L’iPad à l’école

Fini les livres en papier? Pas si simplehttp://www.jisc.ac.uk/sites/default/files/digital-bookshelf.jpg

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Depuis l’introduction des tablettes numériques sur le marché, il y a de nombreux désirs à vouloir innover sur le plan éducatif. Ce modèle, plus compact qu’un ordinateur portatif, toutefois plus fragile qu’un fragile et plus cher qu’un manuel de lecture, voit son incrustation aux institutions scolaires compliqués. D’un côté, il y a l’espoir d’une qualité de l’enseignement amélioré et d’un investissement, de l’autre il y a le risque d’aucun changement, ou pire, d’une baisse de la qualité d’enseignement accompagné d’une perte d’argent substantielle. Commençons par le potentiel des tablettes numérique. L’un d’eux est le fait que l’usage est très intuitif et donc que la tablette ne requiert aucune formation ou très peu. Ainsi, il n’y a pas nécessairement un besoin d’un formateur (un employé en moins à engager) pour guider les jeunes. De plus, cela engage les jeunes à s’initier dès un plus jeune âge  aux nouvelles technologies, ce qui est idéal pour les standards d’aujourd’hui, surplombé par de la technologie omniprésente. C’est ce que certains appellent désormais  « l’apprentissage mobile ». (Patrick Giroux, 2013).

Gong et Wallace (Gong et Wallace, 2012) révèlent une autre facette de la médaille. Dans le milieu universitaire, leur étude indique que plus de 50% des répondants disent que les ordinateurs portables, les iPad, les iPod touch, les « Tablet PC », représentent davantage une source convenant aux loisirs que des outils pour l’éducation. Cela met ainsi en doute le concept d’introduire des technologies comme les tablettes à un jeune âge comme le primaire. N’augmentons-nous plutôt pas les risques que les élèves deviennent si confortables avec les technologies que celles-ci deviendront des sources de distraction potentiellement plus grande que prévu? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question en raison du fait que les tablettes sont encore une technologie jeune, donc nous ne connaissons pas encore les effets à long terme de leur utilisation plus accrue dans les écoles.

Toutefois, il existe une autre étude mettant à l’expérience l’idée que ce sont les jeunes qui doivent apporter leurs propres appareils mobiles. Crichton, Pegler et Duncan (Crichton et al., 2012). Ils ont déterminé que les appareils apportés ne sont de toutes évidences pas nécessairement adaptés à la tâche d’un outil d’aide scolaire. Ces chercheurs sont arrivés à la conclusion que pour les technologies comme l’iPad puisse fonctionner dans les salles de cours, il est nécessaire que certaines conditions doivent être respectées. Les voici :

– un environnement scolaire structuré pour soutenir l’apprentissage mobile (réseau sans fil performant, guide définissant les usages acceptables à l’école, etc.) ;

– la considération des enseignants comme des apprenants et le souci de combler leurs besoins d’apprentissage et de les soutenir ;

– la concentration des enseignants sur l’intégration des iPad en lien avec le curriculum et dans des activités signifiantes puisque la majorité de ces derniers n’est pas intéressée à seulement utiliser l’appareil ; ils désirent l’utiliser en lien avec le contenu à enseigner ;

– la possibilité d’amener leurs tablettes numériques à la maison, de les personnaliser et de les utiliser pour accéder à des contenus et à du matériel pertinent telle que des livres numériques, etc. (Crichton et al., 2012).

L’efficacité de ces conditions peut être observée dans un milieu ou l’usage des iPad est contrôlé par les enseignants. Au Québec, Karsenti et Fièvez (Karsenti et Fièvez, 2013) ont exercé une étude sur 4000 élèves âgée entre 12 et 17 ans, et de 200 enseignants qui utilisent des tablettes iPad à l’école. Ils ont constaté que les applications les plus utilisées pour le cours, puisque l’usage de la tablette était restrictif, étaient ceux des manuels scolaires avec entre 15 à 30 minutes d’utilisation par cours. En deuxième place, il y a la recherche d’informations sur Internet et les jeux en troisième place. Les enseignants peuvent bien cadrer les jeunes et voient la qualité, la facilité et la rapidité de leur enseignement augmenter exponentiellement en apprenant à leurs enfants les subtilités des iPad. Celles-ci peuvent aller de la simple facilité d’annoter des documents à la collaboration et la créativité des logiciels intégrés. Toutefois, pour que ce système puisse fonctionner, les enseignants doivent parfaitement connaître le fonctionnement des appareils, cela implique donc un coût supplémentaire en formation des professeurs.

En conclusion, ce n’est pas un secret que la bonne implantation des TIC comme l’iPad relève du professionnalisme du professeur. Leur démonstration de compétence dans les domaines technologiques leur donne intrinsèquement une plus grande crédibilité de la part des élèves, fondant ainsi un meilleur rapport élève enseignant, ce qui aura par la suite plusieurs effets positifs (par-dessus l’utilisation experte des TIC) comme une motivation accrue des étudiants et même des enseignants.

Présentations « PowerPlate »

Powerpoint dans les écoleshttps://farm4.staticflickr.com/3129/3121815917_fd7b1d6755_o.jpghttps://farm4.staticflickr.com/3129/3121815917_fd7b1d6755_o.jpg

En Amérique du Nord, les technologies de communication et de l’information ont pris d’assaut les milieux universitaires. Une manifestation de ces TIC et aussi un ajout fort populaire dans les cours magistraux traditionnelle de nos jours : la présentation PowerPoint. Toutefois, il ne faut pas assumer trop vite que parce que son utilisation est très populaire qu’elle est efficace pour enseigner. Il est temps de se poser la question : « La présentation PowerPoint vient-il nécessairement enrichir, rehausser ou empirer l’expérience en classe des étudiants ».

Une étude par  Carole Raby, Thierry Karsenti, Hélène Meunier et Stéphane Villeneuve fut effectué sur  auprès de 10 266 étudiants de deux établissements universitaires du Québec. 78,6% d’entre eux ont participé au groupe de discussion sur les présentations PowerPoint. Ils confirment que l’utilisation de ces TIC présente des avantages, mais ils se doivent d’être bien utilisés. Selon 17.9% des élèves, l’utilisation des présentations soutient l’attention des étudiants, mais aussi  de synthétiser  et mieux structurer les notes de cours. Toutefois, un énorme 64.3% de l’échantillon qualifient que les présentations peuvent paraître comme des béquilles, donnant une expérience pouvant être ennuyeuse et démotivante. « Comme le prof se fie à sa présentation, ça coupe un élément de spontanéité, puis aussi quelquefois ça devient rigide », a mentionné l’un des étudiants.  Ceci peut résulter en un manque de connectivité et d’attachement avec le professeur. (Carole Raby, et al, 2011)

Par expérience personnelle, même un enseignant se débrouillant parfaitement bien et performant de manière palpitante et intéressante dans un cours sans diapositive, un autre cours ce même enseignant peut utiliser une présentation et le cours verra sa valeur d’ennuie multiplié.   On peut avoir le réflexe de se demander si cette décision du professeur fut judicieuse. Ultimement, ce sont l’utilisation et l’expérience du prof en enseignement et en l’usage de cette technologie, qui décide si oui ou non le cours sera intéressant ou non. Il faut se rappeler qu’il s’agit  d’un outil. Un outil qu’il est possible de maîtriser ou même de ne pas utiliser. En effet, il n’est pas absolument nécessaire d’utiliser cet outil, cela va dépendre de la matière que le professeur et de aussi de son intérêt pour cet outil.  La conseillère pédagogique TIC du Cégep Gérald-Godin Geneviève Blais mentionne qu’une présentation PowerPoint n’équivaut pas à une augmentation de la qualité d’un cours. En effet, un cours magistral traditionnel sans TIC peut tout à fait se révéler comme étant de meilleure qualité  qu’un autre cours qui fait sans. Encore une fois, cela dépend des préférences, des compétences et des besoins de l’enseignant. De plus, de la même manière qu’une personne qui utilise à tort et à travers un outil en mécanique et qui nuit au résultat, une présentation PowerPoint doit être utilisée convenablement.

Avis aux enseignants qui liront ceci, basé sur mes expériences personnelles, j’ai deux suggestions que je désire transmettre à ceux et celles d’entre vous qui compte utiliser ce logiciel ou qui l’utilise déjà :

  • Ne pas lire mot pour mot ses diapositives. Ceci me semble être une évidence, il est inutile de lire à voix haute aux étudiants un long gros texte affiché sur votre diapositive. Évidemment, des exceptions s’appliquent, comme par exemple lire une citation provenant d’une source extérieure. Il faut avoir du bon sang et se mettre à la place de l’étudiant. Pour ma part, écouter un professeur lire à  voix haute sa diapositive que j’ai fini de lire dans ma tête avant lui, et ce pour plusieurs diapositives, est d’un ennui terrible.
  • Ajouter des supports audio et/ou visuel. Je peux comprendre qu’il est tentant d’utiliser PowerPoint, pour ne pas avoir à rien écrire au tableau au cours, salir ses doigts avec les craies et fatiguer son bras à constamment écrire. C’est un bel avantage, toutefois, épargnez-nous l’expérience mondaine de regarder des diapositives ne contenant que du texte. De nos jours, il est extrêmement facile de trouver des fichiers audio et vidéo, ainsi que les tutoriaux en ligne vous démontrant comment le faire au cas où que vous n’êtes pas assez familier avec le logiciel.

Voici donc mes suggestions. Maintenant, je veux entendre votre opinion. Dites-moi ce que vous pensez de mes suggestions et n’hésitez pas à partager les vôtres. Faites-moi part de vos réponses dans la section commentaire située en dessous de cet article. Les présentations PowerPoint peuvent être un outil fabuleux pour aider les étudiants dans leur cheminement, faisons-leur part de nos suggestions, car cela contribue au bien de tout le monde.

Portrait de Julien Sauvageau

Bien le bonjour et bienvenu à mon portrait de blogue officiel!

Moi et mes coéquippiers Gabriel Python et Marie-Claude Légaré nous nous penchons sur les différents enjeux des TICE (technologie de l’information et de la communication dans l’éducation)

Ma dimension précise sur ce sujet est: « l’émergence des NTICE (nouvelle) ainsi que leurs différents impacts sur les milieux scolaires ».

Mes deux articles présentement sur ce blogue portent sur les présentation PowerPoint et les iPad (et autres appareils mobiles).
En plus de discuter de leurs arrivés dans les écoles, j’essaie de proposer des solutions sur comment gérer ces nouvelles technologies, et je vous invite fort bien partager vos opinions et vos solutions si vous sentez  que j’ai oublié de mentionner quelque chose.

Bonne lecture!