La démographie québécoise et le budget du gouvernement

Parmi les multiples impacts du vieillissement de la population sur la société québécoise, le budget du gouvernement en souffre grandement. Il est important de s’informer à ce sujet, car le budget nous concerne tous. C’est le budget qui détermine combien d’argent le gouvernement met pour l’éducation, la santé, les infrastructures, la sécurité, les loisirs et autres. C’est aussi, ce qui décide combien nous devons débourser, en tant que citoyens, pour chaque secteur. Si le gouvernement met plus d’argent dans l’éducation, le citoyen aura moins à débourser de sa poche pour ce secteur. Tandis que si le gouvernement met moins d’argent dans la santé, pour en mettre plus dans l’éducation, le citoyen devra débourser davantage ou se restreindre davantage dans le secteur de la santé. C’est pour cette raison que chaque personne doit s’informer sur le budget pour comprendre comment notre argent est distribué.

Comme nous le savons déjà, le vieillissement de la population augmente chaque année. En 2018, les personnes âgées, de 65 ans et plus, auront augmenté de 4,8 % depuis 2008 (Richer, Demers, Pelletier, 2012). Et ce n’est pas sur le point de s’arrêter. La population vieillissante continuera de s’accroître pour plusieurs années. Les impacts de ce phénomène sur le budget sont nombreux. Premièrement, les coûts pour la pension de la sécurité de la vieillesse et le supplément de revenus garanti pour les personnes âgées, qui ont coûté, en 2009, respectivement 27,1 milliards et 7,7 milliards de dollars, risquent de doubler d’ici peu (Echenberg, Gauthier, Léonard, 2011), ce qui va bouleverser le budget du gouvernement. Deuxièmement, le coût des régimes de pensions ne cesse d’augmenter, car la population vieillissante ne cesse d’augmenter, ce qui modifiera notre budget. Cependant, pour diminuer le coût des régimes de pensions dans notre budget, il y aura création de mesures pour stimuler les gens à rester plus longtemps sur le marché du travail (Echenberg, Gauthier, Léonard, 2011). Finalement, en considérant que les personnes âgées ont souvent recours à des services de santé, car leur système immunitaire est plus sensible aux maladies et aux virus, la demande des soins de santé augmentera telle qu’illustré dans le graphique des données des soins de santé.

Données sur les soins de santé — Bureau du directeur parlementaire du budget, Rapport sur la viabilité financière, 18 février 2010, et calculs des auteurs; données sur le RPC/SV — Bureau du surintendant des institutions financières Canada, Rapport actuariel du Régime de pensions du Cananda, 2010, et Rapport actuariel sur le programme de la sécurité vieillesse, 2008
Données sur les soins de santé — Bureau du directeur parlementaire du budget, Rapport sur la viabilité financière, 18 février 2010, et calculs des auteurs; données sur le RPC/SV — Bureau du surintendant des institutions financières Canada, Rapport actuariel du Régime de pensions du Cananda, 2010, et Rapport actuariel sur le programme de la sécurité vieillesse, 2008

Il est prédit que « ces dépenses devraient représenter de 9 % à 12 % du PIB d’ici 2036 » (Echenberg, Gauthier, Léonard, 2011). Ainsi représentés sur ce graphique circulaire, les soins de santé représentent le secteur avec le plus gros montant attribué du budget du gouvernement pour les années 2014-2015. C’est-à-dire 43,4 % du budget.budget gvt  Toutes ces augmentations de coûts sur certains secteurs auront pour effet de diminuer les montants d’argent alloués pour d’autres secteurs tels que l’éducation. En effet, nous avons entendu récemment parler d’austérité au Québec qui a pour résultat de réduire les dépenses dans certains secteurs (Asevere, 2015) tels que l’éducation. Une des multiples raisons de ces réductions serait le vieillissement de la population.

Nathalie Laferté, une enseignante en sociologie, nous souligne que 25 % de la population sont des personnes âgées, ce qui fait qu’ils sont plus nombreux que les jeunes. Cela suggère que les partis politiques qui sont élus proposent d’améliorer les soins de santé et les fonds de pension, car les personnes âgées, la plus nombreuse des générations, vont vouloir un parti politique qui prône les soins de santé et non l’éducation et autre. Ils ont besoin des soins de santé, mais ils n’ont pas besoin d’éducation, donc c’est pour cette raison que dans le budget, la plus grande part est réservée aux soins de santé.

Bref, d’après moi, les fonds de pension attribués aux personnes âgées devraient être diminués pour pouvoir rétablir le budget du gouvernement. Cela amènerait aussi une motivation pour les personnes vieillissantes à prendre leur retraite plus tard dans leur vie, car ils ont une meilleure vie lorsqu’ils travaillent. Si l’on réduit les fonds de pension, tout en restant raisonnable, ce serait plus facile de se sortir d’une population vieillissante, car l’argent économiser d’une diminution des fonds de pension pourrait aller dans l’éducation, et lorsque les frais de garderie et les frais de scolarité sont bas, les gens ont davantage envie d’avoir des enfants.

Gabrielle Bélisle

La démographie québécoise et le marché du travail

Nous entendons souvent parler, autour de nous, des impacts négatifs du vieillissement de la population sans réellement comprendre ce que ce phénomène démographique implique. D’innombrables enjeux sont reliés au vieillissement de la population, mais si nous nous amusions à prendre le rôle d’un économiste dans notre société, ce changement démographique nous inquièterait davantage. Nous constaterions que le marché du travail au Québec souffre énormément dû au vieillissement de la population.

En effet, dans un article du journal La Presse, il est dit que les Baby-boomers sont rendus à l’âge de la retraite, donc quitte le marché du travail (Jansen, 2014). Le fait que cette génération qui est reconnue comme étant très nombreuse, quitte prenne leur retraite amène des trous énormes à combler sur le marché du travail. C’est à ce moment que les jeunes entre en jeu. La société compte sur eux pour pouvoir remplacer les baby-boomers afin qu’il n’y ait plus de manque de main d’œuvre. Cependant, notre génération, qui est beaucoup moins nombreuse que la génération des baby-boomers, n’est point capable de remplir tous les manque, car elle est loin d’être assez abondante. Pour régler la situation, on peut alors penser que l’immigration est un moyen efficace pour pourvoir nos postes vacants. Cependant, ce n’est pas aussi efficace qu’on peut le penser, car, d’un côté, il est vrai que les immigrants comblent certains postes dans notre société. Par contre, d’un autre côté, les immigrants ne font pas que travailler, ils consomment aussi, ce qui fait qu’ils augmentent la demande, donc l’immigrant augmente l’offre, mais augmente aussi la demande (Dubreuil, 2010). Ainsi, les immigrants ne peuvent combler le manque de main d’œuvre, car ils en créent en même temps.

D’après Nathalie Laferté, il y a un déclin économique à cause du vieillissement de la population au Québec. Ce déclin s’explique de plusieurs raisons. Premièrement, la sociologue prend le temps de nous indiquer qu’il y a une pénurie de main d’œuvre sur le marché du travail à cause des retraites comme il est souligné précédemment. Pour appuyer ce fait, elle nous donne l’exemple des 7000 infirmières qui d’ici peu vont prendre leur retraite, ce qui laisse place à des postes vacants. Deuxièmement, l’enseignante ressort le fait que les familles ne font pratiquement plus d’enfant, car les deux adultes travaillent à temps plein. Cela apporte une conséquence économique négative, car s’il n’y a plus d’enfant, il n’y a plus personne pour remplacer les emplois des retraités. C’est «la pyramide des âges est inversées» nous dit Nathalie Laferté telle qu’illustré dans le graphique.

Statistic bureau Ministry of internal affairs and comunications (MIC), Ministry of health, Labour and Wlfare, Nations Unies
Statistic bureau Ministry of internal affairs and comunications (MIC), Ministry of health, Labour and Wlfare, Nations Unies

Troisièmement, elle nous souligne le fait qu’il y a une augmentation de l’espérance de vie, donc le 25% de la population inactive vivra encore pour plusieurs années, ce qui veut dire qu’ils consommeront encore pour plusieurs années et auront un fond de pension encore pour plusieurs années. Cela implique que la demande restera élevé malgré la faible offre et que les rares travailleurs devront payer pour les fond de pension des personnes retraités. Les travailleurs ne seront pas capables de soutenir toutes ces personnes âgées bien longtemps. Finalement, Nathalie suggère qu’il risque d’ici peu d’avoir une diminution des femmes sur le marché du travail, car, étant une société avec des stéréotypes sur la femme, elles devront arrêter de travailler pour s’occuper de ses proches âgés.

Bref, d’après moi, la solution à nos problèmes serait soit d’augmenter l’offre ou de diminuer la demande. D’un côté, pour contrer au vieillissement de la population, le gouvernement devrait instaurer des mesures qui favorisent les familles à avoir des enfants, au lieu de les restreindre en augmentant les frais de garderie. En faisant plus d’enfant, nous pourrions arriver à un équilibre entre l’offre et la demande. D’un autre côté, pour diminuer le phénomène démographique, il faudrait diminuer l’espérance de vie, ce qui aurait pour effet de diminuer la demande, donc d’arriver à un équilibre entre l’offre et la demande sur le marché. Cela aurait aussi pour effet de diminuer les coûts payés par les travailleurs pour les fonds de pension des personnes retraités. Cependant, cette alternative est plutôt extrémiste et ne pourrait évidemment pas se concrétiser.

Gabrielle Bélisle

Les enjeux démographiques-vieillissement de la population

Quand nous pensons au Québec de demain, nous pouvons penser à la société qui nous entoure, aux enjeux des générations futures liés aux tendances démographiques comme le vieillissement de la population. Ce phénomène qui devient de plus en plus grand semble inévitable. Il pourrait y avoir de graves conséquences sur le Québec. Pour bien cerner le problème, nous l’aborderons sous les aspects sociologiques, historiques, politiques et économiques. Avant de s’attarder plus spécifiquement sur ses causes et ses conséquences, il serait intéressant de définir le sens du mot démographie. «La démographie est l’étude quantitative des populations humaines et de leurs dynamiques, à partir de leurs composantes : fécondité, conjugalité, migration, vieillissement et mortalité» (Université de Montréeal, 2015)

À l’issue de nos recherches, voici un ensemble de conclusions que nous avons tirées. Présentement, dû à un faible taux de fécondité au Québec, notre province subit un déclin démographique. En effet, plusieurs spécialistes anticipent une intensification du vieillissement de la population du Québec. La situation est alarmante. En 2034, on prévoit que les aînés (65 ans et plus) représenteront approximativement 25 % de la population totale du Québec (Cirano, 2015) : génération des baby-boomers. Cela aura plusieurs incidences sur notre société.  Par exemple, le gouvernement aura intérêt à défendre cette classe la plus nombreuse. Par conséquent, cela pourrait l’amener à modifier la manière dont il administre le budget de l’état tel qu’en augmentant le budget de la santé et en diminuant ceux des autres secteurs. Pour pallier le vieillissement de la population, le gouvernement aura recours à l’augmentation de l’immigration sur le territoire québécois. Il est donc intéressant de comprendre si les conséquences de l’immigration auront des impacts positifs et négatifs pour le Québec, tels qu’une identité québécoise menacée ou une amélioration au sein d’une population vieillissante. De plus, le gouvernement devra aussi s’impliquer pour répondre à la menace qui pèse sur la démographie québécoise, car les mesures, telles que la politique d’immigration et la politique familiale sont inquiétantes. Le marché du travail en sera entre autres bouleversé par une pénurie de main-d’œuvre due au vieillissement des baby-boomers. Bref, tous ces éléments sont le fruit des tendances qu’a connu le Québec au cours des dernières années.

fécondité
http://qe.cirano.qc.ca/graph/part_des_65_ans_et_plus_dans_la_population

 

Pour valider et enrichir l’information que nous avons collectée au cours de notre travail de recherche, nous avons rencontré Nathalie Laferté. Elle enseigne la sociologie au Cégep Gérald-Godin depuis plusieurs années. Cette enseignante est réputée pour ses nombreuses connaissances sur le vieillissement de la population. Durant notre entrevue avec la sociologue, nous avons abordé quatre disciplines qui sont touchées par le vieillissement de la population. L’enseignante nous a éclairés sur les différentes causes et conséquences abordées précédemment reliées à ce changement démographique qui touchent présentement de près les Québécois et qui les toucheront davantage demain. Elle spécifie que l’immigration est enrichissante pour notre société québécoise qui vit une pénurie de main-d’œuvre à cause des baby-boomers qui entament l’âge des retraités.

Eric Laflamme, Gabrielle Bélisle, Catherine Rousselle, Alexis Labrecque-Goulet

Médiagraphie

  • Canada, Québec, Santé et services sociaux, espace informationnel, Montréal, service de l’administration des banques de données, 2015.
  • Canada, Québec, Institut de la statistique, Population du Québec : 1971-2014, 2014.
  • Canada, Québec, Ministère de la famille, des Aînés et de laCondition Féminine, Le Québec soutient ses familles, 2007.
  • Chambre de commerce du Montréal métropolitain, « LA PLANIFICATION DE L’IMMIGRATION AU QUÉBEC POUR LA PÉRIODE 2012-2015 », 2011.
  • LACOURSE, M.T, Cahier de Transformation Sociale.
  • LAJOIE, Geneviève, «Immigration: un «obstacle» au projet souverainiste», Canoë, 2015, [En Ligne], http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/archives/2015/03/20150320-123143.html (consultée le 23 avril)
  • Québec, Immigration et communautés culturelles, Le Québec change, Québec, Gouvernement du Québec, 2009.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Le bilan démographique du Québec, Québec, Gouvernement du Québec, 2014, p.163.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Les naissances et les décès au Québec et dans les régions en 2013, Québec, Gouvernement du Québec, p.10.
  • RACICOT, Félix, « Le vieillissement de la population pose d’importants défis », L’Écho de la Rive-Nord, 2013.
  • SABOURIN, Clément, «Province cherche main d’œuvre: le Québec face au vieillissement de ses travailleurs», Le Huffington Post, 2015, [En Ligne], http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/02/06/penurie-main-doeuvre-quebec-vieillissement-population-travailleurs_n_6606500.html, (consultée le 23 avril)