Notre population vieillit, doit-on craindre le pire?

Le vieillissement de la population est un enjeu qui touchera le Québec de demain dans les prochaines années à venir. Ce phénomène englobe plusieurs causes et conséquences qui ont poussé la population à vieillir, mais aussi qui la pousseront à se modifier à cause de ce vieillissement. Si l’on observe l’enjeu d’un côté sociologique, on remarque que le vieillissement de notre population pourrait s’expliquer par une baisse du taux de fécondité au Québec, un taux de renouvellement impossible à rejoindre, une hausse de l’espérance de vie des hommes et des femmes et d’autres enjeux.

Afin d’avoir un point de vue réaliste sur les enjeux sociologiques au niveau de notre population vieillissante, la sociologue Nathalie Laferté nous a communiqué ses savoirs à ce sujet. Selon elle, le vieillissement de la population est présent, mais moins problématique qu’on aurait pensé qu’il l’aurait été. L’experte nous mentionne que notre population québécoise est très vieillissante, mais qu’elle est rajeunie par une vague d’immigrants qui s’installent au Québec. On aurait alors tendance à se demander si notre identité québécoise est touchée par une augmentation d’immigrants. Madame Laferté mentionne que l’identité québécoise n’est pas menacée, car celle-ci s’est construite sur des immigrants. C’est-à-dire que les Québécois ont créé l’identité québécoise à travers les différentes vagues migratoires. Elle clôt ce sujet en expliquant que c’est plutôt enrichissant pour notre culture.

veillissement de la pop
André LÉONARD, « Vieillissement de la population et politiques publiques au Canada – 1. Aperçu statistique », 2011, Bibliothèque du Parlement [En ligne], http://www.parl.gc.ca/content/lop/researchpublications/2012-12-f.htm
         Malgré que le vieillissement de la population soit moins problématique que les experts auraient pu le prédire, ce problème est tout de même présent et le sera de plus en plus dans les années à venir. En effet, plusieurs incidences expliquent l’arrivée de ce phénomène. D’abord, « l’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,65 enfant par femme en 2013 » (Institut de la statistique du Québec, 2013). Malheureusement, le taux de renouvellement est de 2.1 enfants par femmes, alors en tant que société québécoise, nous ne sommes plus assez nombreux par famille. À part les années 1945-1975 où il y eut une croissance du nombre d’enfants au-dessus du taux de renouvellement, appelé le Baby-Boom, le taux de fécondité n’est jamais regrimpé au-dessus du taux de renouvellement. En tant que Québécoise, je me suis souvent demandé : pourquoi le taux de fécondité est aussi bas? Selon moi, une des raisons serait l’enregistrement des interruptions volontaires de grossesses, aussi appelé l’avortement. En effet, « c’est à 20-24 ans que le taux d’interruption volontaire de grossesse est le plus élevé, soit 31 pour mille en 2011. Il est de 22 pour mille à 25-29 ans et de 17 pour mille à 30-34 ans et à 15-19 ans. La diminution globale de l’indice synthétique des dernières années est principalement associée à une diminution des taux entre 15 et 29 ans. » (Institut de la statistique du Québec, 2014)

De plus, d’autres facteurs peuvent aussi expliquer en partie le vieillissement de la population. Si l’on observe l’espérance de vie chez les hommes et chez les femmes, celui-ci a grimpé en flèche depuis quelques années. « Selon les données provisoires de 2013, l’espérance de vie à la naissance poursuit sa progression et s’établit à 80,2 ans chez les hommes et à 84,1 ans chez les femmes. Depuis le milieu des années 1990, les hommes ont gagné près de 6 années d’espérance de vie, soit une moyenne de 4 mois par année. Chez les femmes, le gain total pour la même période est d’un peu plus de 3 années, soit un peu plus de 2 mois annuellement. La durée de vie moyenne, hommes et femmes confondus, est maintenant de 82,2 ans » (Institut de la statistique du Québec, 2013). Avec une augmentation de l’espérance de vie, est-ce qu’il pourrait y avoir une augmentation du taux de fécondité dans les années à venir? Malheureusement, « le vieillissement de la structure par âge de la population québécoise est amorcé et il ira en s’accélérant au cours des prochaines années, avec l’arrivée graduelle des générations nombreuses du baby-boom dans le groupe des 65 ans et plus » (Institut de la statistique du Québec, 2014). Dans quelques années, notre société québécoise sera munie majoritairement de personnes âgées. Le nombre de 65 ans et plus passera de « 1.4 million actuellement à 2.3 millions en 2031, puis 2.9 millions en 2061 » (Institut de la statistique du Québec, 2014).

Le vieillissement de notre population est aussi causé par des générations moins nombreuses suivant celle des baby-boomers. Heureusement, il ne faut pas craindre le pire. Selon moi, l’arrivée des immigrants nous donnera un énorme coup de pouce. Par conséquent, il faudra être plus ouvert à la nouvelle religion et à la vie multiculturelle. C’est grâce aux immigrants si cet enjeu est un peu moins mauvais qu’il aurait pu l’être. Le vieillissement de la population est un sujet qui m’affecte beaucoup, car il définira le courant de ma vie. C’est pourquoi il est important de trouver des solutions afin d’en diminuer les impacts négatives. En tant que citoyenne québécoise, j’ai comme but fixe d’avoir trois enfants afin d’aider la population à s’élargir et augmenter son taux de fécondité. En sociologie, la seule solution pour combler à une population vieillissante c’est de se reproduire davantage. Pour que cette solution devienne une option aux yeux des citoyens, il faut que la société apporte les moyens de le faire. C’est pour cette raison qu’il faut alors connaître les différents enjeux politiques, économiques et historiques pour ensuite tenter de tirer quelques solutions afin de favoriser la reproduction plus nombreuse.

 

Catherine Rousselle

 

L’immigration, un aspect positif ou négatif?

Le Québec de demain semble nous relever une population vieillissante. Cet enjeu est muni de causes et de conséquences importantes qui incitent son apparition. Si l’on observe le phénomène du vieillissement de la population d’une objectivité sociologique, on peut alors faire ressortir des causes et des conséquences plus spécifiques. Ce phénomène peut s’expliquer par une baisse du taux de fécondité, par une hausse de l’espérance de vie, par une génération de baby-boomers vieillissants et par des générations suivantes moins nombreuses. Plusieurs d’entre vous semblent inquiets des dommages qui seront à venir. Heureusement, le vieillissement de la population est un phénomène qui semble s’atténuer par l’arrivée d’immigrants de plus en plus nombreux. Or, on se demande alors : l’immigration est-elle un aspect positif ou négatif au sein de notre société québécoise vieillissante?

Lors de notre rencontre avec Nathalie Laferté, professeur de sociologie au Collège Gérald-Godin depuis plusieurs années, nous voulions savoir si, en effet, l’immigration nombreuse au Québec était un aspect positif ou négatif. Selon la spécialiste, l’immigration est perçue comme tout à fait enrichissante pour notre société québécoise. Elle affirme que c’est grâce à eux si les Québécois peuvent se différencier des autres cultures. De plus, selon madame Laferté, le vieillissement de la population n’apporte que deux seules solutions concrètes : faire plus d’enfants ou installer plus d’immigrants sur notre territoire.

Il en va de soi qu’il est impossible d’exiger aux familles québécoises la naissance d’un minimum de deux enfants par foyer puisque la décision est relative à un choix personnel, à l’impossibilité de procréer ou tout simplement pour une question de revenus financiers. Alors, afin de combler le manque de jeunes identités québécoises dans notre société, plusieurs efforts déployés par la région de Québec, depuis plusieurs années, pour attirer davantage d’immigrants ont été mis en place et ceux-ci commencent à porter leurs fruits. En effet, le Québec tente d’insister plus d’immigrant à venir s’installer sur notre territoire. «De plus en plus de personnes nées à l’extérieur du pays vivent au Canada. L’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, publiée mercredi par Statistique Canada, révèle en effet qu’un Canadien sur cinq (20,6 %) est né à l’étranger, soit 6 775 800 personnes» (Radio-Canada, 2013). Il est certain que le vieillissement de la population affecte notre identité québécoise, car nous sommes dès lors une société multiethnique plutôt qu’une société uniquement de nationalité québécoise. Par contre, la diversité culturelle est une bonne chose pour le Québec. Il est intéressant de comprendre que « l’immigration participe au renouvellement de la population active ainsi qu’au développement social, économique et culturel du Québec et, ce faisant, elle contribue à faire du Québec un État moderne, ouvert sur le monde et fier de sa diversité» (Immigration et communautés culturelles, 2009).

Les transformations frappantes à l’œil que nous pouvons observées de la composition ethnoculturelle qu’apporte l’immigration à notre territoire québécois s’expliquent par un haut taux d’immigration dans les environs de l’île de Montréal. En effet, celle-ci « accueillit la vaste majorité de la population immigrée et des minorités visibles du Québec. En effet, près de 66 % de la population immigrée et près de 70 % des personnes appartenant à des minorités visibles du Québec résident sur l’île de Montréal» (Immigration et communautés culturelles, 2009). Depuis déjà plusieurs années, la population québécoise est favorable aux relations interculturelles et elle est moins renfermée à l’idée d’accepter un grand nombre d’immigrants dans leur société. En plus, « les enquêtes montrent que les élèves qui ont vécu la pluriethnicité dans le quotidien sont d’avis que l’école pluriethnique joue un rôle positif quant à la compréhension et à la bonne entente entre les jeunes » (Immigration et communautés culturelles, 2009). Selon des expériences personnelles, il est tout à fait vrai d’affirmer que vivre dans la pluriethnicité est positif. Étant québécoise, j’ai étudié dans une école regroupant différentes nationalités et il en va de soi que cela m’a aidé à comprendre ce que signifiait réellement la vie au sein d’une communauté pluriethnique. On apprend que chaque individu et chaque culture sont différents et mérites tous d’être acceptées à parts égales.

Selon moi, l’immigration est majoritairement un aspect positif pour le Québec, mais elle amène aussi avec elle quelques frictions. D’un point de vue personnel, l’immigration plus nombreuse amène aussi quelques conflits interculturels (débats qui ont entourés la question des accommodements raisonnables) qui doivent se régler avec un débat de société. Comme mentionner plus haut, chaque culture mérite d’être acceptée à parts égales, mais le choix d’immigrer au Québec vient aussi avec le choix de respecter les règles qui y sont établies. Pour le moment, cet aspect peut pencher un peu plus vers un aspect négatif de l’immigration, mais elle peut être réglée. Une société multiethnique permet de nous diversifier et de grandir tout en apprenant les cultures de différents pays. En plus, l’augmentation du nombre d’immigrants nous permet de combler des emplois qui manquaient de personnels. Ce manque de personnels sur le marché du travail s’explique par une génération de baby-boomers qui sont maintenant rendus à l’âge de la retraite, suivi de générations peu nombreuses qui ont de la difficulté à pourvoir tous les postes qu’occupait la génération très nombreuse.

Catherine Rousselle

pays
Province multiculturelle – http://pixabay.com/en/flags-country-states-of-america-69190/

 

 

Les enjeux démographiques-vieillissement de la population

Quand nous pensons au Québec de demain, nous pouvons penser à la société qui nous entoure, aux enjeux des générations futures liés aux tendances démographiques comme le vieillissement de la population. Ce phénomène qui devient de plus en plus grand semble inévitable. Il pourrait y avoir de graves conséquences sur le Québec. Pour bien cerner le problème, nous l’aborderons sous les aspects sociologiques, historiques, politiques et économiques. Avant de s’attarder plus spécifiquement sur ses causes et ses conséquences, il serait intéressant de définir le sens du mot démographie. «La démographie est l’étude quantitative des populations humaines et de leurs dynamiques, à partir de leurs composantes : fécondité, conjugalité, migration, vieillissement et mortalité» (Université de Montréeal, 2015)

À l’issue de nos recherches, voici un ensemble de conclusions que nous avons tirées. Présentement, dû à un faible taux de fécondité au Québec, notre province subit un déclin démographique. En effet, plusieurs spécialistes anticipent une intensification du vieillissement de la population du Québec. La situation est alarmante. En 2034, on prévoit que les aînés (65 ans et plus) représenteront approximativement 25 % de la population totale du Québec (Cirano, 2015) : génération des baby-boomers. Cela aura plusieurs incidences sur notre société.  Par exemple, le gouvernement aura intérêt à défendre cette classe la plus nombreuse. Par conséquent, cela pourrait l’amener à modifier la manière dont il administre le budget de l’état tel qu’en augmentant le budget de la santé et en diminuant ceux des autres secteurs. Pour pallier le vieillissement de la population, le gouvernement aura recours à l’augmentation de l’immigration sur le territoire québécois. Il est donc intéressant de comprendre si les conséquences de l’immigration auront des impacts positifs et négatifs pour le Québec, tels qu’une identité québécoise menacée ou une amélioration au sein d’une population vieillissante. De plus, le gouvernement devra aussi s’impliquer pour répondre à la menace qui pèse sur la démographie québécoise, car les mesures, telles que la politique d’immigration et la politique familiale sont inquiétantes. Le marché du travail en sera entre autres bouleversé par une pénurie de main-d’œuvre due au vieillissement des baby-boomers. Bref, tous ces éléments sont le fruit des tendances qu’a connu le Québec au cours des dernières années.

fécondité
http://qe.cirano.qc.ca/graph/part_des_65_ans_et_plus_dans_la_population

 

Pour valider et enrichir l’information que nous avons collectée au cours de notre travail de recherche, nous avons rencontré Nathalie Laferté. Elle enseigne la sociologie au Cégep Gérald-Godin depuis plusieurs années. Cette enseignante est réputée pour ses nombreuses connaissances sur le vieillissement de la population. Durant notre entrevue avec la sociologue, nous avons abordé quatre disciplines qui sont touchées par le vieillissement de la population. L’enseignante nous a éclairés sur les différentes causes et conséquences abordées précédemment reliées à ce changement démographique qui touchent présentement de près les Québécois et qui les toucheront davantage demain. Elle spécifie que l’immigration est enrichissante pour notre société québécoise qui vit une pénurie de main-d’œuvre à cause des baby-boomers qui entament l’âge des retraités.

Eric Laflamme, Gabrielle Bélisle, Catherine Rousselle, Alexis Labrecque-Goulet

Médiagraphie

  • Canada, Québec, Santé et services sociaux, espace informationnel, Montréal, service de l’administration des banques de données, 2015.
  • Canada, Québec, Institut de la statistique, Population du Québec : 1971-2014, 2014.
  • Canada, Québec, Ministère de la famille, des Aînés et de laCondition Féminine, Le Québec soutient ses familles, 2007.
  • Chambre de commerce du Montréal métropolitain, « LA PLANIFICATION DE L’IMMIGRATION AU QUÉBEC POUR LA PÉRIODE 2012-2015 », 2011.
  • LACOURSE, M.T, Cahier de Transformation Sociale.
  • LAJOIE, Geneviève, «Immigration: un «obstacle» au projet souverainiste», Canoë, 2015, [En Ligne], http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/archives/2015/03/20150320-123143.html (consultée le 23 avril)
  • Québec, Immigration et communautés culturelles, Le Québec change, Québec, Gouvernement du Québec, 2009.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Le bilan démographique du Québec, Québec, Gouvernement du Québec, 2014, p.163.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Les naissances et les décès au Québec et dans les régions en 2013, Québec, Gouvernement du Québec, p.10.
  • RACICOT, Félix, « Le vieillissement de la population pose d’importants défis », L’Écho de la Rive-Nord, 2013.
  • SABOURIN, Clément, «Province cherche main d’œuvre: le Québec face au vieillissement de ses travailleurs», Le Huffington Post, 2015, [En Ligne], http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/02/06/penurie-main-doeuvre-quebec-vieillissement-population-travailleurs_n_6606500.html, (consultée le 23 avril)