Le vieillissement de la population: le gouvernement comme solution

Le visage de notre société risque de changer au cours des prochaines années. Plusieurs spécialistes ont prédit un important bouleversement de la pyramide des âges du Québec. En effet, depuis quelques années, on assiste au vieillissement de la population québécoise. Cet article ne traitera pas des causes historiques de ce phénomène ni de ses conséquences, mais bien des mesures que le gouvernement pourrait mettre en place pour ralentir la progression de ce vieillissement. En fait, le gouvernement se doit d’intervenir pour minimiser l’ampleur que prend ce problème, car il représente la meilleure option pour réduire les impacts en la matière. Voici donc deux mesures politiques qui permettraient de retarder la progression de cet enjeu.

Premièrement, les spécialistes s’entendent pour dire que le vieillissement de la population aura de graves incidences sur le marché du travail. En effet, on anticipe une pénurie de main d’œuvre, puisque le nombre de nouveaux travailleurs ne permettrait pas de combler les postes laissés vacant par les employés quittant pour la retraite (Sabourin, 2015). Le gouvernement québécois devra s’ajuster à ce problème en adoptant des politiques d’immigrations assurant une relève aux travailleurs québécois. Une des principales critiques qui est faite sur la question actuellement est le problème de reconnaissance des diplômes étrangers. Cela a pour conséquences d’augmenter le nombre d’immigrant au chômage ou occupant un emploi non approprié à leurs compétences. Au Québec, les immigrants économiques constituent 70% de l’ensemble des immigrants, ce qui représente environ 35 000 nouveaux immigrants par année (Immigration, Diversité et Inclusion, 2013). Toutefois, le taux de chômage des immigrants est alarmant lorsqu’on le compare à celui des québécois «de souche».

La Presse Canadienne, 2010
La Presse Canadienne, 2010

Cela témoigne de la difficulté d’intégration des immigrants au marché du travail québécois. Pour remédier au problème, le gouvernement du Québec doit : favoriser une immigration jeune (moins de 35 ans), car cette tranche d’âge trouve des emplois plus facilement, privilégier les immigrants avec des qualifications dans les professions à forte demande et avantager les anciens étudiants internationaux ayant fait des études au Canada, puisque leurs diplômes seront reconnus (Chambre de commerce du Montréal métropolitain, 2011). Bref, en adoptant ces politiques d’immigration, en plus d’améliorer les programmes de soutien aux immigrants pour faciliter leur intégration après leur arrivée, le gouvernement prendrai des mesures appropriées pour ralentir la pénurie de main d’œuvre occasionnée par le vieillissement des québécois.

Deuxièmement, le vieillissement de la population québécoise est le résultat d’un faible taux de fécondité.  En 2014, ce taux n’était que de 1,6 alors que le taux de renouvellement est de 2,1 (Institut de la Statistique du Québec, 2014).

Musée McCord, Serge Chapleau, 2002
Musée McCord, Serge Chapleau, 2002

En effet, le vieillissement de la population est en partie occasionné par une diminution drastique des naissances au Québec. Une possibilité pour diminuer l’importance du problème est d’encourager la procréation au moyen de politiques familiales avantageuses. Parmi les mesures possible dans cette dimension, on retrouve notamment l’aide financière aux familles qui peut se faire par l’entremise de service comme les CPE ou par une aide financière directe (Ministère de la famille, des Aînés et de la Condition Féminine, 2007). L’autre aspect important pour encourager les québécois à se reproduire consiste à des lois facilitant la conciliation famille-travail. Dans les dernières décennies, plusieurs mesures ont été prises dans cet optique notamment les congés parentales. Toutefois, pour encourager davantage les québécois à avoir des enfants, des mesures doivent être prises afin de faciliter l’application des tâches parentales pour l’ensemble de la durée nécessaire et non seulement l’année suivant la naissance de l’enfant (Ministère de la famille, des Aînés et de la Condition Féminine, 2015). Bref, le gouvernement a un rôle à jouer pour accroître le nombre de naissance au Québec.

Lors d’une entrevue avec Nathalie Laferté, professeure de sociologie au cégep Gérald-Godin, nous en sommes arrivées à la conclusion que le gouvernement est un acteur important lorsque l’on traite du vieillissement de la population. Bien qu’il ne soit en mesure de stopper la cadence alarmant que prend cette problématique à lui seul, il se doit de prendre des initiatives pour régler notamment la pénurie de main d’œuvre à prévoir et la baisse du taux de fécondité. Madame Laferté a aussi émis le paradoxe présent entre les mesures qui devraient être mises de l’avant pour régler le problème comme des politiques familiales et l’austérité adopté par le gouvernement libérale actuel. Bref, présentement le gouvernement ne semble pas disposé à agir pour ralentir le vieillissement de la population québécoise.

Alexis Labrecque-Goulet

La scène politique québécoise en voie de changement

Le gouvernement représente les intérêts de notre société. En effet, la société décide au moyen des élections quel parti représente mieux ses idéologies politiques. Ensuite, le gouvernement a le devoir de rester fidèle à aux promesses faites lors de sa campagne électoral, et par conséquent de rester fidèle à ses électeurs. Considérant cela, il est intéressant de se pencher sur l’impact qu’aura le vieillissement de la population québécoise sur la politique québécoise.¸

Premièrement, il est certain que les discours électoraux changeront puisque les intérêts de la population changent. Selon les prévisions, les aînés pourraient représenter jusqu’à 25% de la population québécoise en 2034 (Le Québec économique, 2015). Ils représenteront alors la tranche d’âge dominante au Québec. Le gouvernement pour être élu devra s’assurer l’appui de cette tranche d’âge, donc il devra défendre leurs intérêts (Racicot, 2013). On assiste déjà à cette tendance qui risque de s’intensifier dans les prochaines années. En effet, en 10 ans, les dépenses du gouvernement dans le système de santé québécois est passé de 43% des dépenses du budget à 49%.

Budget 2004-2005

Budget dépenses du Québec en 2004-2005
Radio-Canada, Séguin, 2004

 

Budget 2014-2015

budget2015

Pour amadouer cette tranche d’âge le gouvernement tend à investir de plus en plus dans le système de santé, car les aînés en bénéficient plus que n’importe quelles autres tranches d’âges. Cet investissement se fait au détriment de des autres secteurs. Par exemple, l’éducation a connu plusieurs compressions budgétaires lors des dernières années. En fait, les jeunes sont désavantagées et leurs intérêts sont de moins en moins défendus par le gouvernement, puisqu’il ne représente pas une proportion de la population assez nombreuse pour s’attirer la considération du gouvernement. Le gouvernement adoptera d’autres mesures pour s’attirer la sympathie des aînés comme la construction d’infrastructures adaptées à leurs besoins. Par exemple, des CLSC et des hôpitaux prendront la place des parcs, des CPE et des écoles (Racicot, 2013). Bref, une conséquence inévitable du vieillissement de la population est l’intérêt que portera le gouvernement aux personnes âgés et à leur requête au détriment des autres tranches d’âges. Les jeunes seront quelque peu mis à l’écart des décisions politiques québécoises.

carte
L’encyclopédie Libre, Wikipédia, 2011

Deuxièmement, le vieillissement de la population à long terme entraînera inévitablement une diminution de la proportion de la population québécoise au sein du Canada. En 1991, les québécois représentaient un quart de la population totale canadienne, mais, selon des spécialistes, en 2050, ils représenteront un cinquième des canadiens (Pratte, 2004). Cela aura notamment pour effet, de diminuer leur poids politique au sein du Canada. En fait, un peu comme ce sera le cas avec les jeunes au Québec, le Québec représentera une minorité au Canada, donc leurs intérêts seront moins défendus. Le gouvernement fédéral ne sera plus autant contraint de satisfaire les québécois, car ils n’auront plus la même importance et le même pouvoir décisionnel lors des élections. Cela fera en sorte qu’il sera plus difficile pour eux de faire entendre leurs revendications (Pratte, 2004). En plus, le Québec ne vote généralement pas comme le reste du Canada lors des élections fédérales.

Aussi, pour contrer certains problèmes du vieillissement de la population, le gouvernement québécois aura de plus en plus recours à l’immigration. L’immigration aura pour conséquences de changer plusieurs aspects de la société québécoise.  D’un point vu politique, les immigrants ont souvent des idéologies différentes des québécois sur la question. En effet, les immigrants sont plus fédéraliste que souverainiste, puisque pour plusieurs d’entre eux ils considèrent s’établir au Canada et non au Québec (Lajoie, 2015). Bref, la diminution du pourcentage que représentent les québécois au sein du Canada risque de diminuer leur pouvoir politique.

Lors d’une entrevue avec Nathalie Laferté, professeure de sociologie au cégep Gérald-Godin, la question des impacts que pourraient avoir le vieillissement de la population du Québec sur les scènes politiques provinciale et fédérale ont été abordés. Madame Laferté considère que le Québec fait face à une menace quant à son pouvoir politique au sein du Canada. Selon elle, le Québec n’aura plus la même place décisionnelle lors des élections fédérale. De plus, elle a aussi abordée la question du poids politique du Canada qui risque de diminuer au sein de l’Amérique du Nord. En effet, bien qu’au Canada on assiste à un déclin démographique, les États-Unis connaissent une constante croissance notamment grâce à une immigration intensive. Bref, il semblerait que le vieillissement de la population aura de graves sur la politique internationale, fédérale et provinciale.

Alexis Labrecque-Goulet

La démographie québécoise et le budget du gouvernement

Parmi les multiples impacts du vieillissement de la population sur la société québécoise, le budget du gouvernement en souffre grandement. Il est important de s’informer à ce sujet, car le budget nous concerne tous. C’est le budget qui détermine combien d’argent le gouvernement met pour l’éducation, la santé, les infrastructures, la sécurité, les loisirs et autres. C’est aussi, ce qui décide combien nous devons débourser, en tant que citoyens, pour chaque secteur. Si le gouvernement met plus d’argent dans l’éducation, le citoyen aura moins à débourser de sa poche pour ce secteur. Tandis que si le gouvernement met moins d’argent dans la santé, pour en mettre plus dans l’éducation, le citoyen devra débourser davantage ou se restreindre davantage dans le secteur de la santé. C’est pour cette raison que chaque personne doit s’informer sur le budget pour comprendre comment notre argent est distribué.

Comme nous le savons déjà, le vieillissement de la population augmente chaque année. En 2018, les personnes âgées, de 65 ans et plus, auront augmenté de 4,8 % depuis 2008 (Richer, Demers, Pelletier, 2012). Et ce n’est pas sur le point de s’arrêter. La population vieillissante continuera de s’accroître pour plusieurs années. Les impacts de ce phénomène sur le budget sont nombreux. Premièrement, les coûts pour la pension de la sécurité de la vieillesse et le supplément de revenus garanti pour les personnes âgées, qui ont coûté, en 2009, respectivement 27,1 milliards et 7,7 milliards de dollars, risquent de doubler d’ici peu (Echenberg, Gauthier, Léonard, 2011), ce qui va bouleverser le budget du gouvernement. Deuxièmement, le coût des régimes de pensions ne cesse d’augmenter, car la population vieillissante ne cesse d’augmenter, ce qui modifiera notre budget. Cependant, pour diminuer le coût des régimes de pensions dans notre budget, il y aura création de mesures pour stimuler les gens à rester plus longtemps sur le marché du travail (Echenberg, Gauthier, Léonard, 2011). Finalement, en considérant que les personnes âgées ont souvent recours à des services de santé, car leur système immunitaire est plus sensible aux maladies et aux virus, la demande des soins de santé augmentera telle qu’illustré dans le graphique des données des soins de santé.

Données sur les soins de santé — Bureau du directeur parlementaire du budget, Rapport sur la viabilité financière, 18 février 2010, et calculs des auteurs; données sur le RPC/SV — Bureau du surintendant des institutions financières Canada, Rapport actuariel du Régime de pensions du Cananda, 2010, et Rapport actuariel sur le programme de la sécurité vieillesse, 2008
Données sur les soins de santé — Bureau du directeur parlementaire du budget, Rapport sur la viabilité financière, 18 février 2010, et calculs des auteurs; données sur le RPC/SV — Bureau du surintendant des institutions financières Canada, Rapport actuariel du Régime de pensions du Cananda, 2010, et Rapport actuariel sur le programme de la sécurité vieillesse, 2008

Il est prédit que « ces dépenses devraient représenter de 9 % à 12 % du PIB d’ici 2036 » (Echenberg, Gauthier, Léonard, 2011). Ainsi représentés sur ce graphique circulaire, les soins de santé représentent le secteur avec le plus gros montant attribué du budget du gouvernement pour les années 2014-2015. C’est-à-dire 43,4 % du budget.budget gvt  Toutes ces augmentations de coûts sur certains secteurs auront pour effet de diminuer les montants d’argent alloués pour d’autres secteurs tels que l’éducation. En effet, nous avons entendu récemment parler d’austérité au Québec qui a pour résultat de réduire les dépenses dans certains secteurs (Asevere, 2015) tels que l’éducation. Une des multiples raisons de ces réductions serait le vieillissement de la population.

Nathalie Laferté, une enseignante en sociologie, nous souligne que 25 % de la population sont des personnes âgées, ce qui fait qu’ils sont plus nombreux que les jeunes. Cela suggère que les partis politiques qui sont élus proposent d’améliorer les soins de santé et les fonds de pension, car les personnes âgées, la plus nombreuse des générations, vont vouloir un parti politique qui prône les soins de santé et non l’éducation et autre. Ils ont besoin des soins de santé, mais ils n’ont pas besoin d’éducation, donc c’est pour cette raison que dans le budget, la plus grande part est réservée aux soins de santé.

Bref, d’après moi, les fonds de pension attribués aux personnes âgées devraient être diminués pour pouvoir rétablir le budget du gouvernement. Cela amènerait aussi une motivation pour les personnes vieillissantes à prendre leur retraite plus tard dans leur vie, car ils ont une meilleure vie lorsqu’ils travaillent. Si l’on réduit les fonds de pension, tout en restant raisonnable, ce serait plus facile de se sortir d’une population vieillissante, car l’argent économiser d’une diminution des fonds de pension pourrait aller dans l’éducation, et lorsque les frais de garderie et les frais de scolarité sont bas, les gens ont davantage envie d’avoir des enfants.

Gabrielle Bélisle

La démographie québécoise et le marché du travail

Nous entendons souvent parler, autour de nous, des impacts négatifs du vieillissement de la population sans réellement comprendre ce que ce phénomène démographique implique. D’innombrables enjeux sont reliés au vieillissement de la population, mais si nous nous amusions à prendre le rôle d’un économiste dans notre société, ce changement démographique nous inquièterait davantage. Nous constaterions que le marché du travail au Québec souffre énormément dû au vieillissement de la population.

En effet, dans un article du journal La Presse, il est dit que les Baby-boomers sont rendus à l’âge de la retraite, donc quitte le marché du travail (Jansen, 2014). Le fait que cette génération qui est reconnue comme étant très nombreuse, quitte prenne leur retraite amène des trous énormes à combler sur le marché du travail. C’est à ce moment que les jeunes entre en jeu. La société compte sur eux pour pouvoir remplacer les baby-boomers afin qu’il n’y ait plus de manque de main d’œuvre. Cependant, notre génération, qui est beaucoup moins nombreuse que la génération des baby-boomers, n’est point capable de remplir tous les manque, car elle est loin d’être assez abondante. Pour régler la situation, on peut alors penser que l’immigration est un moyen efficace pour pourvoir nos postes vacants. Cependant, ce n’est pas aussi efficace qu’on peut le penser, car, d’un côté, il est vrai que les immigrants comblent certains postes dans notre société. Par contre, d’un autre côté, les immigrants ne font pas que travailler, ils consomment aussi, ce qui fait qu’ils augmentent la demande, donc l’immigrant augmente l’offre, mais augmente aussi la demande (Dubreuil, 2010). Ainsi, les immigrants ne peuvent combler le manque de main d’œuvre, car ils en créent en même temps.

D’après Nathalie Laferté, il y a un déclin économique à cause du vieillissement de la population au Québec. Ce déclin s’explique de plusieurs raisons. Premièrement, la sociologue prend le temps de nous indiquer qu’il y a une pénurie de main d’œuvre sur le marché du travail à cause des retraites comme il est souligné précédemment. Pour appuyer ce fait, elle nous donne l’exemple des 7000 infirmières qui d’ici peu vont prendre leur retraite, ce qui laisse place à des postes vacants. Deuxièmement, l’enseignante ressort le fait que les familles ne font pratiquement plus d’enfant, car les deux adultes travaillent à temps plein. Cela apporte une conséquence économique négative, car s’il n’y a plus d’enfant, il n’y a plus personne pour remplacer les emplois des retraités. C’est «la pyramide des âges est inversées» nous dit Nathalie Laferté telle qu’illustré dans le graphique.

Statistic bureau Ministry of internal affairs and comunications (MIC), Ministry of health, Labour and Wlfare, Nations Unies
Statistic bureau Ministry of internal affairs and comunications (MIC), Ministry of health, Labour and Wlfare, Nations Unies

Troisièmement, elle nous souligne le fait qu’il y a une augmentation de l’espérance de vie, donc le 25% de la population inactive vivra encore pour plusieurs années, ce qui veut dire qu’ils consommeront encore pour plusieurs années et auront un fond de pension encore pour plusieurs années. Cela implique que la demande restera élevé malgré la faible offre et que les rares travailleurs devront payer pour les fond de pension des personnes retraités. Les travailleurs ne seront pas capables de soutenir toutes ces personnes âgées bien longtemps. Finalement, Nathalie suggère qu’il risque d’ici peu d’avoir une diminution des femmes sur le marché du travail, car, étant une société avec des stéréotypes sur la femme, elles devront arrêter de travailler pour s’occuper de ses proches âgés.

Bref, d’après moi, la solution à nos problèmes serait soit d’augmenter l’offre ou de diminuer la demande. D’un côté, pour contrer au vieillissement de la population, le gouvernement devrait instaurer des mesures qui favorisent les familles à avoir des enfants, au lieu de les restreindre en augmentant les frais de garderie. En faisant plus d’enfant, nous pourrions arriver à un équilibre entre l’offre et la demande. D’un autre côté, pour diminuer le phénomène démographique, il faudrait diminuer l’espérance de vie, ce qui aurait pour effet de diminuer la demande, donc d’arriver à un équilibre entre l’offre et la demande sur le marché. Cela aurait aussi pour effet de diminuer les coûts payés par les travailleurs pour les fonds de pension des personnes retraités. Cependant, cette alternative est plutôt extrémiste et ne pourrait évidemment pas se concrétiser.

Gabrielle Bélisle

Mes aïeux passent à l’histoire

Le vieillissement de la population n’est pas quelque chose de nouveau au Québec. Plusieurs évènements sociohistoriques ont forgé le Québec d’aujourd’hui. Je tenterai de vous expliquer comment l’histoire a influencé le taux de fécondité québécois et par ce fait même causé le vieillissement de la population. Comme l’a mentionné si bien Nathalie Laferté, notre société, ainsi que sa population a évolué. Les familles sont moins grandes, car le nombre d’enfants par femme a diminué drastiquement depuis 1945. Le mode de vie familiale a beaucoup changé, maintenant il n’est plus nécessaire d’avoir beaucoup d’enfants. Or, le taux de personnes âgé au Québec dans quelques années atteindra le quart de la population. Cela cause un enjeu, car ceci veut dire que 25% de notre population ne travailleront pas. Ceci pose problème, car ce quart de la population qui ne travaille plus fournit plus de revenus au gouvernement. Cela veut dire que c’est nous qui devrons payer pour ce manque d’argent. Cet enjeu peut sembler banal pour plusieurs puisqu’ils ne sont pas informés. Le vieillissement de la population provoque déjà de graves conséquences au niveau sociologique, politique et économique. Si cela continue ainsi, les conséquences s’aggraveront.

En musique, les auteurs et les chanteurs nous font entendre toutes sortes de chansons différentes. Beaucoup d’entre elles parlent des problèmes que l’on retrouve en société comme la pauvreté, la corruption, la violence, etc. Mais parlons-nous du vieillissement de la population? Si vous êtes âgés de plus de 10 ans, vous devez connaitre la chanson Dégénération de Mes Aïeux. Le saviez-vous, cette chanson décrit l’évolution et la régression de la société québécoise au cours de l’histoire. Au cours de l’histoire, le Québec, comme les autres pays, évolue et les valeurs familiales sont mises de côté pour faire place à la valeur monétaire. Mais cette chanson explique que, dans le fond, tout ce que nous voulons faire, c’est de revenir en arrière et de vivre comme nos ancêtres le faisaient à l’époque. Pour vous montrer comment la chanson reflète notre société québécoise, je vais vous décortiquer certains couplets de la chanson. Le premier couplet suit comme ceci : Ton arrière-arrière-grand-père, il a défriché la terre / Ton arrière-grand-père, il a labouré la terre / Et pis ton grand-père a rentabilisé la terre / Pis ton père, il l’a vendue pour devenir fonctionnaire. Ce premier couplet explique comment les familles faisaient pour se nourrir et pour se faire de l’argent. Plusieurs familles possédaient des terres agricoles qui se transmettaient de génération en génération. Or, quand la société a commencé à évoluer avec l’industrialisation, l’agriculture des terres n’était plus suffisante. Avoir une bonne éducation était beaucoup plus valorisant. C’est pour cela que, dans la chanson, le père vend sa terre pour devenir fonctionnaire. En devenant fonctionnaire, il a la possibilité de faire plus d’argent et d’améliorer le niveau de vie de sa famille. Cependant, dans le couplet suivant, le fils est pris avec un conflit de générations : Et pis toi, mon p’tit gars, tu l’sais pus c’que tu vas faire / Dans ton p’tit trois et demi bien trop cher, frette en hiver / Il te vient des envies de devenir propriétaire / Et tu rêves la nuit d’avoir ton petit lopin de terre. La société dans laquelle nous vivons est beaucoup plus complexe qu’auparavant. Il y a beaucoup plus de décision à prendre et ceci a pour conséquence le souhait de revenir à l’époque de l’agriculture où tout était simple.

Par la suite, le couplet suivant explique le changement démographique qu’il s’est produit au Québec au cours de l’histoire : Ton arrière-arrière-grand-mère, elle a eu quatorze enfants / Ton arrière-grand-mère en a eu quasiment autant / Et pis ta grand-mère en a eu trois c’tait suffisant / Pis ta mère en voulait pas ; toi t’étais un accident. Ici, nous voyons que le taux de fécondité a chuté drastiquement à l’époque de nos grands-mères. Ceci n’est pas qu’un hasard, car si nous faisons un calcul approximatif avec l’année actuelle (2015 – 80 + 20), nous arrivons dans les années 1950 à 1960. Cette date correspond aux dates du baby-boom. Nos grands-parents sont pour la plupart des baby-boomers. Cependant, avec la perte de l’influence de l’église et l’invention de la première pilule contraceptive en 1956, nos grands-parents peuvent maintenant contrôler le nombre d’enfants qu’ils désirent avoir. Certaines familles sont donc passées de 21 enfants à seulement 2 enfants. L’ironie dans cette chanson est que dans le couplet suivant, la jeune fille vie elle aussi un conflit de générations : Et pis toi, ma p’tite fille, tu changes de partenaire tout l’temps / Quand tu fais des conneries, tu t’en sauves en avortant / Mais y’a des matins, tu te réveilles en pleurant / Quand tu rêves la nuit d’une grande table entourée d’enfants. Ce couplet démontre que la jeune fille s’ennuie de la relation familiale. De nos jours, les familles sont petites et éloignées.

La chanson se termine avec l’aspect de socialisation : Et pis toi, mon ami, qu’est-ce que tu fais de ta soirée ? / Éteins donc ta tivi ; faut pas rester encabané / Heureusement que dans’ vie certaines choses refusent de changer / Enfile tes plus beaux habits, car nous allons ce soir danser. Ce couplet explique l’évolution technologique qui brouille la communication entre les individus. Le groupe Mes Aïeux s’adresse à nous en tant qu’amis, et ils nous disent d’éteindre nos appareils électroniques, de sortir comme à l’époque, d’aller danser et d’aller socialiser avec les autres.

J’espère que vous en avez appris autant que moi lors de ma première lecture. Le vieillissement de la population est bel et bien réel et la chanson Dégénération de Mes Aïeux le présente bien. La prochaine fois que vous entendrez la chanson, vous penserez à notre société québécoise qui s’est transformée au cours de l’histoire.

Eric Laflamme

La guerre des âges

Le Québec de demain est un sujet qui peut mener vers plusieurs directions. Chaque individu a sa propre vison de ce que sera le Québec dans quelques années. Selon moi, le Québec se dirige vers une population vieillissante. Plusieurs évènements au cours de l’histoire ont amené ce phénomène. Parmi tous ces phénomènes, l’un d’entre eux se démarque des autres. L’évènement sociohistorique qui a eu le plus grand impact sur le vieillissement de la population québécoise n’est nul autre que la Deuxième Guerre mondiale ainsi que le baby-boom qui s’en est suivi. En effet, en 1939 débute cette deuxième Guerre mondiale. Cette guerre, qui a duré six ans, a causé la mort de 62 millions de personnes, dont beaucoup de civils. La plupart de ces civils étaient juifs. Les nombreux camps de concentration, qui sont devenus des musées, sont aujourd’hui un rappel de cette guerre idéologique horrible. Quand la guerre s’est terminée le 2 septembre 1945, tout le monde était content. Les soldats canadiens qui ont survécu à la guerre ont eu la chance de retourner chez eux sains et saufs. À leur retour, rien n’est plus joyeux que de retrouver ceux qu’ils aiment. Dans les quelques années qui ont suivi la fin de la guerre (1945-1975), le taux de fécondité au Québec a explosé et la population s’est accrue énormément. Tous les enfants qui naitront lors de cette période de temps feront partie du phénomène que l’on connait aujourd’hui sous le nom de baby-boom. Ces baby-boomers sont nos grands-parents et nos arrières grands parents. Si vos grands-parents sont nés entre 1945 et 1975, ils font partie des baby-boomers. En 1939, le taux annuel de naissances au Canada a atteint son plancher à 20,1 pour 1 000 habitants. Comme mentionner plus haut, après la Deuxième Guerre mondiale, le taux de naissance au Canada augmente et il atteindra 24,4 par 1000 habitants en 1945. Cela ne s’arrête pas là, car en 1946, ce taux grimpe à 27,2 et fluctue entre 27 et 28,5 jusqu’en 1959 pour ensuite descendre progressivement. C’est durant cette courte période de temps que le taux de naissance sera le plus élevé au Québec. À ce moment, l’économie roulait. Le haut taux de naissance a mis de l’essence sur le feu et cela a causé une amélioration du niveau de vie de toute la population du Québec. Or, depuis 1959, le taux de natalité au Québec n’a que dégringolé pour ne plus remonter. Le boom économique qui est survenu grâce au baby-boom est aujourd’hui devenu un phénomène socio-économique contraire : le papy-boom.

En effet, aujourd’hui en 2015, le Québec commence à vivre une pénurie de main-d’œuvre. Tous les emplois qui ont été créés dans le passé commencent à se vider à cause que tous les baby-boomers commencent à prendre leur retraite s’ils ne le sont pas déjà. Mais pourquoi le taux de natalité s’est-il déprécié autant depuis 1956? La réponse est simple. Comme le mentionne M.T. Larousse dans son texte « la population mondiale », il y a 6 principales causes à la dénatalité au Québec. Ces 6 causes sont l’industrialisation, la hausse de la scolarité des femmes, la contraception et la planification des naissances, la baisse de l’influence de l’église, la femme sur le marché du travail et la difficile conciliation entre la famille et le travail (M.T. Lacourse, 2014). L’industrialisation a fait en sorte que le coût de la vie a diminué. Maintenant, les compagnies produisent plus à des coûts moins chers. Il est donc plus nécessaire de faire autant d’enfants. Pour ce qui est de l’éducation des femmes, puisqu’elles sont aux études, elles ne font pas d’enfant. Il en va de même pour le marché du travail. Si les femmes travaillent, les enfants deviennent secondaires. Ensuite, il faut que les femmes concilient entre famille et travail. Elles prendront donc la décision d’avoir moins d’enfants pour pouvoir travailler plus et pour avoir plus de revenus. Ce qui a eu probablement le plus d’impact sur le taux de natalité au Québec fut surement la baisse de l’influence de l’église jumelée avec la contraception. En effet, l’église devient de moins en moins influente et le moyen de contraception créé en 1956 applique les freins au taux de natalité. Toutes ces causes regroupées ensemble auront pour conséquence une baisse drastique du taux de natalité.

pillule contraceptive
La pillule contraceptive – http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pilule_contraceptive.jpg

Donc, si l’on résume tout cela, le vieillissement de la population a été causé par plusieurs évènements sociohistoriques. Or, celui qui a eu le plus d’impact est la Deuxième Guerre mondiale. À la fin de la guerre, il y a eu un baby-boom qui s’est par la suite transformé en papy-boom à cause de tous les changements économiques, politiques et sociologiques depuis 1959. Le vieillissement ne date pas d’hier. Pour comprendre ce phénomène, il faut retourner dans le passé et analyser ce qu’il s’est passé. J’espère que ce saut dans le passé vous a éclairci sur ce sujet qui est le vieillissement de la population.

Eric Laflamme

 

Notre population vieillit, doit-on craindre le pire?

Le vieillissement de la population est un enjeu qui touchera le Québec de demain dans les prochaines années à venir. Ce phénomène englobe plusieurs causes et conséquences qui ont poussé la population à vieillir, mais aussi qui la pousseront à se modifier à cause de ce vieillissement. Si l’on observe l’enjeu d’un côté sociologique, on remarque que le vieillissement de notre population pourrait s’expliquer par une baisse du taux de fécondité au Québec, un taux de renouvellement impossible à rejoindre, une hausse de l’espérance de vie des hommes et des femmes et d’autres enjeux.

Afin d’avoir un point de vue réaliste sur les enjeux sociologiques au niveau de notre population vieillissante, la sociologue Nathalie Laferté nous a communiqué ses savoirs à ce sujet. Selon elle, le vieillissement de la population est présent, mais moins problématique qu’on aurait pensé qu’il l’aurait été. L’experte nous mentionne que notre population québécoise est très vieillissante, mais qu’elle est rajeunie par une vague d’immigrants qui s’installent au Québec. On aurait alors tendance à se demander si notre identité québécoise est touchée par une augmentation d’immigrants. Madame Laferté mentionne que l’identité québécoise n’est pas menacée, car celle-ci s’est construite sur des immigrants. C’est-à-dire que les Québécois ont créé l’identité québécoise à travers les différentes vagues migratoires. Elle clôt ce sujet en expliquant que c’est plutôt enrichissant pour notre culture.

veillissement de la pop
André LÉONARD, « Vieillissement de la population et politiques publiques au Canada – 1. Aperçu statistique », 2011, Bibliothèque du Parlement [En ligne], http://www.parl.gc.ca/content/lop/researchpublications/2012-12-f.htm
         Malgré que le vieillissement de la population soit moins problématique que les experts auraient pu le prédire, ce problème est tout de même présent et le sera de plus en plus dans les années à venir. En effet, plusieurs incidences expliquent l’arrivée de ce phénomène. D’abord, « l’indice synthétique de fécondité s’établit à 1,65 enfant par femme en 2013 » (Institut de la statistique du Québec, 2013). Malheureusement, le taux de renouvellement est de 2.1 enfants par femmes, alors en tant que société québécoise, nous ne sommes plus assez nombreux par famille. À part les années 1945-1975 où il y eut une croissance du nombre d’enfants au-dessus du taux de renouvellement, appelé le Baby-Boom, le taux de fécondité n’est jamais regrimpé au-dessus du taux de renouvellement. En tant que Québécoise, je me suis souvent demandé : pourquoi le taux de fécondité est aussi bas? Selon moi, une des raisons serait l’enregistrement des interruptions volontaires de grossesses, aussi appelé l’avortement. En effet, « c’est à 20-24 ans que le taux d’interruption volontaire de grossesse est le plus élevé, soit 31 pour mille en 2011. Il est de 22 pour mille à 25-29 ans et de 17 pour mille à 30-34 ans et à 15-19 ans. La diminution globale de l’indice synthétique des dernières années est principalement associée à une diminution des taux entre 15 et 29 ans. » (Institut de la statistique du Québec, 2014)

De plus, d’autres facteurs peuvent aussi expliquer en partie le vieillissement de la population. Si l’on observe l’espérance de vie chez les hommes et chez les femmes, celui-ci a grimpé en flèche depuis quelques années. « Selon les données provisoires de 2013, l’espérance de vie à la naissance poursuit sa progression et s’établit à 80,2 ans chez les hommes et à 84,1 ans chez les femmes. Depuis le milieu des années 1990, les hommes ont gagné près de 6 années d’espérance de vie, soit une moyenne de 4 mois par année. Chez les femmes, le gain total pour la même période est d’un peu plus de 3 années, soit un peu plus de 2 mois annuellement. La durée de vie moyenne, hommes et femmes confondus, est maintenant de 82,2 ans » (Institut de la statistique du Québec, 2013). Avec une augmentation de l’espérance de vie, est-ce qu’il pourrait y avoir une augmentation du taux de fécondité dans les années à venir? Malheureusement, « le vieillissement de la structure par âge de la population québécoise est amorcé et il ira en s’accélérant au cours des prochaines années, avec l’arrivée graduelle des générations nombreuses du baby-boom dans le groupe des 65 ans et plus » (Institut de la statistique du Québec, 2014). Dans quelques années, notre société québécoise sera munie majoritairement de personnes âgées. Le nombre de 65 ans et plus passera de « 1.4 million actuellement à 2.3 millions en 2031, puis 2.9 millions en 2061 » (Institut de la statistique du Québec, 2014).

Le vieillissement de notre population est aussi causé par des générations moins nombreuses suivant celle des baby-boomers. Heureusement, il ne faut pas craindre le pire. Selon moi, l’arrivée des immigrants nous donnera un énorme coup de pouce. Par conséquent, il faudra être plus ouvert à la nouvelle religion et à la vie multiculturelle. C’est grâce aux immigrants si cet enjeu est un peu moins mauvais qu’il aurait pu l’être. Le vieillissement de la population est un sujet qui m’affecte beaucoup, car il définira le courant de ma vie. C’est pourquoi il est important de trouver des solutions afin d’en diminuer les impacts négatives. En tant que citoyenne québécoise, j’ai comme but fixe d’avoir trois enfants afin d’aider la population à s’élargir et augmenter son taux de fécondité. En sociologie, la seule solution pour combler à une population vieillissante c’est de se reproduire davantage. Pour que cette solution devienne une option aux yeux des citoyens, il faut que la société apporte les moyens de le faire. C’est pour cette raison qu’il faut alors connaître les différents enjeux politiques, économiques et historiques pour ensuite tenter de tirer quelques solutions afin de favoriser la reproduction plus nombreuse.

 

Catherine Rousselle

 

L’immigration, un aspect positif ou négatif?

Le Québec de demain semble nous relever une population vieillissante. Cet enjeu est muni de causes et de conséquences importantes qui incitent son apparition. Si l’on observe le phénomène du vieillissement de la population d’une objectivité sociologique, on peut alors faire ressortir des causes et des conséquences plus spécifiques. Ce phénomène peut s’expliquer par une baisse du taux de fécondité, par une hausse de l’espérance de vie, par une génération de baby-boomers vieillissants et par des générations suivantes moins nombreuses. Plusieurs d’entre vous semblent inquiets des dommages qui seront à venir. Heureusement, le vieillissement de la population est un phénomène qui semble s’atténuer par l’arrivée d’immigrants de plus en plus nombreux. Or, on se demande alors : l’immigration est-elle un aspect positif ou négatif au sein de notre société québécoise vieillissante?

Lors de notre rencontre avec Nathalie Laferté, professeur de sociologie au Collège Gérald-Godin depuis plusieurs années, nous voulions savoir si, en effet, l’immigration nombreuse au Québec était un aspect positif ou négatif. Selon la spécialiste, l’immigration est perçue comme tout à fait enrichissante pour notre société québécoise. Elle affirme que c’est grâce à eux si les Québécois peuvent se différencier des autres cultures. De plus, selon madame Laferté, le vieillissement de la population n’apporte que deux seules solutions concrètes : faire plus d’enfants ou installer plus d’immigrants sur notre territoire.

Il en va de soi qu’il est impossible d’exiger aux familles québécoises la naissance d’un minimum de deux enfants par foyer puisque la décision est relative à un choix personnel, à l’impossibilité de procréer ou tout simplement pour une question de revenus financiers. Alors, afin de combler le manque de jeunes identités québécoises dans notre société, plusieurs efforts déployés par la région de Québec, depuis plusieurs années, pour attirer davantage d’immigrants ont été mis en place et ceux-ci commencent à porter leurs fruits. En effet, le Québec tente d’insister plus d’immigrant à venir s’installer sur notre territoire. «De plus en plus de personnes nées à l’extérieur du pays vivent au Canada. L’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, publiée mercredi par Statistique Canada, révèle en effet qu’un Canadien sur cinq (20,6 %) est né à l’étranger, soit 6 775 800 personnes» (Radio-Canada, 2013). Il est certain que le vieillissement de la population affecte notre identité québécoise, car nous sommes dès lors une société multiethnique plutôt qu’une société uniquement de nationalité québécoise. Par contre, la diversité culturelle est une bonne chose pour le Québec. Il est intéressant de comprendre que « l’immigration participe au renouvellement de la population active ainsi qu’au développement social, économique et culturel du Québec et, ce faisant, elle contribue à faire du Québec un État moderne, ouvert sur le monde et fier de sa diversité» (Immigration et communautés culturelles, 2009).

Les transformations frappantes à l’œil que nous pouvons observées de la composition ethnoculturelle qu’apporte l’immigration à notre territoire québécois s’expliquent par un haut taux d’immigration dans les environs de l’île de Montréal. En effet, celle-ci « accueillit la vaste majorité de la population immigrée et des minorités visibles du Québec. En effet, près de 66 % de la population immigrée et près de 70 % des personnes appartenant à des minorités visibles du Québec résident sur l’île de Montréal» (Immigration et communautés culturelles, 2009). Depuis déjà plusieurs années, la population québécoise est favorable aux relations interculturelles et elle est moins renfermée à l’idée d’accepter un grand nombre d’immigrants dans leur société. En plus, « les enquêtes montrent que les élèves qui ont vécu la pluriethnicité dans le quotidien sont d’avis que l’école pluriethnique joue un rôle positif quant à la compréhension et à la bonne entente entre les jeunes » (Immigration et communautés culturelles, 2009). Selon des expériences personnelles, il est tout à fait vrai d’affirmer que vivre dans la pluriethnicité est positif. Étant québécoise, j’ai étudié dans une école regroupant différentes nationalités et il en va de soi que cela m’a aidé à comprendre ce que signifiait réellement la vie au sein d’une communauté pluriethnique. On apprend que chaque individu et chaque culture sont différents et mérites tous d’être acceptées à parts égales.

Selon moi, l’immigration est majoritairement un aspect positif pour le Québec, mais elle amène aussi avec elle quelques frictions. D’un point de vue personnel, l’immigration plus nombreuse amène aussi quelques conflits interculturels (débats qui ont entourés la question des accommodements raisonnables) qui doivent se régler avec un débat de société. Comme mentionner plus haut, chaque culture mérite d’être acceptée à parts égales, mais le choix d’immigrer au Québec vient aussi avec le choix de respecter les règles qui y sont établies. Pour le moment, cet aspect peut pencher un peu plus vers un aspect négatif de l’immigration, mais elle peut être réglée. Une société multiethnique permet de nous diversifier et de grandir tout en apprenant les cultures de différents pays. En plus, l’augmentation du nombre d’immigrants nous permet de combler des emplois qui manquaient de personnels. Ce manque de personnels sur le marché du travail s’explique par une génération de baby-boomers qui sont maintenant rendus à l’âge de la retraite, suivi de générations peu nombreuses qui ont de la difficulté à pourvoir tous les postes qu’occupait la génération très nombreuse.

Catherine Rousselle

pays
Province multiculturelle – http://pixabay.com/en/flags-country-states-of-america-69190/

 

 

Les enjeux démographiques-vieillissement de la population

Quand nous pensons au Québec de demain, nous pouvons penser à la société qui nous entoure, aux enjeux des générations futures liés aux tendances démographiques comme le vieillissement de la population. Ce phénomène qui devient de plus en plus grand semble inévitable. Il pourrait y avoir de graves conséquences sur le Québec. Pour bien cerner le problème, nous l’aborderons sous les aspects sociologiques, historiques, politiques et économiques. Avant de s’attarder plus spécifiquement sur ses causes et ses conséquences, il serait intéressant de définir le sens du mot démographie. «La démographie est l’étude quantitative des populations humaines et de leurs dynamiques, à partir de leurs composantes : fécondité, conjugalité, migration, vieillissement et mortalité» (Université de Montréeal, 2015)

À l’issue de nos recherches, voici un ensemble de conclusions que nous avons tirées. Présentement, dû à un faible taux de fécondité au Québec, notre province subit un déclin démographique. En effet, plusieurs spécialistes anticipent une intensification du vieillissement de la population du Québec. La situation est alarmante. En 2034, on prévoit que les aînés (65 ans et plus) représenteront approximativement 25 % de la population totale du Québec (Cirano, 2015) : génération des baby-boomers. Cela aura plusieurs incidences sur notre société.  Par exemple, le gouvernement aura intérêt à défendre cette classe la plus nombreuse. Par conséquent, cela pourrait l’amener à modifier la manière dont il administre le budget de l’état tel qu’en augmentant le budget de la santé et en diminuant ceux des autres secteurs. Pour pallier le vieillissement de la population, le gouvernement aura recours à l’augmentation de l’immigration sur le territoire québécois. Il est donc intéressant de comprendre si les conséquences de l’immigration auront des impacts positifs et négatifs pour le Québec, tels qu’une identité québécoise menacée ou une amélioration au sein d’une population vieillissante. De plus, le gouvernement devra aussi s’impliquer pour répondre à la menace qui pèse sur la démographie québécoise, car les mesures, telles que la politique d’immigration et la politique familiale sont inquiétantes. Le marché du travail en sera entre autres bouleversé par une pénurie de main-d’œuvre due au vieillissement des baby-boomers. Bref, tous ces éléments sont le fruit des tendances qu’a connu le Québec au cours des dernières années.

fécondité
http://qe.cirano.qc.ca/graph/part_des_65_ans_et_plus_dans_la_population

 

Pour valider et enrichir l’information que nous avons collectée au cours de notre travail de recherche, nous avons rencontré Nathalie Laferté. Elle enseigne la sociologie au Cégep Gérald-Godin depuis plusieurs années. Cette enseignante est réputée pour ses nombreuses connaissances sur le vieillissement de la population. Durant notre entrevue avec la sociologue, nous avons abordé quatre disciplines qui sont touchées par le vieillissement de la population. L’enseignante nous a éclairés sur les différentes causes et conséquences abordées précédemment reliées à ce changement démographique qui touchent présentement de près les Québécois et qui les toucheront davantage demain. Elle spécifie que l’immigration est enrichissante pour notre société québécoise qui vit une pénurie de main-d’œuvre à cause des baby-boomers qui entament l’âge des retraités.

Eric Laflamme, Gabrielle Bélisle, Catherine Rousselle, Alexis Labrecque-Goulet

Médiagraphie

  • Canada, Québec, Santé et services sociaux, espace informationnel, Montréal, service de l’administration des banques de données, 2015.
  • Canada, Québec, Institut de la statistique, Population du Québec : 1971-2014, 2014.
  • Canada, Québec, Ministère de la famille, des Aînés et de laCondition Féminine, Le Québec soutient ses familles, 2007.
  • Chambre de commerce du Montréal métropolitain, « LA PLANIFICATION DE L’IMMIGRATION AU QUÉBEC POUR LA PÉRIODE 2012-2015 », 2011.
  • LACOURSE, M.T, Cahier de Transformation Sociale.
  • LAJOIE, Geneviève, «Immigration: un «obstacle» au projet souverainiste», Canoë, 2015, [En Ligne], http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/archives/2015/03/20150320-123143.html (consultée le 23 avril)
  • Québec, Immigration et communautés culturelles, Le Québec change, Québec, Gouvernement du Québec, 2009.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Le bilan démographique du Québec, Québec, Gouvernement du Québec, 2014, p.163.
  • Québec, Institut de la statistique du Québec, Les naissances et les décès au Québec et dans les régions en 2013, Québec, Gouvernement du Québec, p.10.
  • RACICOT, Félix, « Le vieillissement de la population pose d’importants défis », L’Écho de la Rive-Nord, 2013.
  • SABOURIN, Clément, «Province cherche main d’œuvre: le Québec face au vieillissement de ses travailleurs», Le Huffington Post, 2015, [En Ligne], http://quebec.huffingtonpost.ca/2015/02/06/penurie-main-doeuvre-quebec-vieillissement-population-travailleurs_n_6606500.html, (consultée le 23 avril)