Le TDAH: des coûts élevés pour la société.

Dans le cadre de notre projet, nous allons explorer les effets d’une personne atteinte d’un trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), considéré comme étant « le trouble le plus répandu dans la population enfantine » (AQNP, 2014), sur l’économie. Pour être sur de bien comprendre cette discipline, Raymond Barre, un économiste français, la décrit comme suit : « la science économique est la science de l’administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l’aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et illimités » (Raymond Barre, 1997). Dans le cas de notre projet, les jeunes atteints du TDAH sont contraints à une aide limitée, que ce soit une aide psychologique, éducative, sociale, etc. La dimension économique évalue ce que cette aide limitée a comme impact sur la société, en mesurant ces divers impacts à l’aide d’indicateurs économiques. Ces indicateurs, basés sur des calculs mathématiques recherchés, nous aideront à obtenir des résultats clairs et précis.

La grande présence de gens diagnostiqués du TDAH connait des conséquences économiques importantes. En effet, cette maladie « coûte des milliards de dollars chaque année en perte de productivité ». Selon le CADDAC (Centre for ADHD Awareness, Canada), une organisation nationale qui a pour rôle de promouvoir le leadership en éducation, « [l]es pertes estimées au Canada atteindraient 6 à 11 milliards de dollars en raison des pertes de productivité en milieu de travail » (CADDAC, 2013). De plus, le TDAH augmente considérablement les frais de santé et les coûts de l’éducation, puisque les gens atteints de la maladie doivent fréquemment consulter un médecin et doivent faire recours à des centres d’aide à la réussite en milieu scolaire. Les coûts en services sociaux sont d’autant plus élevés puisque, étant donné que les gens atteints du trouble de déficit ont de la difficulté à se trouver un travail en raison de leur manque de productivité, ils doivent faire recours à l’assurance chômage payée par le gouvernement.

D’ailleurs, on pourrait faire un lien entre cette vision économique du sujet et le film québécois « Mommy », réalisé par Xavier Dolan. Le film raconte l’histoire d’une mère monoparentale qui reçoit la garde de son fils, un adolescent atteint du TDAH. Cet adolescent, Steve, a des comportements violents et impulsifs et il a de la difficulté à se concentrer dans ses études. C’est alors que sa voisine, Kyla, viendra lui offrir son aide. Ainsi, Steve retrouvera peu à peu un équilibre saint. Cet exemple montre à quel point l’encadrement de l’adolescent est important dans sa réussite scolaire. À l’aide de cette méthode, Steve sera capable de mieux performer à l’école, et ainsi, d’avoir une meilleure qualité de vie. Cette performance scolaire affecte indirectement plusieurs indicateurs économiques : si Steve a de meilleures notes, il aura un plus grand choix d’emploi et sera mieux rémunéré; Il évitera alors d’être sur le chômage et son travail stable lui amènera une saine qualité de vie qui l’éloignera de tout problème de santé.

Source : Mommy le film, [En ligne], http://mommy-lefilm.com/index_fr.html (Page consultée le 29 mars 2015)
Source : Mommy le film, [En ligne], http://mommy-lefilm.com/index_fr.html (Page consultée le 29 mars 2015)
Le garçon sur l’illustration est le personnage de Steve dans le film « Mommy », réalisé par Xavier Dolan.

Pour ceux qui sont plus curieux, voici la bande-annonce officielle du film:

Mon équipe et moi avons passé une entrevue à Marlène De Oliveira, conseillère au service d’aide à l’intégration des élèves (SAIDE) du cégep Gérald-Godin, pour en apprendre plus sur la prise en charge au niveau collégial. Nous croyons que les outils aidant à la prise en charge permettraient d’améliorer les problèmes économiques de que le TDAH cause à la société. Effectivement, le SAIDE a pour mission de soutenir l’intégration de l’élève souffrant du TDAH pour lui permettre de réussir. Cela dit, le SAIDE favorise l’accessibilité à tous aux études supérieures.

Selon moi, si l’éducation a une grande accessibilité au Québec, les jeunes seront plus instruits, donc auront moins de risques d’être sur le chômage ou sur les services sociaux.

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Source : Calculs de RHDCC basés sur les données de Statistique Canada. Tableau 282-0004 – Enquête sur la population active (EPA), estimations selon le niveau de scolarité atteint, le sexe et le groupe d’âge, annuel (personnes sauf indication contraire), CANSIM (base de données).

Comme on peut le voir dans ce graphique, depuis 1990, le nombre de Québécois ayant obtenu un diplôme d’études collégial a augmenté considérablement. Il est de même pour les Québécois ayant obtenu un diplôme au niveau universitaire.

Marjorie Bonnet

Les technologies: une solution aidante pour les enfants atteints du TDAH?

Le trouble de déficit d’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est considéré comme un « trouble neuropsychiatrique » (Valérie Duband, 2013). Cela dit, il est lié à la neuropsychologie et à la psychiatrie. D’une part, la neuropsychologie, issue du champ de la psychologie, est une science qui « étudie la relation entre le cerveau et le comportement humain » (AQNP, 2014), donc il est possible de déterminer d’où proviennent les différentes causes qui engendrent les symptômes de la maladie.  D’autre part, la psychiatrie consiste plutôt en une observation de ce trouble de déficit d’attention chez la personne qui en est atteinte. Par exemple, il se peut qu’un enfant montrant des symptômes du TDAH soit suivi de près par un médecin afin de diagnostiquer sa maladie précisément.

Dans le cadre de notre projet, la dimension psychologique du sujet m’intéresse grandement. Je crois qu’il serait fort intéressant de faire un lien entre cette dimension et l’arrivée subite des technologies dans notre société. En effet, depuis quelques années, elles ont pris une place importante dans le quotidien de la plupart des Québécois. Depuis, cette forte croissance a amené plusieurs avantages, mais aussi plusieurs inconvénients sur certains points. Il reste à comprendre si les différentes technologies sont aidantes ou bien nuisibles pour un jeune souffrant du TDAH.

Que ce soit dans leur vie quotidienne ou à l’école, cette maladie engendre plusieurs conséquences négatives chez les jeunes, dont la désorganisation et le manque de concentration.

Angelo FALLU. Pourquoi le TDAH? L’Espèce Humaine et Contemporaine!, [En ligne], http://www.ampq.org/contentdocuments/adf3186f-7054-d219-67e4bb62c9315e04.pdf (page consultée le 23 avril 2015).
Source: Angelo FALLU. Pourquoi le TDAH? L’Espèce Humaine et Contemporaine!, [En ligne], http://www.ampq.org/contentdocuments/adf3186f-7054-d219-67e4bb62c9315e04.pdf (page consultée le 23 avril 2015).

Voici un graphique montrant la répartition des symptômes du TDAH. Comme on peut le voir, 50% à 75% des gens diagnostiqués du TDAH ont un problème d’inattention et d’hyperactivité.

Pour remédier à ces problèmes, il existe plusieurs outils technologiques qui aident l’individu à organiser son horaire pour éviter qu’il ne manque aucun engagement. Par exemple, les téléphones intelligents et les agendas électroniques sont munis de rappels sonores ou visuels qui informent l’individu juste avant ses rendez-vous. De cette manière, le manque d’organisation de la personne est compensé par les différents outils technologiques qu’il possède. De plus, l’enfant atteint du TDAH a un niveau de concentration plus faible que les jeunes ayant une santé mentale saine. Comme solution, les écouteurs consistent en une technologie efficace permettant à l’individu de créer sa propre bulle de concentration. En classe, un jeune souffrant du TDAH a une plus grande difficulté de concentration, car le système d’éducation a tendance à être standardisé pour tous les élèves (Isabelle Sokolnicka, 2014). Enfin, certains logiciels, comme Antidote ou WordQ, sont à la disposition des élèves afin de les aider à mieux structurer leurs idées dans les travaux qu’ils rédigent et à éviter les erreurs d’orthographe.

Les jeunes atteint de ce trouble doivent êtres pris en charge pour leur permettre d’évoluer avec le plus de facilité possible. Mes collègues et moi avons eu l’idée d’interviewer Marlène De Oliveira, conseillère au service d’aide à l’intégration des élèves (SAIDE) du cégep Gérald-Godin, pour en apprendre plus sur la prise en charge au niveau collégial. Pour faire un lien avec les technologies, nous lui avons posé la question : « Pensez-vous que les nouvelles technologies sont bénéfiques à l’apprentissage d’un élève atteint du TDAH? Si oui, pourquoi? ». Elle a d’abord expliqué que les jeunes souffrants de ce problème mental ont, la plupart du temps, des bris de concentration, c’est-à-dire une période de temps, variable selon les cas, où l’étudiant est incapable de se concentrer. Elle affirme qu’en effet, certaines technologies permettent à l’élève de diminuer sa fréquence de bris de concentration. De plus, les technologies permettent de stimuler leur sens. Le fait d’avoir de plus grands stimuli les incite à se concentrer. Elle explique qu’il est important d’avoir plusieurs entrées de stimuli selon pour les différents sens de l’être humain. Par exemple, les logiciels qui relisent ce que l’étudiant a écrit à l’ordinateur permettent une entrée auditive, l’utilisation de l’ordinateur donne une entrée visuelle, le fait de taper sur le clavier, une entrée pour le toucher, etc. Bref, Mme De Oliveira partage une opinion positive sur l’utilisation des technologies pour l’aide à la prise en charge des étudiants atteints du TDAH.

Source : Marianne Bonnet
Source : Marianne Bonnet

On peut faire un lien entre cette caricature et les idées énoncées plus haut. En effet, cette image donne l’impression que les jeux vidéo et tous les appareils électroniques sont d’une importance telle chez l’enfant qu’ils guérissent sa maladie. Elle met la technologie en valeur et la traite comme un « médicament » pouvant sauver quiconque atteint de ce trouble. Après tous les bénéfices des technologies énumérées plus haut, je crois qu’il serait possible d’affirmer qu’effectivement, les technologies sont d’une grande aide pour certains.

Cependant, les nouvelles technologies peuvent nuire à la concentration de certains individus ayant le TDAH. Les technologies peuvent devenir une distraction visuelle stimulante. Par exemple, la grande présence des réseaux sociaux sur les ordinateurs donne lieu à la procrastination. Ainsi, l’élève sera porté à toujours remettre ses études au lendemain.

Selon moi, pour les étudiants atteints du TDAH, les technologies leur sont beaucoup plus aidantes qu’elles leur sont nuisibles. En effet, les divers outils technologiques permettent à ces jeunes de réussir, comme les autres, malgré leurs difficultés. Je crois que, les outils offerts au centre SAIDE favorise la justice entre les étudiants et une plus grande accessibilité. Je crois aussi que les éléments nuisibles qui ont été abordés ci-haut ne s’appliquent pas seulement aux élèves en difficulté d’attention, mais aussi aux élèves ne présentant pas de trouble mental.

Marjorie Bonnet