Une application pratique de TICE, d’un point de vue des coûts

Une application pratique de TICE

Toujours dans le but d’approfondir l’aspect plus économique de notre thème plus large, des exemples d’intégration de TICE et de leurs coûts seront mis en contexte.

Voyons d’abord le cas d’une jeune étudiante de l’école Dorval Jean XXIII. Cette jeune étudiante qui a été atteinte d’une leucémie est présentement en rémission. Cependant, elle ne peut pas sortir de chez elle, étant encore dans un état de santé fragile. Afin de fournir à leur élève la meilleure éducation possible, sans toutefois que celle-ci puisse être présente physiquement dans leur établissement d’enseignement, le directeur et la commission scolaire ont décidé d’offrir à l’élève en question la chance d’avoir une sorte de drone qui à l’aide de capteurs permet la communication entre la salle de classe et la demeure de la jeune fille (DESPATIE, 2015). Ce petit robot qui envoi son et image de la salle de classe à l’ordinateur de l’élève permet aussi à celle-ci de communiquer en retour.

Le fameux robot en action :

Légende : Une version du robot que l’étudiante utilise. La compagnie ayant produit ce robot vante les mérites de leur appareil (en anglais).

Des impacts positifs relevés serait que cela lui permet d’étudier à temps plein son niveau scolaire et ce, simplement à partir de la maison. Si l’on en vient à l’aspect économique, ce robot coûte 7 000$ et est payé par la commission scolaire. Cette somme peut sembler grande, il est donc essentiel de la mettre en perspective. Si l’on désire offrir de l’enseignement à distance, deux options classiques sont offertes : les cours par correspondance (en ligne ou par la poste) et avoir un tuteur privé.

Si l’on considère les cours en lignes, ceux-ci requièrent souvent beaucoup d’autonomie de la part des élèves ont malheureusement une certaine réputation d’être une éducation plutôt incomplète (KARSENTI & LAROSE, 2001). L’autre option traditionnel, les tuteurs, a bien meilleure réputation, probablement dû au contenu plus humain et personnalisé du cours. Il a cependant comme point faible d’être beaucoup plus dispendieux, puisqu’il faut payer cet enseignant personnel. À titre indicatif, différente compagnie de la ville de Montréal offrent des services de tuteur et le prix du tuteur irait de 17 à 39$ par heure (http://www.simplyhired.ca/job/dnazvg74ay) (http://www.successcolaire.ca). Si l’on suppose que le tuteur enseigne 4h par jours durant l’année scolaire, alors celui-ci coûtera entre 12 240 et 28 080$ par année par élève. Maintenant, si l’on considère la solution du robot qui permet d’assister aux cours à distance et que l’on la compare aux deux autres, le robot semble éviter le préjugé d’éducation «à rabais» tout en restant une solution compétitive comparée au tuteur privé. Dans ce cas pratique il semble que la technologie permette une mesure d’aide exceptionnelle envers une élève dans le besoin et permet d’avoir un sain équilibre entre efficacité et coûts.

D’après moi, dans ce contexte précis, l’utilisation de TIC en éducation était totalement justifié. Il permet un compromis entre un besoin d’équité sociale et d’efficacité. Cela assure un juste équilibre et favorise l’éducation. Je pense aussi que ce cas peut être généralisé, c’est à dire que si la technologie a pu être intégré de manière utile et rentable pour la société, elle pourra aussi l’être dans d’autres situations. La seule condition est qu’il fasse intégrer ces technologies avec une claire conscience de leur avantages et inconvénients, maximisant les premiers et minimisant les derniers.

Gabriel Pyton

Des impacts des TICE sur l’économie québécoise

Des impacts des TICE sur l’économie québécoise

De nos jours, l’économie préoccupe énormément les gens. Il n’est donc pas étonnant que lorsque l’on parle d’intégrer des technologies, que ce soit en éducation ou dans tout autre secteur publique, les gens soient alarmé. Toutefois, intégrer des technologies en éducation pourrait ne pas être si mauvais pour l’économie québécoise. En effet, l’intégration des TIC (technologies d’information et de communication) en éducation pourrait être fort utile pour le Québec, car cela rendrait sa population plus compétitive sur le marché de l’emploi et pourrait même devenir encore plus compétitif sur le marché des TICE (TIC utilisée en éducation).

D’abord, en utilisant des TICE pour la formation de ses travailleurs, le Québec permet à ceux-ci de se familiariser avec un environnement technologique qui pourrait fort bien devenir le milieu de travail du futur : un milieu de travail sans papier ou crayon et rempli d’ordinateurs (PAPILLON, 2015). Ce type de formation permet aussi une nouvelle approche éducative par rapport à la relation élève-enseignant (KARSENTI & LAROSE, 2001) qui pourrait possiblement tirer profit du fait que dans notre nouvelle économie, la valeur ne provient plus de la rareté, mais de l’abondance de l’information (GODEAU & MARTIN, 2001) et favoriser une formation un peu plus autonome des étudiants, un peu à la manière du FUN (Centre de formation en ligne gratuit en France) (DE ABREU, 2015). Cette façon plus indépendante d’apprendre pourrait s’avérer très utile dans un monde où les technologies changent rapidement et où il faut constamment se remettre à jour sur les technologies plus récentes. En bref, il serait avantageux pour la main d’oeuvre, élément essentiel de toute économie, de maitriser les TIC, car cela leur permettrait de pratiquer de la formation continue et de rester à jour quant aux exigences du marché du travail.

De manière plus générale, le Québec bénéficierait de l’intégration de TICE, car cela permettrait à des entreprises québécoises de vendre ces produits éducatifs, souvent appelés «plate-forme technologiques» ou «environnement de cours» (KARSENTI & LAROSE, 2001) sur le marché internationale, augmentant ainsi les exportations. Évidemment l’affirmation précédente implique que les solutions informatiques qui seraient achetés par le système d’éducation soit québécoise, mais plusieurs raisons appuient cette hypothèse. Une première raison de croire cela est que le Québec est déjà un acteur important du domaine des TIC et des hautes technologies qui sont connus pour leur forte croissance : ce secteur a cru deux fois plus vite que l’ensemble des autres entre 1998 et 2008 (QUEBEC INTERNATIONAL, 2015). Aussi, l’environnement légal particulier du Québec est idéal pour faire de lui un innovateur du domaine des TIC et TICE. En effet, pour le meilleur et pour le pire, notre province c’est doté de lois sur la protection des données personnelles. Ces lois font en sorte que les écoles ne peuvent pas simplement utiliser les «clouds storage» des grandes multinationales américaines comme Google ou Microsoft : car ces compagnies sont soumises à des lois de leur pays d’origine, garantissant à celui-ci l’accès aux données qu’elles possèdent (RISQ, 2013). Les écoles doivent donc faire appel à des produits venant très souvent d’Europe ou du Canada. Or, en considérant tout ces facteurs, l’on réalise que le marché des TIC est important au Québec et que les lois locales éliminent des géants qui seraient normalement des concurrents naturels. Cela laisse donc plus de place au Québec dans le marché de TIC.

Un tableau du gouvernement du Québec montrant l'investissement
Un tableau du gouvernement du Québec montrant l’investissement

Le tableau précédant Source (gouvernement du Québec) montre clairement que les TIC sont un secteur dominant de l’industrie, regroupant 33% de l’investissement. Évidemment, le taux de croissance des technologies «autres» attire l’attention, toutefois, l’on peut attribuer leur importance à une monté subite de se domaine et non à une croissance normale qui se reproduirait.

Si l’on revient maintenant sur la question d’exportation des TICE, pourquoi le Québec serait-il probablement exportateur s’il se lance dans la production? La réponse est fort simple : d’abord, comme déjà mentionné, il occupe déjà une place dans ce domaine, mais aussi, le coût de mise en marché de produits électroniques est très faible une fois que ceux-ci ont été développés. De plus, lorsque l’on parle de réseau, plus le nombre d’utilisateur est grand, plus ce réseau est puissant (GODEAU & MARTIN, 2001), ce qui veut donc dire que si un groupe adopte une certaine méthode, des groupes similaires choisiront cette même méthode pour profiter d’une technologie ayant faite ces preuves. C’est ce qui semble être le cas de la technologie «Omnivox» créé par le groupe Skytech dans le réseau Collégial québécois.

Enfin, concernant la question des coûts en temps que tel des TICE dans le système scolaire québécois, il faut considérer la différence entre investissement et dépense. L’achat de matériel physique constitue un investissement, et de ce fait, lorsque l’on considère faire ce type d’achats il faut répartir les coûts du matériel sur le nombre d’années que celui-ci devrait servir. Cela permet d’obtenir un prix plus raisonnable, toutefois, comme relevé par la conseillère TIC du Cégep Gérald-Godin, parfois l’achat de matériel nécessite souvent aussi l’embauche d’un technicien pour s’occuper du matériel. Ce nouvel employer peut rapidement devenir, au fil des années, une dépense plus grande que le coût des produits qu’il doit surveiller, puisque son salaire sera constant, voire, même, augmentera! Ainsi, lorsqu’il est décidé d’acheter des technologies, de tels facteurs sont en considération. Un autre chose prise en considération est l’utilité que ces technologies auront. L’une des mes collègues propose justement un article à ce sujet. Pour ma part je dirais simplement que ce n’est pas tant l’utilité réelle que les technologies auront mais leur apparence d’efficacité qui incite les écoles à se les approprier. La nuance est énorme, car vers 1970, au Québec, des universités avaient tenté de se moderniser, mais leur tentative s’est avérée inefficace tout en coutant cher (KARSENTI & LAROSE, 2001). Cet échec relativement récent nuirait à la perception que les universités peuvent avoir de l’intégration de TIC dans leurs installations, craignant peut-être d’autres dépenses plus ou moins utiles. Par ailleurs, il faut noter que certaines technologies sont gratuites tels que les logiciels libres de droits et l’accès à la plupart des sites Internet (frais de connexion exclus).

Mon opinion sur les TICE est que celles-ci me semblent très intéressantes pour la formation de main d’oeuvre de qualité et qu’elles pourraient possiblement devenir un domaine d’expertise internationale reconnu. Il me semble apparent que l’utilisation de TICE peut être coûteux, cependant, je pense que si cela est bien géré ces technologies peuvent s’avérer très rentables et même économes et écologiques si nous considérons leurs effets, par exemple l’économie de papier.

Gabriel Pyton