance des technologies «autres» attire l’attention, toutefois, l’on peut attribuer leur importance à une monté subite de se domaine et non à une croissance normale qui se reproduirait.

Si l’on revient maintenant sur la question d’exportation des TICE, pourquoi le Québec serait-il probablement exportateur s’il se lance dans la production? La réponse est fort simple : d’abord, comme déjà mentionné, il occupe déjà une place dans ce domaine, mais aussi, le coût de mise en marché de produits électroniques est très faible une fois que ceux-ci ont été développés. De plus, lorsque l’on parle de réseau, plus le nombre d’utilisateur est grand, plus ce réseau est puissant (GODEAU & MARTIN, 2001), ce qui veut donc dire que si un groupe adopte une certaine méthode, des groupes similaires choisiront cette même méthode pour profiter d’une technologie ayant faite ces preuves. C’est ce qui semble être le cas de la technologie «Omnivox» créé par le groupe Skytech dans le réseau Collégial québécois.

Enfin, concernant la question des coûts en temps que tel des TICE dans le système scolaire québécois, il faut considérer la différence entre investissement et dépense. L’achat de matériel physique constitue un investissement, et de ce fait, lorsque l’on considère faire ce type d’achats il faut répartir les coûts du matériel sur le nombre d’années que celui-ci devrait servir. Cela permet d’obtenir un prix plus raisonnable, toutefois, comme relevé par la conseillère TIC du Cégep Gérald-Godin, parfois l’achat de matériel nécessite souvent aussi l’embauche d’un technicien pour s’occuper du matériel. Ce nouvel employer peut rapidement devenir, au fil des années, une dépense plus grande que le coût des produits qu’il doit surveiller, puisque son salaire sera constant, voire, même, augmentera! Ainsi, lorsqu’il est décidé d’acheter des technologies, de tels facteurs sont en considération. Un autre chose prise en considération est l’utilité que ces technologies auront. L’une des mes collègues propose justement un article à ce sujet. Pour ma part je dirais simplement que ce n’est pas tant l’utilité réelle que les technologies auront mais leur apparence d’efficacité qui incite les écoles à se les approprier. La nuance est énorme, car vers 1970, au Québec, des universités avaient tenté de se moderniser, mais leur tentative s’est avérée inefficace tout en coutant cher (KARSENTI & LAROSE, 2001). Cet échec relativement récent nuirait à la perception que les universités peuvent avoir de l’intégration de TIC dans leurs installations, craignant peut-être d’autres dépenses plus ou moins utiles. Par ailleurs, il faut noter que certaines technologies sont gratuites tels que les logiciels libres de droits et l’accès à la plupart des sites Internet (frais de connexion exclus).

Mon opinion sur les TICE est que celles-ci me semblent très intéressantes pour la formation de main d’oeuvre de qualité et qu’elles pourraient possiblement devenir un domaine d’expertise internationale reconnu. Il me semble apparent que l’utilisation de TICE peut être coûteux, cependant, je pense que si cela est bien géré ces technologies peuvent s’avérer très rentables et même économes et écologiques si nous considérons leurs effets, par exemple l’économie de papier.

Gabriel Pyton