L’exemple parfait d’une conscience écolo

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Visite à la Maison du développement durable

Quand je me suis aventurée dans l’univers des habitations écologiques, j’ai découvert tout un amalgame de termes spécifiques comme certification LEED, Novoclimat 2.0, certification Living Building Challenge ou encore Passivhaus. Pour Monsieur et Madame Tout-le-monde, dont moi-même, il n’est pas très évident d’associer à ces différents concepts écologiques une image. Ça, c’est clair. Sans grandes connaissances sur le sujet, on pourrait s’imaginer qu’une maison verte est plutôt banale ou même peut-être laide. Honnêtement, il y a environ deux mois, je n’avais aucune idée de ce à quoi pouvait bien ressembler une maison écologique. Pour bien m’immerger dans l’univers des bâtiments écologiques, je me suis aventurée au coin du boulevard Saint-Laurent et de la rue Sainte-Catherine pour visiter la Maison du développement durable (MDD), premier bâtiment certifié LEED® Platine Nouvelle Construction au Québec (http://lamdd.org). Je me suis fiée au fameux proverbe « une image vaut mille mots ». La visite de la MDD m’a permis de me faire une image beaucoup plus concrète d’un bâtiment écologique.

La MDD certifiée LEED Platine

Depuis son ouverture, la MDD a économisé 297 030 $ en énergie grâce à toutes ses innovations qui lui ont assuré une certification LEED. C’est en me promenant un peu partout dans la MDD que j’ai découvert toute la complexité derrière une certification LEED. Ils n’ont assurément pas obtenu leur plaque LEED dans une boîte de céréales. La certification platine se base en fait sur un système de pointage sur 70 points. Pour être platine, le score minimum doit être de 52. La MDD, petit bijou montréalais, si vous voulez mon avis, a obtenu un score de 59 points! Tout un exploit! La MDD était primordialement un rêve de 27 millions de dollars qui animait les employés et les bénévoles d’Équiterre (Corriveau, 2013). Une architecture socialement et écologiquement engagée, voilà ce que représente la MDD. Le Conseil du bâtiment durable du Canada, mandataire de la certification LEED, impose toutefois une certaine ligne de conduite qui s’appuie sur six concepts bien définis (Conseil du bâtiment durable du Canada) :

  1. Aménagement écologique du site;
  2. Gestion efficace de l’eau;
  3. Énergie et atmosphère;
  4. Matériaux et ressources;
  5. Qualité de l’environnement intérieur;
  6. Innovation et processus de design.

En me promenant sur le site, j’ai observé cet énoncé suivant : « Les bâtiments sont responsables de 35 % des émissions canadiennes de GES.» (La maison du développement durable). Rappelons-nous que je vous propose des solutions réalisables pour s’éloigner du pétrole et, de manière plus générale, afin de réduire votre empreinte écologique. Chacune de ces six catégories (ou presque) est reliée avec cette volonté de minimaliser, le plus possible, la consommation d’énergie polluante en se tournant vers différentes stratégies écologiques. La MDD met en œuvre cette idée innovatrice de sorte d’inspirer et de devenir un bâtiment exemplaire.

Parlons un peu plus en détail des stratégies utilisées par la MDD. Dans l’enceinte du bâtiment, il y a des tableaux électroniques interactifs qui informent le public de ses atouts écologiques visant un avenir basé sur l’idée du développement durable. Je ne veux pas vous assommer avec des statistiques et du charabia incompréhensible, mais je considère important de vous parler de quelques techniques écologiques innovatrices qu’on retrouve dans la MDD. Je m’en tiens aux éléments qui m’ont le plus marqué, c’est promis! Même si la géothermie n’est pas très courante au centre-ville principalement parce qu’elle nécessite de creuser à 153 mètres de profondeur sous la fondation d’un bâtiment, la MDD est dotée de 28 puits verticaux qui assurent 100 % des besoins en climatisation et, pourcentage encore plus impressionnant à mes yeux, un gros 88 % des besoins en chauffage!

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Capsule interactive sur la géothermie

 

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Les grandes fenêtres à triple vitrage de la MDD

Pour diminuer les besoins énergétiques nécessaires à l’éclairage, la MDD est dotée de fenêtres à triple vitrage. Grâce à celles-ci, la MDD réduit au minimum les pertes de chaleur et optimise l’entrée de la lumière naturelle. Il y a aussi l’eau de toilette jaune, devant laquelle les gens restent perplexe au début, à un point tel que l’administration a été obligée de mettre un écriteau affichant ceci :« Ne tirez pas la chasse d’eau inutilement! L’eau est jaune, car il s’agit de pluie récupérée du toit végétal. » Particulier, mais tout à fait brillant. Alimentées à l’eau de pluie, ces toilettes économisent 300 000 L d’eau potable par année.

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Le mur biofiltrant

Un autre élément plutôt marquant est le mur végétal biofiltrant. Ce n’est pas juste beau ce petit mur-là, c’est performant ! En effet, l’imposant mur composé de végétaux, que l’on ne peut manquer dès l’entrée du bâtiment, participe à la gestion de l’air. Il aide à filtrer l’air en diminuant entre autres la quantité de C02 dans la MDD. Ce mur diminue de près de 300 ppm (parties par million) la quantité de CO2 dans l’air ambiant. J’ai promis de ne pas vous noyer sous tous ces renseignements, mais je ne peux finir mon article sans mentionner la terrassasse ! La MDD ne serait pas aussi parfaite sans son toit vert. Le toit vert, muni d’un superbe espace-terrasse est principalement recouvert d’un total de 14 variétés de Sedum (très populaires

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Mur des matériaux utilisés pour la construction de la MDD

dans les petits terrariums), des plantes qui sont légères et qui ne demandent pas d’arrosage. Le toit vert absorbe jusqu’à 23 000 L de pluie qui sont réutilisés plutôt que d’être absorbés par les réseaux d’égouts de la ville. Les stratégies de la MDD s’étendent aussi plus loin. Environ 40 % des matériaux utilisés pour construire la MDD ont été produits localement, soit à l’intérieur d’un rayon de moins de 50 km. Une belle initiative qui a encouragé l’économie québécoise, mais qui a aussi aidé à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) engendrés par le transport des matériaux qui ont servi à la construction (La maison du développement durable).

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Le toit vert recouvert de Sedum au mois d’Avril

 

 

 

 

La MDD r20150421_161752egroupe plusieurs membres qui se préoccupent de l’avenir de notre planète. J’ai eu la chance d’observer quelques bureaux et même d’entrer dans le bureau de la Fondation David Suzuki. 20150421_164154Parmi les membres ayant pignon sur rue à la MDD, on compte Équiterre, Amnistie Internationale, ENvironnement JEUnesse, Option consommateur et même CPE Le Petit Réseau Inc. De plus, la MDD offre la possibilité de louer des salles et d’y organiser de nombreuses activités pour le grand public.

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Membres ayant pignon sur rue à la MDD

Si vous êtes dans le coin, soit pour magasiner sur la rue Sainte-Catherine ou pour marcher dans le quartier chinois, prenez quelques minutes pour visiter la MDD. Je vous garantis que vous n’allez pas le regretter. Souvenez-vous que la MDD constitue un idéal dans l’architecture écologique ; toutefois, il existe plusieurs solutions accessibles à tous pour être plus écologique. Il suffit de volonté et d’enthousiasme.

Pour plus d’information sur la MDD, visiter : http://lamdd.org

Pour plus d’information sur la certification LEED, rendez-vous aux sites suivants : http://www.cagbc.org/cbdca/ et http://www.ecohabitation.com/leed/systemes

Andréanne Poulin

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Le pétrole dans nos fruits et légumes

 

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Légumes colorés par Gelinh

 

Vous êtes-vous déjà arrêté pour réellement saisir l’impact écologique que peut avoir le concombre dans votre panier d’épicerie? Un concombre du Mexique, une orange de la Californie, une figue des Antilles, voilà ce que la caissière du IGA de votre quartier place dans vos sacs réutilisables. À quoi bon utiliser ce sac si l’empreinte écologique de nos fruits et légumes est « salissante ». Nul doute, nous sommes tous drogués au pétrole. Toutes les sphères de l’alimentation comme les pratiques agricoles et halieutiques, le traitement, l’emballage ainsi que la distribution contribuent à une empreinte écologique de taille.

Un jardin urbain, Linda de Chicago, USA
Un jardin urbain, Linda de Chicago, USA

Certains considèrent qu’en achetant biologique, ils achètent
« écologique ». Attention, il s’agit ici d’une erreur fréquemment commise! L’agriculture biologique n’utilise ni engrais chimiques, ni pesticides, ni OGM. Toutefois, gardez en tête qu’un aliment certifié biologique peut avoir parcouru des milliers de kilomètres avant d’atteindre votre assiette. Donc, l’aliment ne réduit pas votre empreinte écologique, mais plutôt l’alimente. Pour la majorité des familles, l’option d’acheter biologique n’est pas concevable en raison des prix quand même élevés. Il est vrai que manger santé n’a pas de prix, mais il existe à Montréal même une alternative tout aussi attrayante et à petit prix. Il s’agit de l’agriculture urbaine. À mon avis, c’est le meilleur des deux mondes. Un aliment frais, biologique, local et peu coûteux.

À Montréal, on compte aujourd’hui 128,36 hectares d’initiatives d’agriculture urbaine, dont 107,6 hectares appartiennent à des producteurs locaux, 17,5 hectares sont des jardins communautaires, 2,5 hectares sont l’œuvre d’institutions, d’entreprises et de collectivités et 0,8 hectare est le fruit d’initiatives individuelles. De plus, on compte un total de 369 ruches d’abeilles, résultat de l’apiculture urbaine (Agriculture urbaine Montréal). L’agriculture urbaine est un projet qui gagne en envergure partout autour de la planète visant à faire fleurir le potentiel nourricier des grandes agglomérations (Vivre en ville, 2015). Tout en améliorant l’accès à une alimentation saine, les jardins urbains contribuent à récupérer des déchets organiques par le composte et des eaux pluviales pour l’arrosage. D’un point de vue écologique, c’est aussi une manière de conserver l’environnement et d’embellir le paysage urbain d’espaces verts utiles et producteurs.

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Le transport de nos aliments consomme beaucoup de pétrole ! Par Pixabay

 

Avez-vous déjà remarqué la fluctuation des prix de plusieurs aliments ? Cette fluctuation s’explique principalement par le prix d’achat, mais surtout par les coûts qui se rattachent au transport du milieu producteur aux milieux de vente. Il s’agit en fait du concept de kilométrage alimentaire, c’est-à-dire le nombre de kilomètres parcourus avant d’arriver dans nos assiettes. Si le pétrole connaît une inflation majeure spontanée, chose commune de nos jours, alors le prix des framboises et des fraises seront directement touchés. L’agriculture urbaine permet d’instaurer une sécurité alimentaire que l’agriculture internationale n’offre pas aux Québécois. Une assurance qui est très bénéfique, en particulier pour les familles à faibles revenus. Le mouvement d’agriculture urbaine assure l’instauration d’une souveraineté alimentaire. Je m’explique, un Québec souverain au niveau de l’alimentation est responsable de ses politiques alimentaires. Cela a pour but de protéger l’agriculture intérieure face aux importations internationales qui sont moins onéreuses que la production locale. Déjà en 2009, on comptait les importations agricoles à 4,7 milliards de dollars, une augmentation de 86 % en 10 ans. Un chiffre qui choque, surtout lorsque l’on sait qu’au moins 55 % de notre assiette provient d’ailleurs (Allard, 2011). Personnellement, je m’engage à commencer l’agriculture urbaine, du moins pendant l’été.

En plus d’encourager l’économie locale, les jardins urbains, les toits verts et les autres initiatives agricoles inspirantes s’accompagnent de plusieurs avantages sociaux et environnementaux. Un sac de fruits congelés provenant du Chili signifie plus de 8 000 km d’émissions de gaz à effet de serre, du pétrole utilisé pour l’emballage et aucun avantage sur le plan social comme l’aide visant à contrer la pauvreté, la réinsertion sociale et professionnelle et l’intégration des nouveaux arrivants (Ruby, 2012).

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Agriculture urbain en pot et par parcelles, par Lamiot

Évidemment, au Québec, pendant le mois de janvier, alors qu’il fait -30 °C, les fraises ne se pointent pas le bout du nez! C’est le seul inconvénient qui se rattache à l’agriculture urbaine au Québec. Si l’on décide de s’approvisionner en fruits et légumes par l’entremise de producteurs locaux l’hiver et de son propre jardin l’été, on doit apprendre à apprécier les fruits et légumes saisonniers. C’est un petit prix à payer pour participer à l’établissement d’une dynamique alimentaire viable et à long terme. Il existe une vitrine interactive qui réunit la communauté des jardiniers urbains pour la région de Montréal. Il s’agit de la vitrine de l’Agriculture urbaine à Montréal.

Progressivement, le rôle de l’agriculture urbaine se manifeste dans la planification de l’aménagement du territoire urbain ainsi que dans les stratégies et les politiques municipales. Il existe un comité du travail en agriculture urbaine avec lequel plusieurs organismes, comme le Conseil régional de l’environnement de Montréal et le Regroupement des éco-quartiers, cherchent à sensibiliser et à aider les Montréalais à maintenir l’engouement qu’engendre le phénomène d’agriculture urbaine (Ville de Montréal).

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Des alternatives écologiques pour un Québec vert, par Pixabay

Je trouve qu’il est difficile de rester stoïque lorsque nous sommes confrontés au réchauffement climatique et à notre dépendance malsaine au pétrole. Semer, planter et récolter. Je m’y engage avec enthousiasme et détermination. Je ne vois aucun inconvénient à réduire mon empreinte écologique et à connaître, en tout temps, la provenance de mes fruits et légumes. Cette possibilité s’offre à tous : potager, jardins suspendus, jardins en pots, jardins communautaires. Quant à ces derniers, la Ville de Montréal a instauré quelques règlements pour encadrer le mouvement de l’agriculture urbaine, qui gagne en popularité, pour en assurer la bonne et saine gestion, à savoir (Ruby, 2012):

  • Payer une cotisation annuelle qui varie en général de 2 à 20 $.
  • Planter avant une date fixée à l’avance, souvent entre le 1er et le 15 juin.
  • Entretenir régulièrement son jardinet et les allées adjacentes.
  • Contrôler les ravageurs, maladies et mauvaises herbes par des moyens écologiques.
  • Ne pas cultiver certaines espèces qui prennent trop d’espace, qui sont trop grandes ou qui génèrent des problèmes d’insectes ou de maladie : par exemple, les grands tournesols et les maïs font de l’ombre aux voisins et les pommes de terre attirent les insectes.
  • Nettoyer son jardinet à la fin de la saison, en général au plus tard entre le 15 octobre et le 1er

Allez-y semez, plantez et récoltez ! Et en prime, vous ferez le plein de vitamine D!

Pour visionner un court documentaire sur l’agriculture urbaine  cliquez  ici !

Andréanne Poulin

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Portrait d’Andréanne Poulin

Salut ! Bienvenue sur mon profil du  blogue Tous drogués au pétrole. Je me présente, je m’appelle Andréanne. J’en suis maintenant à ma troisième et dernière année au Cégep Gérald-Godin. Je suis plus que prête à entreprendre ma prochaine aventure ! Mon passage au Cégep m’a permis de découvrir qui je suis et surtout qui je veux devenir. Je vous écris dans le cadre de mon projet de fin de DEC en sciences humaines. Un projet qui m’a fait découvrir une problématique alarmante et qui a développé ma conscience écologique. J’espère que ce que je partagerai avec vous saura en faire autant !

Au plaisir de partager avec vous une parcelle de mon univers à moi,

Andréanne Poulin

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