Le contenant ou le contenu?

En tant qu’étudiant, il est parfois ardu de suivre des cours. En effet, nombre d’entre nous assistons à de longues périodes tout au long de la journée. Périodes auxquelles nous nous devons d’être concentrés et de suivre le professeur qui explique à l’avant. En ce sens, il est parfois difficile d’être complètement intéressé aux discours des enseignants. Ainsi,  il est à se demandé si les technologies peuvent vraiment avoir un effet positif sur l’attention des élèves aux cours, ou bien s’il serait préférable de s’attaquer directement à la matière présentée.

Comme mentionné à de nombreuses reprises dans ce blogue, la dimension dont je traite est celle de la pédagogie par rapport aux TIC. Par exemple, ma partie du travail est reliée aux facteurs de technologie sur l’apprentissage comme la motivation, les difficultés d’apprentissage, des difficultés dans les méthodes d’enseignement, de la charge de travail que les TIC imposent aux professeurs et aux élèves et plusieurs autres.

Ainsi, dans cet article il sera questions à savoir si la matière de cours est plus appréciée des élèves et des enseignants que la manière dont elle est présentée.

De prime abord, il est nécessaire de comprendre en quoi une motivation accrue pour les cours est importante et comment il est possible d’augmenter la motivation de plusieurs moyens comme l’approche par projet par exemple. En effet, comme le dit Thierry Karsenti dans une recherche de 1997, la motivation est un facteur important de la réussite. Celle-ci est elle-même influencée par plusieurs facteurs, entre autres, l’autodétermination (KARSENTI, 1997), soit la capacité à déterminer nous-mêmes notre façon de faire. Ainsi, lorsque les élèves abordent une approche par projet, par exemple, ils ont tendance à plus s’impliquer dans leurs cours. De plus, l’approche par projet permet également d’acquérir des connaissances puisque celles-ci peuvent être de nature cognitive (la matière, les faits) ou plus tacites (fondée sur l’expérience personnelle) comme nous l’avons appris dans le cours d’Initiation à la Psychologie. Mais, comment l’intégration des TIC dans l’éducation peut avoir un impact sur la motivation des étudiants?

En effet, dépendant du type de support utilisé, il est possible d’attirer l’attention des élèves et de les faire apprendre comme le montre ce reportage de Daphnée Dion-Viens pour le journal de Montréal. De plus, certaines technologies comme les tableaux blancs interactifs peuvent faciliter la diffusion de certains contenus comme le présente Natalie Côté dans un article datant de 2012.

Les «smartboard» en classe

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a2/Interactive_whiteboard_at_CeBIT_2007.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a2/Interactive_whiteboard_at_CeBIT_2007.jpg

Mais qu’en est- il lorsque le professeur lui-même à de la difficulté à utiliser les TIC? Les cours n’en deviennent que plus longs et nous font perdre un temps fou. En effet, en tant qu’étudiante, j’ai parfois vu l’extase d’enseignants et d’étudiant recevant un nouveau «smartboard» dans leur classe, cependant, en même temps que l’excitation des élèves venait la déception de voir l’enseignant qui parvenait à peine à projeter un Power Point sur le nouvel appareil.

En ce sens, est-il vraiment pertinent de vouloir à tout prix utiliser les TIC? En fait, des études menées par les chercheurs de l’Université de Montréal ont montré que malgré le niveau croissant de motivation au début, cette motivation s’estompe rapidement (KARSENTI, cité par Natalie Côté, 2012). Nous ramenant à penser que le contenu de cours et les enseignants intéressants priment sur les technologies. Effectivement, une étude réalisée en 2012, montre que les étudiants de niveau universitaire, bien qu’ils soient, eux aussi, de grands consommateurs de technologies, ils se «plaisent encore à s’exposer à des cours magistraux, surtout s’ils sont intéressants» (DEGLISE, citant les auteurs de la recherche, 2012).

Cour magistral

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fd/SGW-course.jpg/800px-SGW-course.jpg
http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/fd/SGW-course.jpg/800px-SGW-course.jpg

Un autre élément à considérer lorsque l’on cherche à intégrer est le facteur de distraction. En effet (et on le sait), dès que le prof devient moins intéressant, les élèves qui ont accès à la technologie en classe ont tendance à aller voir leur Facebook, leurs textos, et autres (SHAFFER, 2014). Encore une information qui nous fut possible de confirmer durant notre entrevue. D’ailleurs, Mme Blais, affirme : «autant j’ai des groupes Facebook avec mes étudiants, […], et que je trouve ça super parce que ça permet de partager, autant pour moi les médias sociaux c’est une plaie, […], parce que les étudiants croient à tord qu’ils peuvent faire du multitask. Qu’ils peuvent Chatter tout en écoutant un cours sans rien manquer».

En conclusion, nous avons pu voir qu’autant les TIC permettent d’améliorer les cours en offrant aux élèves de la nouveauté et de nouvelles façons de travailler, autant elles apportent par le fait même des difficultés ou des distractions qui peuvent ralentir le rythme de classe et rendre les cours longs et parfois ennuyants. Pour finir, il est primordial de définir une balance dans l’utilisation des TIC dans l’éducation, soit un professeur doit être intéressant à la fois dans la présentation de leur matière que dans le support utilisé que ce soit sur un tableau blanc interactif, que dans un Power Point ou encore directement sur l’ardoise verte.

signature

Les «surdoués» des TIC

«Ils sont dont bien bons, les jeunes, avec la technologie!», une phrase que tous les membres de ma génération et les suivantes ont sûrement entendue à maintes reprises. Et pour cause, tous les facebook, twitter et Snapchat de ce monde ont su s’implanter massivement dans le quotidien des jeunes. C’est sans parler des Clash of Clan, Candycrush et Trivia Crack qui nous font «perdre notre temps» à longueur de journée. Mais, qu’en est-il lorsque l’on transpose les technologies dans le milieu scolaire? Les jeunes sont-ils toujours des «surdoués» des TIC?

Notre article précédent montre les différentes dimensions du sujet dont il sera question. En ce sens, la dimension qui m’a été attribuée a été celle de la pédagogie. Dans cette dimension, je tenterai de comprendre si la réalité observée est représentative de ce qui est décrit par le gouvernement. Ainsi, quels sont les impacts du numérique sur l’apprentissage? Quelles sont les difficultés rencontrées par les élèves? Les profs? Quels sont les impacts sur la charge de travail?  Les élèves ont-ils réellement une motivation accrue? Comprennent-ils mieux?  Accordent-ils plus d’importance aux supports utilisés ou au contenu? Toutes des questions auxquelles je tenterai de répondre.

En ce qui a trait à cet article, comme l’introduction en fait mention, il sera question de comprendre les difficultés qui peuvent être rencontrées par les élèves lorsque les cours intègrent les technologies.

Premièrement, comme il a été précisé précédemment,  52.3% des adultes québécois possédaient un téléphone intelligent en 2014 (CEFRIO 2015). Cependant, la même firme de statistique présente que cette proportion était de 73%  chez les 18-34 ans et  de 39% chez les 12-17 ans (CEFRIO, 2009). Autrement dit, ce ne sont pas seulement les adultes qui sont connectés, mais surtout les jeunes des générations «Y» et «C». Ainsi, il n’est pas faux d’affirmer que les jeunes peuvent être vus comme plus expérimentés que les adultes dans ce domaine. Surtout que 25% des 2020 jeunes interviewés disent passer plus de 20 heures sur Internet (CEFRIO, 2009). Cependant, les problèmes surviennent principalement lorsque les jeunes sont confrontés à la partie des technologies qu’ils ne connaissent pas.

Effectivement,  la plupart de jeunes utilisent principalement le numérique pour socialiser (BIRON et BOURASSA DANSEREAU, 2011). Une affirmation qui fut confirmé par les jeunes eux-mêmes. En effet,  toujours selon le rapport synthèse de 2009 de Cefrio, 74% des jeunes de 12 à 17 ans affirment  avoir clavardé avec leurs amis et 51% disent avoir visité les réseaux sociaux au cours du dernier mois.

Les jeunes technohttp://36.media.tumblr.com/9686fc982ff99b8faf45290ce3220c55/tumblr_mnh121HEWa1st5lhmo1_1280.jpg

http://36.media.tumblr.com/9686fc982ff99b8faf45290ce3220c55/tumblr_mnh121HEWa1st5lhmo1_1280.jpg

Ainsi, les jeunes socialisent, on le sait, ils sont constamment sur leur(s) appareil(s) électronique(s) et c’est précisément ce qui pousse les adultes à croire que ceux-ci connaissent bien le numérique comme le confirme Mme Geneviève Blais, conseillère pédagogique TIC que nous avons interviewée afin de compléter notre recherche. Toutefois, il en est légèrement différent lorsqu’il s’agit des technologies en éducation.

Véritablement, lorsque l’on demande aux jeunes de se noter sur leurs capacités à utiliser les logiciels utilisés dans les classes, 83% se disent être à un niveau 4 ou 5  (1 étant nul et 5 étant très bon) lorsqu’il s’agit d’un logiciel de traitement de texte et 93% se disent à ce niveau  pour l’utilisation des moteurs de recherches (CEFRIO, 2009). Cependant, mon expérience personnelle m’a montré une toute autre réalité. En effet, en secondaire 5, mon professeur de mathématiques, qui aimait bien nous déboussoler dans ses cours, nous a donné un projet à faire. Le but de ce projet était de présenter une recherche en suivant les normes de présentation  qui sont en vigueur au niveau collégial (page de présentation, note de bas de page, table des matières automatiques, numéros de pages. etc). Il fallait donc faire une recherche à saveur mathématique en plus d’une recherche sur la présentation d’un travail. Nous avons ainsi compris que le but n’était pas vraiment la rechercher mathématique, mais plutôt de nous faire comprendre que, bien que l’on se pense très bons dans le domaine, on ne l’est pas tant que ça! En somme, l’expérience a été pénible pour moi (et probablement pour certains de mes camarades), mais nous a fait réaliser que les jeunes ne sont pas aussi bons qu’ils le prétendent avec le numérique.

Ainsi, cela peut avoir un impact sur l’apprentissage des jeunes. Effectivement, un manque d’autonomie par rapport aux TIC peut occasionner une baisse de la motivation en classe (KARSENTI, 2004). Ce problème devient d’autant plus important lorsque l’enseignant lui-même a des difficultés à aider ses étudiants comme le montre la vidéo suivante mise en ligne par Brent Hollers :

En conclusion, comme le précise Marie-Êve Shaffer (2014), les meilleurs résultats sont obtenus lorsque l’enseignant accompagne les élèves sur les technologies. En ce sens, il faut donc, selon moi,  commencer par détruire les fausses croyances selon lesquelles les jeunes sont des «surdoués» des TIC et mieux former les enseignants désireux d’intégrer les technologies dans leur classe afin qu’ils puissent mieux accompagner leurs élèves.

signature

Portrait de Marie-Claude Légaré

 

blog

Petite fille de L’Île-Perrot, je suis arrivée à Gérald-Godin il y a deux ans et je suis maintenant finissante en Sciences Humaines, profil Administration. Il n’y a pas grand-chose à dire sur moi, sauf que j’aime les cours de mathématiques, d’histoire et de politique. Je suis autonome et responsable, mais parfois timide et effacée surtout avec les inconnus, une des raisons pour lesquelles la plupart des gens en connaissent peu sur ma vie.

En somme, ce blog n’est pas dédié à moi-même…alors merci de juger les articles et non ma vie.

signature